Paracelse

Article paru en janvier 2004
La connaissance populaire a quelque peu oublié que Paracelse (1493-1541) fut un grand médecin, tout autant qu’un alchimiste. Cet homme a parcouru l’Europe pour apprendre et soigner, empruntant les pires chemins, franchissant la porte des plus misérables demeures. Il fut adulé des pauvres, honnis de ses confrères et des notables. Sa présence « sur le terrain » ne l’a nullement empêché de laisser une œuvre écrite considérable, que l’on ne cesse de redécouvrir et de décrypter. En voici quelques fulgurantes citations.

paracelseLes universités n’enseignent point toutes choses, il faut au médecin chercher les bonnes femmes, les bohémiens, les tribus errantes, les brigands hors la loi, et se renseigner chez tous. Nous devons, par nous-mêmes, découvrir ce qui sert à la science, voyager, subir maintes aventures et retenir ce qui en route peut-être utile.

Parce que je me présentais sans les falbalas de mes confrères, on me renvoya avec mépris, on me força à partir. Le Bourgmestre était habitué aux docteurs habillés de soie ou de pourpre, et non vêtus de loques grillées au soleil.

Nous devons apprendre à connaître Dieu et seulement en acquérant la sagesse. Pour cela, il nous faut l’amour de Dieu, mais ce dernier ne naîtra en nos cœurs qu’avec un ardent amour pour l’humanité.

Là où le médecin s’arrête, commence le philosophe… le philosophe est donc issu du médecin, et non pas le médecin du philosophe.

Peut-il être médecin, celui qui ignore le ciel externe ? Les choses extérieures seules donnent la connaissance de ce qui est en dedans.

Les médecins méprisent la Philosophie, l’Astronomie, l’Alchimie, les Vertus ; comment les malades peuvent-ils les estimer, alors qu’ils méprisent ce qui les guérit ?

Les astres enseignent à connaître les maladies, les herbes nous apprennent à les guérir. Il y a aussi deux voies à observer par le médecin. Connaît-il les herbes, qu’il réfléchisse à leur usage. Si l’on oublie l’influence d’en haut et si l’on ignore l’effet ci-bas, on agit en aveugle.

Santé et maladie viennent de la même racine ; par là même d’où la santé cesse, la maladie doit également finir. (…) Car le recours n’est possible que par le semblable, jamais par le contraire.

(Comment ne pas voir dans cette phrase les prémices de l’homéopathie ?)

Le médecin doit éprouver autant de compassion et d’amour que Dieu lui-même en éprouve pour l’homme.

Là où il n’y a pas d’amour, il n’y a pas d’art.

L’exercice de cet art réside dans le cœur : si ton cœur est faux, le médecin en toi sera faux.
Citations extraites de l’excellent livre de Patrick Rivière Paracelse, médecin-alchimiste par le feu, que nous vous recommandons (Éditions De Vecchi).

JM