Visite aux Côteaux Nantais

Initialement publié en octobre 2001

coteaux-nantaisFacile, les pommes, on connaît… On vous a même déjà présenté celles des Côteaux Nantais dans les numéros 42 et 48 de Sat’Info : la visite des vergers ne fera donc que nous confirmer ce que nous savons déjà…

Sauf que ça ne s’est pas du tout passé comme ça.

Parce qu’en arrivant sur ces fameux vergers, on a commencé par chercher les arbres… Mauvais signe, pour les “connaisseurs” que nous sommes supposés être ! Entendons-nous bien : les fruits sont bien là, nombreux et presque mûrs, mais ils sont portés parce que nous appellerions volontiers des arbustes. De grands arbustes… mais pas des arbres ! Pas des pommiers, avec un gros tronc et des branches, comme en dessinent les enfants, comme on en voit en plein champ. Ces arbustes sont nombreux et bien alignés, guidés par des tuteurs auxquels ils s’accrochent, bien taillés, bien proprets. Serait-on en présence d’un mode de culture paradoxal et bien peu souhaitable, un bio avant-gardiste un peu trop productif ?

Ce sera bien le seul moment où une telle question nous viendra à l’esprit. Et nous aurons très vite la réponse… Ce que nous verrons par la suite ne sera qu’une magistrale leçon de respect de la nature, de connaissance de ses règles, de finesse dans les soins apportés au sol et aux arbres, d’exigence quant à la qualité de ce qui est récolté et commercialisé. Tout ça pour des pommes ? Oui, et bien plus encore. Les Côteaux Nantais ont tout.

L’histoire, depuis plusieurs générations, la précocité dans l’approche bio, son prolongement avec l’adoption des méthodes bio-dynamiques. La connaissance et l’intuition, la force d’une grande entreprise et l’a convivialité d’une petite. L’organisation pour tous et l’engagement de chacun. Très important, l’engagement de chacun, à tous les niveaux : lorsqu’on manie les fruits, on le fait avec soin. Doucement. C’est aussi simple que cela, mais il faut le faire. Lorsqu’on les cueille, on bascule délicatement la queue de la pomme, afin qu’elle se détache de l’arbre, pas du fruit. Élémentaire ? Lorsque le gel menace les jeunes fleurs du pommier, au mois d’avril, il faut lutter… Toute la nuit. Plusieurs nuits, parfois. En déposant des “bougies” entre les rangées d’arbres, en espérant que le ou les degrés de chaleurs qu’elles apporteront suffiront à sauver la future récolte…

Ce que nous apprenons sur le travail de la pomme nous sidère, nous étions loin de l’imaginer. Les nombreuses variétés choisies, les greffes qui sont pratiquées, le choix de l’espacement des arbres, la hauteur de l’herbe à leur pied, les remèdes naturels utilisés pour lutter contre les maladies, les préparations bio-dynamiques… Et la conservation de la pomme : savez-vous à quel procédé on la doit ? C’est tout simple, mais nécessite de gros investissements pour qu’elle s’opère dans de bonnes conditions : on les entrepose dans des chambres à atmosphère contrôlée. Ce qui consiste à augmenter le taux d’azote – gaz neutre présent naturellement dans l’air – en diminuant ainsi l’oxygène. De 21 %, on passe à 6 %.

En privant le fruitde cet oxygène, on le met en sommeil, il hiberne. Il diminue sa production d’éthylène, ce gaz qu’il dégage et qui accélère sa propre maturation. Les pommes se conservent ainsi naturellement, jusqu’au printemps.

Avant de vous décrire le plaisir que vous apporteront ces fruits, il nous faut vous parler de l’autre versant de l’activité des Côteaux Nantais, la transformation. Que nous résumerons à une anecdote, révélatrice : pour fabriquer ses compotes et purées de fruits, la maison sélectionne et mélange les variétés, jusqu’à obtention du profil gustatif souhaité. Six, parfois sept ou huit variétés sont assemblées, pour obtenir le meilleur ! Et avant de cuire ces fruits, on les pèle, deux par deux, on en enlève le trognon. À l’aide d’une petite et géniale machine, surprenante, qui restera pour nous un symbole du soin qu’apportent les Côteaux Nantais à tout ce qu’ils produisent.

Et ces pommes, alors, elles sont bonnes ?

Cette longue énumération était destinée à vous convaincre. Attention, donc : le premier qui doute s’en prend une. De pomme, paix ! Pour qu’il se la croque, pour qu’il se la goutte. Qu’il en apprécie le croquant, l’acidité ou la douceur, le jus, les parfums. Qu’il soit en mesure de dire, avec nous, que ce qu’il vient de déguster constitue probablement le nec plus ultra de la pomme bio.

Tous les mois, vous découvrirez en magasin une nouvelle variété, délicatement litée dans de jolies caisses recouvertes de papier vert, comme toutes les pommes des Côteaux Nantais. Leur pomme, notre pomme.

Allez, va pour “Ma pomme”.

JM