Une eau de toilette vraiment naturelle

Initialement publié en décembre 2001

tonissimaMadame, Mademoiselle,

Souffrez un instant que nous manquions à l’un de nos devoirs, celui de vous faire rêver. Acceptez que nous refusions de flatter votre beauté en nous perdant en un luxe inutile, tout aussi trompeur et pernicieux que les compliments intéressés. Tolérez que nous étalions bien bassement quelques considérations matérielles à vos pieds, non pour implorer votre grâce, mais pour vous proposer de les piétiner. Gratifiez-nous de votre amitié en repoussant l’idée que nous puissions être pingres. Excusez par avance notre trivialité et soyez assurées de notre profond respect.

Mais bon, 300 balles la moindre eau de toilette, quand même… Pour quoi ? Un beau flacon design, cinquante balles… Une belle poupée placardée sur des abris bus, cent balles. La part du revendeur ? Ne disons rien, nous faisons le même métier qu’eux… Moquette au sol, allogènes classes, vigile à l’entrée… Et le prix du liquide, objet de tout ce trafic ? Menue monnaie. Loin de nous l’idée de vous apprendre les règles du commerce de luxe, vous les connaissez. Loin de nous l’idée de négliger l’écrin pour un diamant, nous l’apprécions. Les rois mages offraient-ils l’encens et la myrrhe en bouteilles tupperware ? Mais reconnaissez avec nous qu’à ce prix, votre peau mérite au moins le naturel. A tout prix, d’ailleurs. Qu’en est il réellement ?

Il en est que non. Même les plus grandes marques ont délaissé l’idée des senteurs exclusivement végétales. Et ne font pas vraiment dans la transparence. Des parfums synthétiques ? Pourquoi pas, après tout, mais il faudrait nous informer. Imaginez : “Fleur du temps”, de Rhône-Poulenc… C’est pour offrir ?

Récapitulons : dans l’élan de grande tolérance qui caractérise l’homo consumatus à l’approche des fêtes de fin d’année, nous venons d’admettre qu’il puisse exister plusieurs manières de concevoir un parfum. Mais le plusieurs est en l’occurrence bien singulier : vous en connaissez, vous, des eaux de toilette naturelles ?
C’est bien le constat qu’a fait la maison Pierre Cattier.

Aussitôt dit, longuement étudié : il aura fallu un an au “nez” mandaté à l’occasion pour trouver le juste équilibre entre de nombreuses et bienfaisantes huiles essentielles : jasmin, rose, bourgeon de cassis, cardamone, iris, ylang-ylang et santal s’unissent ici en un ensemble frais et tonique, aux notes fruitées et fleuries.

Fruitées et fleuries ? A la lettre, pour la première fois sur votre peau.

JM