Moriba, les boissons africaines

Initialement publié en juillet 2016

Trois boissons colorées ont fait leur apparition dans nos rayons l’année dernière : gingembre, hibiscus, baobab, elles ont pour point commun leur origine africaine et leur saveur typée, qui ne laisse aucun buveur de marbre !

moriba

Derrière ces bouteilles se cache la marque Moriba, porteuse du prénom du fondateur de l’entreprise, Moriba Ouendeno. Ce Malien d’origine venu en France pour des études de biochimie y est finalement resté avec une idée en tête. Son constat : impossible en France de trouver des produits africains ailleurs que dans les boutiques africaines, et difficile d’y attirer une clientèle variée puisque ces produits ne bénéficient d’aucun relais d’information. Faire connaître les richesses méconnues de l’Afrique et montrer d’elle l’image la plus positive et valorisante qui soit, c’est le pari de Moriba lors de la création de l’entreprise il y a vingt ans de cela. Dix ans plus tard, les boissons Moriba passaient au bio. Une certification coûteuse et complexe à obtenir en Afrique, mais dont l’entreprise revendique la nécessité : la démarche est celle de l’excellence, décevoir le client relève de l’interdiction formelle… Le public du réseau bio serait-il par ailleurs plus ouvert aux produits originaux, venus d’ailleurs, aux incontestables vertus santé? On peut légitimement le penser, si l’on en juge par l’accueil que vous leur avez réservé !

Moriba sélectionne des matières premières africaines bio et/ou équitables et contribue au fonctionnement de trois coopératives de femmes au Sénégal et au Burkina Faso, qui permettent à des centaines de famille de vivre de la récolte du baobab ou de l’hibiscus. Les femmes sont traditionnellement nombreuses en Afrique dans les travaux qui nécessitent soin et précision, dont la récolte des fleurs d’hibiscus est le meilleur exemple.

Les matières premières sont ensuite importées sous la forme la moins volumineuse qui soit : pulpe séchée pour le baobab, fleurs séchées pour l’hibiscus, rhizomes frais pour le gingembre. Elles sont alors assemblées en France avec les autres ingrédients, sucre brun principalement, puis mises en bouteilles.

Moriba met un point d’honneur à mettre à notre disposition ces boissons africaines sans les adapter au palais occidental. Elles sont réellement “comme là-bas”, dosées à l’africaine : fortes et concentrées ! Gingembre, hibiscus et baobab sont des produits de consommation courante en Afrique, peu connus chez nous à l’exception du premier. Mais même là, le dosage à l’africaine nous permet de le redécouvrir : en Afrique, on aime le gingembre épicé, il faut que ça pique ! La boisson Moriba est donc très concentrée en gingembre, avec un peu de citron vert et de sucre brun. Les afficionados sont déjà accros. Pour les non-initiés, un avant-goût : la boisson est rafraîchissante, tonifiante, stimulante. Si on l’avait oublié, on se souvient à la dégustation combien le gingembre stimule la circulation sanguine. Son huile essentielle, le gingérol, active en effet le travail des veines (c’est cela aussi qui lui confère sa mythique étiquette d’aphrodisiaque…). Bref, en apéritif comme en digestif, la boisson au gingembre booste, qu’on se le dise !

baobab5Venons-en au baobab, actuel objet d’une certaine frénésie R&D, à l’heure où une mode culinaire chasse l’autre. Moriba Ouendeno a grandi en consommant quotidiennement le fruit du baobab sous forme de jus, de confiture ou de sorbet. En Afrique, “l’arbre de sagesse” est sacré : c’est l’arbre à palabres, dont le tronc sert de cercueil aux grands chefs et de repaire aux génies. On en utilise tout, de l’écorce aux racines en passant par les feuilles, que l’on consomme au même titre que le fruit. Ce dernier, doux et suave, donne une boisson onctueuse et rafraîchissante que l’on compare là-bas au lait maternel, du fait de sa richesse exceptionnelle en calcium et en vitamines (B et C). L’image du baobab en Afrique est celle des os que rien ne brise, de la force et du pouvoir !

Vient enfin l’hibiscus. Cette fleur rouge et acidulée est plus connue chez nous que le baobab, car elle colore depuis longtemps de nombreuses infusions. En Afrique, le bissap ou karkadaé, infusion sucrée de fleurs d’hibiscus, est bu aussi bien chaud que froid, à tout moment sauf le soir : sa richesse en vitamine C le rend trop stimulant pour les chaudes soirées d’été. Mieux vaut donc opter pour une rasade juste avant le sport : tonique !

CC