Les oméga 3

Initialement publié en mai 2006

livreomega3Le Docteur Andrew Stoll est directeur d’un laboratoire de recherche en pharmacologie et professeur de psychiatrie à Haward. Autant dire que son éminent savoir s’exerce dans le cadre de la toute aussi éminente médecine officielle, domaine dans lequel nous ne nous immiscions en général qu’avec réserve.

Nuance de taille quant au profil de ce médecin qui justifie l’intérêt que nous lui portons : il est d’une totale lucidité sur le milieu dans lequel il exerce, apte à faire le tri entre ce qui constitue un progrès, ce qui relève de l’illusion scientiste ou d’intérêts purement financiers. Autant de facultés qui ont permis au chercheur Stoll de trouver, puisqu’il fut récompensé pour ses travaux concernant l’utilisation d’oméga trois en psychiatrie. Tout ce que vous avez pu lire ou entendre sur le sujet provient directement de ces travaux ou d’études qui ont été faites dans  leur sillage. Il est donc pour le moins intéressant de se référer à la source du savoir.

Ce qui fait l’intérêt de ce livre relève certainement de la ompréhension large que Stoll a des oméga 3. Ceux-ci sont resitués dans un contexte pour le moins historique, puisque l’hypothèse qu’ils soient à l’origine du développement du cerveau humain est ici avancée et développée. Tout aussi lié à l’histoire, le fait que nous en manquions aujourd’hui : l’industrialisation de la nourriture semble directement responsable de notre carence en oméga 3 et des troubles qui en découlent, qu’ils soient cardiovasculaires ou neurologiques. Stoll s’évertue notamment à établir le lien entre les deux. Pour une fois qu’un scientifique de haut niveau abonde dans le sens de l’appauvrissement actuel de nos habitudes alimentaires…

Et puis il y a tous les aspects qui touchent de près ou de loin à la psychiatrie et qui sont directement l’objet de la  écouverte de l’auteur, vulgarisée en France par le livre à grand succès de David Servan-Schreiber. Les oméga 3 pris en supplémentation auraient une incidence favorable sur les traitements de la dépression, de l’hyperactivité et des troubles bipolaires, mais aussi sur le stress, la violence et bon nombre des troubles de l’humeur. Les protocoles d’action les plus précis sont ici décrits.

Permettons-nous un petit aparté en conclusion. On ne peut lire de telles études sans se rappeler les travaux du Docteur Budwig, repris par un certain Docteur Kousmine. Une des préconisations consistait en la consommation d’un complément alimentaire interdit en France mais disponible en Suisse, l’huile de lin. On sait aujourd’hui cette huile riche en oméga 3. Autre aspect du régime Kousmine : la consommation d’huile de tournesol, depuis supposée trop riche en oméga 6. Le temps et la science permettent aujourd’hui un éclairage nuancé sur le travail de ces deux femmes ; mais malgré quelques erreurs, leur intuition concernant le rôle des structures grasses sur notre santé était pour le moins visionnaire.

JM