Les bliss balls, quezaco ?

Initialement publié en janvier 2017

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Yoga, raw food, snacking sain, vegan : quatre grandes tendances du moment se mêlent dans un seul et même produit, les “bliss balls”. L’occasion de découvrir ce qui les compose et ce qu’elles représentent, dégustation et traduction à la clé avec leur fabricante, Sylvie Delobel.

 

Entretien – Sylvie Delobel, Divine Goodness

 

blissballs4Bonjour Sylvie. Vous êtes installée au milieu de nulle part !

C’est vrai ! Bargème se trouve dans le Haut-Var, à 1000 mètres d’altitude et 40 minutes de la ville la plus proche, Draguignan. Je produis dans le local municipal d’un petit village. Le GR49 passe juste à côté, et les randonneurs sont très fans de mes “bliss balls” !

Il va tout de même nous falloir une petite traduction…

“Bliss” est un mot anglais et un terme générique dans le monde du yoga qui fait référence à un état d’extase, de béatitude. Si vous avez fait l’expérience d’un cours collectif de yoga dans un pays anglo-saxon, on vous en a sûrement déjà tendu une coupelle après le Savasanah final ! La recette a été popularisée là-bas par Deepak Choprah et connait un grand succès. Ayurvédique à l’origine, elle est censée stimuler la digestion et les fonctions dépuratives de l’organisme, tout en apportant une énergie de qualité. Il s’agit d’une pâte de dattes ou de figues agglomérée à des amandes ou d’autres oléagineux broyés, le tout étant ensuite modelé en forme de petites balles puis roulé dans la coco ou les graines de sésame. Les spécialistes de l’ayurvéda y mettent les graines d’épices digestives (cumin, fenouil) tandis que les apprentis yogis s’amusent à y ajouter des graines de tournesol, du tahin, du cacao et toutes sortes de superaliments. On peut y mettre tout ce que l’on veut, du moment que ça forme une boule !

Comment en êtes-vous arrivée à devenir fabricante de balles énergétiques ?

Par quelques méandres : je suis comptable de formation ! J’ai commencé à m’intéresser à l’alimentation bio pendant ma première grossesse et je me suis passionnée pour la question. J’ai ensuite émigré en Nouvelle-Zélande, où j’ai vécu pendant douze ans. Là-bas, en manque de bon pain et histoire d’occuper mes dix doigts, j’ai commencé à confectionner mon propre pain bio au levain. Je suis vraiment tombée amoureuse de cette activité. Je me suis formée auprès d’un maître boulanger et j’ai commencé à vendre mon pain à des amis, puis, stimulée par la demande, ouvert une boulangerie qui a connu un grand succès. Patronne d’une dizaine d’employés, sur le pont 7 jours sur 7 dès 3 heures du matin, j’ai fatigué au bout de quatre ans et fait un burn-out… Le yoga me permettait à l’époque de relâcher un peu la pression. Je vivais en colocation avec une maître yogi qui, un jour à l’issue d’une séance, a sorti du réfrigérateur une coupelle de “quelque chose pour se requinquer”, les fameuses “bliss balls”. J’ai adoré. L’idée d’en faire mon activité a germé presque immédiatement. Je me souviens avoir pris du plaisir à en modeler quelques séries à la boulangerie, avant de revendre cette dernière (qui fonctionne toujours avec autant de succès, sans moi désormais !). Je suis alors rentrée en France et j’ai décidé de me lancer.

blissballs2Seule dans votre atelier, ça en fait des balles à modeler…

Fort heureusement, je dispose d’une machine prévue à cet effet, spécialement conçue par mon mari, ingénieur, sans laquelle j’aurais beaucoup de mal ! Les recettes de “bliss balls” sont légion. Pour ma part, j’ai choisi comme base les dattes, les amandes et les noix de cajou. Mon secret de fabrication réside dans les proportions. Les ingrédients sont ajoutés tour à tour dans un mixeur qui les broie rapidement et par phases successives, afin de ne pas les chauffer et conserver leur qualité crue. La pâte passe ensuite dans un poussoir puis dans notre fameuse façonneuse unique en son genre, d’où sont expulsées les boulettes qui tombent dans un enrobage de coco râpée ou de graines de sésame. Selon la recette, la base est agrémentée d’autres fruits secs ou bien de poudres à haute valeur nutritionnelle. Mais le plus important, c’est que ce soit bon !

Parlons du goût justement. Qu’est-ce qui distingue les quatre recettes ?

Toutes sont sur cette base datte-amande-cajou, et les trois premières sont roulées dans la coco râpée. Dans l’Original, j’ajoute simplement des raisins secs – c’est la recette la plus douce, elle plait beaucoup aux enfants. Dans les balles chocolatées, je mets du cacao cru et du sel de l’Himalaya, pour une saveur beaucoup moins sucrée qui réjouit les amateurs de cacao cru. La version “cranberries et açaï” est la plus acidulée des trois. Notre nouvelle recette est roulée non pas dans la coco mais dans les graines de sésame, elle contient des abricots secs et de l’acérola : plus de 0,5 mg par balle, c’est une très belle source de vitamine C !

On en mangerait bien deux ou trois d’affilée…

Généralement, une seule suffit ! Il s’agit d’un produit consistant et très satisfaisant gustativement parlant, souvent pris en récupération après un effort physique. C’est également une excellente option pour le goûter, notamment celui des enfants. On peut aussi partir pour une rando de 5 ou 6 heures avec un sachet de 5 “bliss balls” : cela suffit ! Les yogis ont déjà l’habitude d’en consommer et les sportifs les découvrent avec beaucoup d’enthousiasme. 

blissballsIl s’agit d’un produit cru et vegan, ce qui fait partie intégrante de votre démarche…

C’était une évidence. La recette est déjà bienfaitrice de par les ingrédients qu’elle contient et qui sont naturellement vegan, mais elle est encore meilleure si ceux-ci ne sont pas chauffés. Ce choix permet de répondre à de nombreux questionnements : allergie au lait, au gluten, aux œufs, ras-le-bol de la nourriture industrielle… Sans être extrémiste, j’ai beaucoup pratiqué l’alimentation crue dans ma vie et j’aime savoir que les nutriments sont tous là.

Peut-on les congeler ?

Ce n’est pas très “raw food”, mais on peut !

Comment choisissez-vous les fournisseurs de vos ingrédients ?

Je vais au meilleur. Les amandes sont espagnoles et non pas californiennes, par exemple. Le cacao de qualité crue provient de l’un des meilleurs importateurs qui soient, situé non loin d’ici. Je rencontre régulièrement des fournisseurs qui ont des histoires incroyables et proposent des produits hors du commun. Je suis heureuse de mettre en place des partenariats avec eux. Il est primordial pour moi de savoir que quand les gens mangent mes produits, ils savent que c’est moi qui les ai faits, avec amour et les meilleurs ingrédients possible.

Pas de burn-out au programme, en tout cas, on ne vous le souhaite pas !

Je suis vigilante. Très soutenue par mon mari mais souvent seule à la production, à la distribution, aux achats et à la communication, il est vrai que je cours beaucoup… Je manque de temps pour mettre en pratique les nombreuses recettes que j’ai en tête et pour dérouler mon tapis de yoga ! Mais je me nourris énormément de ce que je fais et des rencontres que cela permet.

Un “mot de la fin” sur le nom de votre entreprise, Divine Goodness ?

“De bonnes choses divines”. La référence n’est pas religieuse, elle vise la spiritualité et la présence du divin en nous, qui nous relie les uns aux autres, plutôt qu’un Dieu en particulier. La marque des balles, “Up n’mind”, évoque un état d›élévation et d’ouverture d’esprit, c’est un peu rebondissant et chaleureux. Elévation et connexion…

CC