Le guarana Guayapi

Initialement publié en septembre 2002

guaranaLe guarana est un produit qui commence à être connu en Europe. Tant mieux et tant pis, ajouterions-nous volontiers. Tant mieux parce qu’il rend service, nous verrons en détail comment. Tant pis parce que celui qu’on trouve un peu partout est souvent de faible qualité, due à une provenance médiocre et à une torréfaction trop rapide qui le rend excitant. Pour deux produits apparemment identiques sur l’étiquette et de prix comparable à la vente, l’achat de la matière première peut se faire à des niveaux qui s’échelonnent de 1 à 20… Celui que propose Guayapi est encore au-delà. Il est recueilli et transformé de manière traditionnelle et artisanale par une tribu d’Indiens amazoniens, les Satere-Mawé, sur ses terres d’origine. Les quelques pages qui suivent vous permettront de mieux comprendre cette qualité et de faire connaissance de la tribu des Satéré Mawé qui produit ce guarana, partenaire de Guayapi depuis onze ans. L’équipe de Guayapi s’est rendue cette année en Amazonie en compagnie de Pedro Afonso Marques de Mendonça, un jeune photographe.

Le Guarana est un puissant dynamisant cérébral et physique.
Il augmente la vigilance, la concentration et favorise la mémoire.
Réputé pour diminuer la sensation de faim, il s’utilise avec bonheur lors de régimes hypocaloriques.
Le guarana Guayapi se présente en poudre ou en gélules.
Vous trouverez également en magasin un sirop au guarana ainsi que des gommes à mâcher au guarana et à l’acerola.

La préparation

Au départ, c’est une liane qui va trouver un arbre et s’y accrocher. Mais contrairement à d’autres lianes, celle du guarana n’étouffe pas son hôte. Ils vont donc cohabiter et prospérer normalement.

Cette liane donne des grappes très serrées de petits fruits à la pulpe rouge vif qui contiennent en leur centre un noyau noir et blanc. Les Indiens disent que c’est “l’œil de la forêt”.

Les noyaux sont décortiqués de leur cosse dans un mortier puis lavés, séchés et éventés à l’air libre. Suit une fumigation lente au feu de bois afin d’éradiquer le risque de moisissure, et ce à une hauteur particulièrement étudiée pour éviter de les griller. Ces noyaux resteront là plusieurs semaines à se déshydrater sous l’œil vigilant et respectueux des anciens, gardiens des traditions de la tribu.

C’est un procédé lent et rigoureux qui permet de garder intacts vitamines et minéraux, mais aussi la teneur en tanins du fruit. Tanins qui permettent l’action douce – avec un effet retard – de la diffusion du principe actif de la guaranine dans l’organisme, sans effet d’énervement ni d’excitation.

Pour le guarana bas de gamme, les noyaux sont au contraire brûlés et torréfiés afin d’accélérer le processus. Les principes actifs sont alors déséquilibrés et le guarana peut devenir excitant, énervant… ou sans effet.

La consommation du guarana

Le guarana séché est aggloméré en un bâton que l’on râpe sur une pierre ou sur une langue séchée de pirarucu, un très grand poisson amazonien. Les Indiens Satéré-Mawé le consomment tel quel ou en boisson.

Le soir, à la veillée autour du feu, on échange les idées, les projets. Le chef (tushawa) prépare dans une calebasse la boisson à base de guarana, le “sapô”, qui contient également de l’eau, du sucre roux et parfois du citron vert. Une fois le liquide remué, on se passe la calebasse afin de boire une gorgée chacun. Le sens sacré de la consommation du guarana est très fort. En le buvant, on ne peut parler de choses négatives ou mal intentionnées envers les autres.

Notons que les Satéré Mawé ne conçoivent pas le guarana comme une boisson énergétique. Ils ont du mal à comprendre que certains l’utilisent le matin, en Europe… Pour eux, il donne la parole sacrée, rend clairvoyant et n’empêche pas le sommeil. Au contraire, en respectant le rythme biologique de l’organisme, le guarana permet de dormir d’un sommeil très récupérateur.

GUARAN~2Autodétermination

Les Satéré Mawé sont les “Fils du guarana”, découvreurs des vertus de la plante, maîtres dans les technologies naturelles de domestication ainsi que de la torréfaction douce et de la conservation des graines. Ils vivent dans un domaine de 788 000 ha situé à la convergence des vallées des fleuves Marau et Andira, au nord du Brésil. La population est de 7000 Indiens, répartis en 70 villages.

Les Satéré Mawé font preuve d’une autodétermination impressionnante pour leur survie et celle de leur environnement, dont le guarana fait partie. Ils pensent qu’avec la force de leur histoire et de leur tradition ils seront capables de marcher de leurs propres jambes, en choisissant eux-mêmes leur destin.

Ils ont besoin dans cette optique de partenaires qui les respectent dans leur action. Notamment pour les aider à replanter la forêt dévastée par “le progrès”. Guayapi agit dans ce sens en aidant à transférer le savoir-faire de FGP (Forest Garden Product) et de ses techniciens internationaux pour la replantation en bio-diversification.

Le guarana est acheté selon les règles du commerce équitable et permet de dégager de l’argent qui est géré par le conseil général de la tribu. Les grands projets de ce conseil sont :
– Instaurer des bourses d’étude pour la formation des futurs leaders Satéré-Mawé
– Un programme de ramassage sélectif des déchets. (Unique en Amazonie).

La nature magique des Satéré-Mawé

Quand nous sommes arrivés dans le premier village Satéré, j’ai été impressionné par le nombre d’enfants qui surgissaient chaque instant, descendant des talus et de derrière les arbres pour nous accueillir sur les berges du fleuve Andira. Timides et curieux, ils murmuraient en langue Satéré des mots qui me paraissaient étranges.

Dans les écoles Satéré, les enfants apprennent à lire et à écrire en langue Satéré ; ils apprennent leur culture et l’histoire de leurs ancêtres. Seulement dans un deuxième temps, ils reçoivent l’enseignement de l’école des “blancs” et apprennent le portugais.
Cela n’a pas été long pour ces enfants d’abord timides de devenir des amis, amusants, joueurs, intentionnés, observateurs. Pour moi, la nature magique des Satéré, c’est leur nature joyeuse“.

Pedro Afonsa Marques de Mendonça.

JM