La spiruline bio

Initialement publié en mai 2006

flamantvertCertifiée Ecocert International

La spiruline est une algue. D’habitude, les algues ne sont pas bio…Top là, voilà un super paradoxe à décrypter !

spiruline3La spiruline est en fait une micro-algue d’eau douce. Plus exactement encore une cyanobactérie, petite spirale n’excédant pas le dixième de millimètre. Elle était déjà présente au tout début de la vie, il n’y a rien moins que 3,5 milliards d’années… S’il s’en vend beaucoup depuis presque trois décennies en nos contrées, son aquaculture n ‘est pour autant pas née de la dernière eau de pluie, puisqu’Aztèques et Mayas la consommaient déjà. Ils avaient bien raison : cet aliment compte parmi les plus complets de tous ceux que l’on connaisse, riche en protéines végétales de tout premier ordre*, en fer assimilable, en bêta-carotène, en chlorophylle, en vitamine B12, si recherchée par les végétariens… Notre propos ne sera pas aujourd’hui de faire le bilan des myriades d’études qui ont consacré son intérêt, mais sachez que sa richesse en fait un complément alimentaire qui se rend utile dans les situations les plus extrêmes comme les plus banales : astronautes et cyclistes professionnels y ont recours, mais femmes enceintes, enfants en pleine croissance, simples sportifs ou tout un chacun peuvent en consommer avec bonheur en cas de fatigue, d’anémie, lors de régimes minceur ou simplement pour être en forme.

* Elles recèlent la totalité des acides aminés.

Une telle richesse et une telle efficacité en font aussi un atout fantastique en cas de malnutrition : de nombreux projets humanitaires ont vu le jour autour de la spiruline, basés sur des cultures locales qui permettent la mise à disposition de cet aliment salvateur en Inde, au Niger, Mali, Burkina Faso, Sénégal, Brésil**… Une centaine de bassins sont mis en place en des régions où la nourriture est rare, corollaire fréquent de la chaleur.

Chaleur et lumière permettent d’ailleurs la production de spiruline. Celle que consomment les occidentaux, trop-nourris mal-nutris, est souvent produite industriellement en Californie, à Hawaï ou à Taïwan et contrôlée par les grands laboratoires de l’industrie pharmaceutique…Ce qui n’en fait pas un mauvais nutriment pour autant, loin s’en faut. Mais l’idée de procéder autrement pour une qualité supérieure se conçoit volontiers. Deux passionnés suisses*** ont su la réaliser en créant un site de production à taille humaine, en un endroit privilégié, avec la perspective d’aboutir au bio. C’est cette spiruline que distribue Flamant Vert.

spiruline2Le lieu choisi se situe en Équateur, en pleine Cordillère des Andes. La ferme se nomme Biorigin. Sous cette latitude, le soleil brille douze heures par jour, toute l’année. À 2 500 mètres d’altitude, l’air est sec et l’eau pure, en provenance des glaciers environnants. Les conditions sont optimales. Reste à optimiser aussi le process de culture : les bassins sont de faible profondeur, pour faciliter la photosynthèse qui permet à la spiruline de se multiplier chaque jour, et bâchés, afin d’éviter les pollutions que constitueraient poussières ou excréments d’oiseaux. L’eau est en mouvement, pour des produits plus dynamisés. 25

** Projets à l’initiative d’Antenna

*** François et Philippe Haldemann

Mais le challenge ultime concerne “l’aliment” que l’on donne à cette micro-algue : ici comme ailleurs, ce sont des intrants traditionnels qui permettent d’apporter l’azote, le phosphore ou la potasse nécessaires… Soit les engrais qu’utilisent les agriculteurs traditionnels, ici dans l’eau comme ailleurs sur terre. Si la spiruline ainsi produite ne comporte aucun résidu de pesticides ni de métaux lourds, il convient pourtant d’améliorer ces pratiques.

spirulineAprès quatre ans de recherches, Flamant Vert et la ferme Biorigin, partenaires du meilleur, parviennent à leur fin : des engrais autorisés en bio sont aujourd’hui utilisés, conformément au jeune cahier des charges parallèlement mis en place par Ecocert International. Une première grande exigence. La seconde concerne la qualité de l’eau. La troisième des considérations écologiques, relatives notamment à l’évacuation de l’eau des bassins, sursaturée en minéraux, basique et donc polluante lorsqu’elle est mal recyclée.

Satoriz aura la primeur de la commercialisation de cette première « cuvée » de spiruline bio, encore limitée en quantité. Un privilège dont nous sommes fiers et heureux.

JM