La klamath

Initialement publié en avril 2012

Les compléments alimentaires et moi, nous n’avions jamais été vraiment présentés. Certes, je savais qu’ils étaient là, à portée de main, et je me doutais aussi qu’ils ne me voulaient que du bien, mais voilà : il fallait faire le premier pas, et rien ne m’y avait encore poussée. Pas même les nombreux articles portant sur la spiruline, star incontestée des compléments alimentaires à base de micro-algues bleu-vert. Chance d’être en bonne santé et de ne pas avoir à combler de carences de manière impérative ? Méconnaissance de ces micro-algues jugées trop micro pour avoir de maxi effets ? Avouons que c’est assez dérangeant, tout de même : comment une micro-algue peut-elle révolutionner le monde des compléments alimentaires ? Aujourd’hui, son usage est de l’ordre du réflexe pour les sportifs, les femmes enceintes et toutes les personnes « qui savent ». Qui savent, parce qu’elles ont essayé, tout bêtement. À moi, il a fallu attendre d’être en possession d’un flacon de klamath et missionnée pour l’écriture de cet article avant de sauter le pas. Et aujourd’hui, intéressée et convaincue, c’est à mon tour de faire les présentations.

Un biotope d’exception

lac klamath 2Rares sont les végétaux dont la croissance ne nécessite réellement aucune intervention humaine, et plus rares encore ceux dont la croissance est impossible en dehors de leur biotope d’origine. La klamath fait partie de ceux-ci : la micro-algue et son lac forment un seul et même organisme. Plus rare que la spiruline (qui, elle, est cultivable), la klamath est uniquement récoltée à l’état sauvage dans le lac du même nom, situé à 1 300 m altitude dans l’Oregon, aux Etats-Unis.
Elle croit dans un biotope exceptionnel : alimenté par le lac Crater, le plus pur des Etats-Unis, le lac Klamath est entouré par les montagnes et épargné de toute pollution industrielle. Son eau, renouvelée en permanence par des chutes naturelles, est loin d’être la mare stagnante où l’on imagine généralement trouver des algues. Elle est au contraire d’une pureté exceptionnelle : fraîche, mue sur une faible profondeur, elle est ouverte aux prises du vent et du soleil. Tous ces facteurs favorisent la bonne circulation des nutriments et la croissance de la klamath qui, au fil du temps, a créé au fond de son lac une couche sédimentaire lui permettant de se reproduire sans cesse.
C’est en été qu’elle est à son pic de prolifération maximal. Elle remplit alors presque totalement le lac, ce qui rend sa récolte assez aisée. Seuls trois récoltants ont obtenu l’autorisation nécessaire pour la prélever. Après récolte, la klamath est congelée, puis séchée. Elle est ensuite soumise à des tests permettant d’établir un certificat de pureté. Enfin, elle est mise sous vide avant d’être stockée.
Consommée depuis des milliers d’années, elle est vendue aux Etats-Unis depuis les années 1980. Sa commercialisation s’est ensuite étendue au-delà du continent américain, mais il a fallu attendre le milieu des années 1990 pour qu’elle soit assortie de résultats d’études scientifiques américaines venant confirmer ses bienfaits supposés. De son nom scientifique Aphanizomenon Flors-Aquae (AFA – et à vos souhaits !), la klamath est la micro-algue d’eau douce la plus riche en nutriments, avec pas moins de 115 composés.

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Klamath, chlorelle et spiruline

Puisque nous évoquions la spiruline un peu plus haut, revenons sur leurs points communs et leurs différences. Klamath et spiruline sont des micro-algues bleu-vert étudiées et consommées pour leur composition exceptionnelle. Plus rare que la spiruline, la klamath est, fort logiquement, plus chère. Mais également différente dans les effets, et donc pas réellement comparable. Puisque rien n’est vraiment tout blanc ou tout noir, disons simplement qu’aucune n’est « meilleure » que la voisine. Klamath, spiruline, et leur autre petite cousine, la chlorelle, sont en réalité à sélectionner en fonction des effets recherchés.
Toutes les trois entrent dans une démarche permettant d’aider le corps à se dépolluer et l’organisme à conserver ou à retrouver son équilibre, mais de trois manières distinctes.
Ainsi, la chlorelle est l’amie d’une bonne hygiène intestinale : protectrice des intestins, elle aide à les purifier des métaux lourds. Difficilement assimilable, elle n’a pas d’action au-delà de la sphère intestinale.

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La spiruline, en revanche, est avant tout nutritive : elle contribue grandement à combler les carences de l’organisme et présente un excellent rapport qualité-prix si l’on recherche à complémenter son alimentation en vitamines et minéraux (à l’exception notable de la vitamine C et de certaines vitamines du groupe B). Si elle est moins riche que la klamath en chlorophylle et en nutriments, les composés qu’elle renferme sont toutefois parfaitement suffisants pour une utilisation en tant que complément alimentaire.
Comme la chlorelle, la klamath participe à l’élimination des polluants de l’organisme. Comme la spiruline, elle le nourrit. Des trois, elle est la plus riche en chlorophylle, antioxydants, vitamines et minéraux. Et si l’on devait la définir en un seul mot, elle serait plutôt « régénérante ». Très facilement assimilable, elle constitue un véritable outil de prévention santé et peut être utilisée comme auxiliaire thérapeutique.

Bonne humeur : le premier effet klamath

Sur la liste de ses vertus démontrées, on ajoutera, tenez-vous bien : le renforcement des défenses immunitaires, la stimulation de la digestion, l’amélioration des performances intellectuelles, de la concentration et de la mémoire, une baisse du stress et un effet positif sur les articulations. La prise de klamath favoriserait une plus grande clarté d’esprit, une meilleure humeur et une plus belle énergie. Préventive, curative : elle a tout bon. Magique ? Pas du tout.
Faisons un peu le tour du propriétaire. Pour comprendre tous ses bienfaits, le mieux est de jeter un œil à ce qu’elle a dans le ventre, à savoir des protéines, des glucides, des lipides, des vitamines, des minéraux et des pigments. Les résultats que je synthétise sont ceux des études américaines menées depuis le milieu des années 1990, évoquées plus haut.
Les protéines sont indispensables au bon fonctionnement cellulaire. Or, elles constituent 55 à 70 % de la klamath, qui contient la totalité des acides aminés essentiels. Ces fameux AAE jouent un rôle prépondérant sur le fonctionnement nerveux et cérébral et doivent être apportés par l’alimentation, car l’organisme est incapable de les synthétiser. On citera notamment la phénylalanine, un précurseur des neurotransmetteurs, qui permet un bon fonctionnement mental et intellectuel. Cette protéine dite « molécule de l’amour » joue sur l’humeur et possède des effets antidépresseurs et antistress. C’est elle qui apporte la « plus grande clarté d’esprit » qu’évoquent les consommateurs de klamath. Autre protéine, le trypophane a des effets similaires sur les perturbations émotionnelles et la qualité du sommeil, de la peau et des cheveux. La klamath détient aussi une protéine essentielle dans la lutte contre les radicaux libres : l’enzyme superoxyde dismutase (SOD – et à vos souhaits, là encore). Les termes sont imprononçables, mais on peut se souvenir qu’elle participe à l’inhibition d’une autre enzyme, à l’origine de l’inflammation et de la douleur.

Les lipides que recèle la klamath sont principalement des acides gras polyinsaturés, contrairement à ceux contenus par la spiruline, par exemple, qui sont des acides gras saturés. Trop peu présents dans l’alimentation, ceux-là ont un rôle préventif contre les maladies cardio-vasculaires, les problèmes mentaux, l’arthrite, certaines formes de cancer, la cholestérolémie, la dépression et les déséquilibres émotionnels – entre autres.

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La klamath, aliment d’exception

Continuons le tour du propriétaire. Les glucides contenus par la klamath (polysaccharides de structure) jouent un rôle dans la captation et l’élimination de métaux lourds ou de pesticides dans l’ensemble de l’organisme (et non seulement au niveau des intestins, comme c’est le cas de la chlorelle).
La klamath est encore plus riche que ses deux cousines en vitamines et minéraux assurant le bon fonctionnement de l’organisme. On notera la forte teneur de la klamath en calcium, phosphore, potassium et sodium (qui contribuent à la bonne santé des os, des muscles, et à l’influx nerveux), ainsi que tous les oligo-éléments (bore, iode, manganèse, chlore, silice, fer, etc.).

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L’AFA contient enfin des pigments en quantités exceptionnelles. Pour faire simple, les pigments sont des nutriments vitaux et antioxydants, comme les caroténoïdes (le célèbre bêtacarotène, plus présent dans la klamath que dans les carottes), qui jouent un rôle dans la prévention des maladies cardio-vasculaires (via leur action contre l’hypercholestérolémie) et comme stimulants du système immunitaire. Parmi ces pigments, listons bien évidemment la chlorophylle (la klamath est le végétal qui en contient le plus), aux propriétés anticancéreuses attestées, qui contribue au transport de l’oxygène dans le sang et à son processus de dépollution.

La klamath détient en outre de la phycocyanine, anti-inflammatoire qui optimise le fonctionnement hépatique et permet de lutter contre les radicaux libres. À ce niveau, toutes ses particularités n’ont pas encore été totalement explorées, mais de nombreuses études révèlent des résultats étonnants et encourageants pour la recherche sur les cellules souches.

Prise conseillée : 1 à 2 grammes quotidiens, à distance des repas, en cure de 3 à 6 mois. On peut aller jusqu’à 5 grammes en curatif.

CC