Jardiner bio, mais pourquoi donc ?

Initialement publié en avril 2000

jardiner_bioEt si, au lieu de poser la question ”Pourquoi jardiner bio ?”, on se demandait : ”Pourquoi utiliser des produits chimiques au jardin ?” Des engrais ? À quoi bon, puisque avec du compost, les plantes sont bien mieux nourries ? Des pesticides ? Pour quoi faire, puisque, avec des plantes en bonne santé et quelques produits de traitement non toxiques, on résout tous les problèmes de ravageurs et de maladies ?

Jardiner bio, c’est jardiner sans produits chimiques. Finie la corvée des gants, plus de vêtements spéciaux pour traiter ni de produits toxiques encombrant la cabane de jardin. Oubliées les précautions à prendre pour que les enfants ne soient pas dans vos jambes pendant que vous traitez, ou pour que le chat ou le chien ne risquent pas de s’intoxiquer. Plus besoin, non plus, de laver soigneusement les légumes du jardin de peur qu’il reste des traces de pesticides. Et puis, saviez-vous que, lorsque vous traitez vos légumes – ou vos rosiers -, 10 % seulement du produit utilisé sert réellement à les protéger, le reste s’évaporant dans l’atmosphère ou allant polluer le sol et l’eau ?

Bref, jardiner bio, c’est jardiner sans risque pour sa santé et pour l’environnement. C’est aussi cultiver des plantes saines et vigoureuses, et récolter en abondance des légumes et des fruits savoureux et nutritifs. C’est enfin recréer dans son jardin un petit coin de nature – de paradis, disent certains – en y accueillant une grande variété de plantes et toutes sortes d’insectes et d’autres animaux utiles.
Ce jardinage ”idyllique” n’est ni le retour aux pratiques de nos aïeux ni le rêve de quelques écologistes utopistes. C’est une réalité, héritière à la fois des bonnes pratiques du passé et des dernières découvertes de l’agronomie moderne. Elle repose sur trois piliers.

Le premier, c’est la connaissance, le respect et le bon usage de la terre du jardin, source de nourriture pour les plantes. Une terre que l’on enrichit avec du compost, que l’on travaille sans perturber son intense activité biologique. Les plantes, y trouvant la nourriture variée et équilibrée qui leur convient, sont capables – le plus souvent – de se défendre contre leurs ennemis naturels.

Le second pilier, c’est la diversité. Diversité des plantes qui permet celle des insectes et autres animaux utiles, grands consommateurs de ravageurs.

Le troisième pilier, c’est… le jardinier. Son sens de l’observation, la connaissance de sa terre, sa maîtrise du compostage, des engrais verts, des associations de plantes, des traitements naturels. Le but de ce livre, c’est de donner à chaque jardinier les connaissances de base pour acquérir cette maîtrise.

JM