Espérance de vie, la fin des illusions

Initialement publié en mai 2006

esperance-vie15 avril 2006 : le Courrier International consacre sa une et un long dossier à l’allongement de la durée de la vie. Un mois plus tôt, sortait le livre de Claude Aubert « Espérance de vie, la fin des illusions ». Eh les gars, faudrait vous mettre d’accord ! Le client est roi, on veut savoir !

La thèse de l’allongement de la durée de la vie tient en fait à deux paramètres : d’une part, la confiance en la médecine pour s’attaquer à ce qui nous tue. D’autre part, la confusion entre deux notions : la « longévité actuelle moyenne », un indice réel effectivement en hausse, et « l’espérance de vie à la naissance », qui relève d’une projection dans le futur. Tout le débat se trouve là : sur quels critères établir cette projection ?

L’incidence et la prévalence – pour reprendre le terme chouchou de l’auteur – de maladies comme l’obésité, le diabète et le cancer n’incitent pas à l’optimisme, c’est presque lieu commun de le dire. Mais quand le propos est étayé, ça cause… Moins connues et cheval de bataille de Terre Vivante, les conséquences des pollutions chimiques, largement sous estimées, voire ignorées. Autres paramètres encore, un petit lot de gâteries comme l’augmentation des troubles psychiques et mentaux, les dégâts causés par l’amiante, le réchauffement de la planète, les bouleversements sociaux et bien d’autres… Toutes ces réjouissances prises en compte permettent à Claude Aubert de nous proposer une hypothèse concernant l’évolution de l’espérance de vie, page 103. La courbe qui tue ! Car ça flanche grave sur les crêtes à partir de 2004…

Alors qui croire ? Qui vivra verra… Mais que Claude Aubert ait raison ou non sur des courbes qui relèvent de l’anticipation s’avère finalement bien secondaire. Son grand mérite est de pointer avec rigueur des faits : les trop nombreux dangers que génère un monde de « progrès », censé nous protéger. Ce qui donne matière à action.

JM