Coteaux Nantais : la pomme en bio-dynamie – Entretien : Robert Dugast

Initialement publié en février 2001

coteaux-nantaisLes “Côteaux Nantais“ sont de véritables spécialistes de la pomme bio. Ils produisent les trois excellents cidres que nous vous incitons à boire avec vos crêpes et galettes (un à la fois !), mais également le vinaigre de cidre et la pomme “idared” Demeter que vous trouverez tout le mois de février en magasin. Nous avons recueilli les propos de Robert Dugast, responsable des cultures, pour mieux comprendre comment la bio-dynamie se pratique sur un verger.

Les “Côteaux Nantais” travaillent en bio depuis dix ans, en bio-dynamie depuis quatre ans. Vous êtes maintenant certifiés Demeter. Qu’est-ce qui vous a incité à aller dans cette direction ?
Nous avons cherché à comprendre pourquoi un arbre peut être sensible aux maladies, en proie aux insectes etc… Car nous considérons que lorsqu’un arbre a des problèmes, c’est peut-être parce qu’on a créé des conditions favorables à un déséquilibre de celui-ci, qu’il est trop faible pour pouvoir résister aux différents stress que sont le froid, le gel, la sécheresse et les maladies fongiques. Comme un organisme humain, l’arbre doit être équilibré pour gérer ses autodéfenses, et cet équilibre, il le tire de la terre. Nous avons donc cherché à multiplier la vie microbienne dans les sols : les bactéries, les champignons, les insectes et vers de terre… Pour cela, la biodynamie apporte de bonnes réponses.

En quoi consistent les soins que vous apportez aux pommiers ?
L’application des préparations, bien sûr. Le 500, qui est une préparation à base d’eau dynamisée et de bouse de corne, permet de développer cette vie microbienne, mais son influence est plus large encore : avec un sol préparé, le système racinaire est plus important et plus profond. La plante nourrit alors ses fruits uniquement avec ce qu’elle puise dans le sol, ce qui permet de limiter les apports d’eau. On obtient un fruit plus sucré, qui a plus de saveur et d’arômes. Lorsqu’un sol n’est pas préparé de cette manière, la faune utile est moins développée, ce qui entraîne plus de ruissellement et donc plusd’érosion. L’enracinement dispose alors de moins d’éléments nutritionnels.
En complément, nous apportons également de la 501, à base de silice de corne, ce qui multiplie la photosynthèse. Pour les pulvérisations, il y a des jours “fruits” et des jours “fleurs”, suivant le calendrier lunaire.
Mais il faut surtout beaucoup observer, j’irai même jusqu’à parler d’établir un dialogue avec l’arbre : pour la taille par exemple, si les pousses de l’année font entre 15 et 20 centimètres, on considère que tout est normal. Si elles font 80 centimètres, cela signifie que la plante est mal équilibrée et on interviendra différemment.

Avez-vous des animaux sur l’exploitation, comme la biodynamie le préconise ?
Non, ce ne serait pas évident pour nous. Nous cherchons prioritairement à développer l’enherbement qui permet d’avoir des prédateurs utiles, les “auxiliaires” comme la coccinelle, les syrphes, et bien d’autres encore pendant la période estivale… Avec des vaches ou des moutons, on perdrait en partie cela.

Combien de personnes travaillent sur les vergers ?
Entre 10 et 12, ce qui permet le suivi des 27 variétés de pommes cultivées. Il est très important pour nous de créer un état d’esprit de groupe. Chacun doit comprendre et aimer ce qu’il fait.

La biodynamie vous semble-t-elle être bien perçue ?
Il y a quelques années, on était critiqué lorsqu’on travaillait en bio. Maintenant, le bio est parfaitement admis, mais on est parfois mal compris lorsqu’on travaille en bio-dynamie… Je pense que cette démarche, qui est complémentaire aujourd’hui, deviendra prioritaire dans quelques années.

Quelques mots sur l’idared, la variété de pomme certifiée Demeter que nous proposerons à nos clients tout le mois de février ?
Elle est douce, mais moins qu’une golden, pas acide, juteuse, ferme et colorée de rouge. C’est une pomme à couteau, mais elle permet également de faire du jus, du vinaigre…

JM