Cosmétique et naturel

Initialement publié en mai 2005

Cosmétique et naturel : boom !

charte-cosmebioBoom ! ça a fait boom… Une fois n’est pas coutume, la télévision nous a offert une belle tranche d’information à l’occasion d’un reportage d’Envoyé Spécial consacré à la cosmétique. Grand mérite du propos : démontrer que malgré ses allégations trompeuses, l’industrie cosmétique n’utilise le naturel que pour son marketing, pas dans ses formulations… Et la France entière de découvrir qu’elle s’enduit le visage et le corps de sous-produits pétroliers et autres gâteries peu recommandables…

Émoi compréhensible chez les consommatrices qui se sont ruées en masse dans les rayons cosmétiques des magasins bio, les seuls à garantir une approche véritablement respectueuse de la beauté, de la santé… Qui s’en plaindra ? Quelques grandes marques, à coup sûr… Certaines firent nommément les frais d’une enquête sans complaisance. Loin de se féliciter du malheur d’autrui, on ne pourra toutefois s’empêcher d’applaudir au mensonge révélé.

Révélé depuis un certain nombre d’années déjà, se doit-on d’ajouter… Mais sans la télé… Ainsi le livre de Rita Stiens La vérité sur les cosmétiques, publié en France en octobre 2001, végétait-il dans nos rayons en l’attente de son lectorat… Petit polaroïd sur la manière dont nous fonctionnons tous, à des degrés divers : il s’en est vendu plus dans les quinze jours qui ont suivi l’émission que dans les quatre ans la précédant…

Mais peu importe le passé : comment vous mettre dès aujourd’hui à l’abri des constituants discutables – voire dangereux – dont la présence est malheureusement généralisée dans la très grande majorité des produits cosmétiques ? Si l’on s’en tient à une logique pointilleuse, il vous faudra connaître les dénominations plus ou moins latines et carrément barbares de chacun des ingrédients figurant sur l’emballage… Bonne chance, les filles ! Non seulement ces dénominations sont incompréhensibles, mais leur liste est impressionnante, tout en étant rédigée en minuscule… Plus gênant encore, sur quelles bases vous appuierez-vous pour identifier les ingrédients posant problème ? Françoise Vallet, la journaliste d’Envoyé Spécial, a insisté à juste titre sur les éthers de glycol (dont le phénoxyéthanol), les affreux parabens, certains sels d’aluminium et les filtres solaires de synthèse. Mais il en existe tant d’autres ! En bonne TV addict, vous chercherez donc à vous procurer un « décodeur »… Bingo, celui-ci existe, et c’est le fameux livre de Rita Stiens : il contient un lexique critique de tous les composants recensés, sur 90 pages… Déception, l’ouvrage est épuisé depuis l’événement. Vous devrez donc attendre la nouvelle édition, remise à jour et prévue pour septembre.

logo_bdihLa meilleure solution pour ne pas vous transformer en petit chimiste malgré vous est toutefois beaucoup plus simple : il s’agit de faire confiance à l’un des deux labels* garantissant une formulation au-dessus de tout soupçon, BDIH ou COSMEBIO. La seule présence de l’une de ces deux garanties vous permettra de profiter en toute quiétude des plus agréables onguents. Des plus efficaces, aussi.

*Fidèle à ses engagements écologiques et à sa vocation de précurseur, un troisième label,
« Nature et Progrès », propose depuis longtemps un cahier des charges exigeant en matière de cosmétique. Malheureusement, peu de fabricants s’y réfèrent.

JM