Le berceau savoyard

 

C’est le nid, le berceau, le ventre maternel : les métaphores ne manquent pas pour dire ce que la Savoie est à Satoriz… Les deux Savoie d’ailleurs, la Yaute comme sa grande sœur ; toutes deux font figure de port d’attache, de doux foyer où l’on revient pour manger les bons p’tits plats d’la Cantine parce qu’on s’y sent si bien.

Attention, hein ! On ne parle pas ici de la Savoie des cartes postales avec tartiflette, cloches à vaches, vaches à cloches et “jeux-zolympiques-d’Albertville” mais plutôt celle d’un modeste petit Tibet, pour l’air sain et vif qui descend des cimes. Ici, l’image est celle d’un groupe d’amis réunis à la fin des années 1970, au cœur des montagnes baujues*, autour d’une certaine idée de la macrobiotique, de la sobriété et de la non-violence. Les uns faisaient leur pain (Bruno Anquetil, Patrick Le Port), un autre ses purées d’oléagineux (Jean Hervé)… Et un autre encore vendait des produits bio sur les marchés : Georges Quillet, fondateur de Satoriz. Georges vendait le pain de Patrick et de Bruno, les purées d’amande de Jean, les jus de pommes de Pierre et les céréales complètes d’un certain Markal. Toutes les énergies de cette bande de copains se sont mises en symbiose ici, au cœur de la Savoie.

* Le Massif des Bauges, qui s’étend de Chambéry à Annecy

Georges a d’abord vendu ses produits bio sur les marchés, jusqu’à ce que les bons retours de sa clientèle l’incitent à monter un magasin digne de ce nom, le tout premier Satoriz, en 1983 ! Une p’tite boutique charmante et désuète, à deux pas de la gare d’Albertville et de ses bistrots où tout ce beau monde se retrouvait régulièrement : Patoune, Jacky, Jérôme, Philippe, Raoul… Les gars des marchés, ceux du hangar, et même l’artiste Combaz (lire page 34). Un deuxième magasin ouvre sans tarder à Ambilly (Haute-Savoie), tenu par Serge Ancillon, ami devenu associé de Georges Quillet.

Alain, aux commandes des fruits et légumes !

Mais revenons-en à ces fameux marchés. On les imagine anecdotiques, ils étaient vitaux. Pour Satoriz d’abord, qui n’a longtemps eu qu’un seul magasin avec quatre murs, mais surtout pour ses clients réguliers du côté de Modane, Megève ou Belley… Autant d’endroits où seul le stand Satoriz permettait de se fournir en produits bio. Georges, son frère Jean-Claude et son équipe mettaient un point d’honneur à satisfaire leurs clients du mieux possible. Si bien que lorsque la décision a été prise d’arrêter les marchés pour se consacrer aux magasins, certains clients l’ont vécu comme un drame… On a même vu tourner quelques pétitions !

Note pour plus tard : où sont donc les femmes dans ce mythe fondateur ? Rarement contées, souvent discrètes, elles sont essentielles en réalité. Babeth, Éveline, et plus tard Audrey, Dominique, Chantal… La pérennité de Satoriz n’aurait pas été la même sans celles qui ont imaginé, mitonné, porté, optimisé, conseillé. Qu’elles en soient dûment célébrées !

Dix ans après le premier, Satoriz ouvre son cinquième magasin près de Grenoble, à Saint-Martin-d’Hères. Désormais, quand on toque à la porte de la réserve de Savoie, c’est Alain qui ouvre. Si la Savoie est le berceau de Sato, Alain, qui pilota notamment les flux de fruits et légumes pour l’ensemble du réseau, en fût une nourrice particulièrement présente et attentionnée. 1993, remember : on parle ici de l’ère pré-informatique, dont seuls se souviennent quelques dinosaures parmi nous. Le fax ! Des pages et des pages interminables de commandes crachées par la machine et tous ces cartons de produits à ouvrir et à étiqueter manuellement, l’un après l’autre… Les moyens étaient aussi réduits que les Satoriziens acharnés à la tâche. Georges ouvrait des magasins, Serge orchestrait le commerce. Tous deux livraient eux-mêmes les Sato avec leurs propres fourgons, deux fois par semaine. Ils ramenaient au passage des caisses à pain vides, et les recettes de la semaine dans un sympathique sac-banane, avant de rentrer préparer les commandes suivantes… Fallait-il être passionné, convaincu et un brin tête brûlée !

Pour en être, en tout cas, inutile de faire reluire le CV. Satoriz embauchait par connaissance et sans chichis. À qui obtenait cette confiance de prouver qu’il ou elle pouvait la mériter. Satoriz a toujours suivi les règles qui lui semblaient justes et pertinentes, sans souci d’orthodoxie, adaptant celles du milieu à ses choix, plutôt que l’inverse. OVNI nous étions, OVNI nous sommes restés ! C’est comme ça qu’un des copains du club d’Aïkido s’est retrouvé à fabriquer les meubles en bois qui égaient toujours les magasins (lire ci-dessous). Au cœur de la matrice, cette chaleur a infusé la relation tissée avec les fournisseurs comme avec les clients. Cool on est, toujours avec beaucoup de respect ! Vendre du bon, des produits de base, au prix juste : “Le bio pour tous !”, nom de nom !

La croissance de Satoriz n’a jamais poursuivi d’objectif de gigantisme. Pour ces vrais passionnés de l’alimentation saine, l’idée était simplement d’en faire profiter plus de monde. Si on leur demandait gentiment, ils ajoutaient un marché ici, un magasin là. En ces temps de concurrence quasi-inexistante, c’était possible tant que la trésorerie suivait (merci Dominique !). Satoriz a donc grandi en même temps que ses clients. Son hangar aussi ! Début 2000, Alain repère un local beaucoup plus grand, à deux pas… “Une cathédrale !”, raille le patron ! Mille mètres carrés sur la commune de Sainte-Hélène-sur-Isère, rapidement remplis jusqu’au plafond par les produits destinés aux 13 magasins de l’époque. Qu’il a rapidement fallu transformer en 2000, puis en 3200 m² en 2008. Aujourd’hui, la centrale de Sainte-Hélène-sur-Isère (Satodistri) s’organise sur plus de 6000 m² !

Une trentaine de magasiniers travaillent à faire vivre cette fourmilière où tout est prévu pour que les tâches s’effectuent dans la bonne humeur et avec fluidité, sous la houlette de Manu. Un pôle est spécialement dédié aux fruits et légumes, matière première de la plus haute importance. Préparation et expédition des commandes d’un côté, gestion administrative de l’autre : Satodistri danse aujourd’hui sur deux jambes bien musclées !

Pssst, il y a une pièce que l’on vous conseille de visiter en premier, c’est celle qui sent très, très bon… La cuisine de Katia, notre traiteur maison ! Ceux qui ont goûté à l’un de nos buffets bio proposés à l’occasion d’un anniversaire, de l’inauguration d’un magasin ou de festivals partenaires comme Le Grand Bivouac savent de quoi on parle. Ici, ça mitonne à longueur de journée, et pas n’importe comment. Faire frétiller les papilles des clients de Sato est l’activité favorite de celle qui mêle macrobiotique, cuisine de chef(fe)s, mousse au chocolat vegan et verrines chantillesques !

Le panorama savoyard serait incomplet sans l’évocation de la Boulangerie Savoyarde et du premier resto de Sato, la Cantine Bio ! L’idée de départ était une fois encore de rendre l’alimentation saine accessible, sans chichis. Une belle cuisine, une grande table où chacun puisse partager un repas bio qui change tous les jours. Aux commandes, Éveline et Babeth mitonnaient un menu d’une créativité sans égale, toujours à dix euros, que l’on y serve du boulgour ou du saumon (ou les deux) ! Des soirées à thème, de la musique, des cours de cuisine bio… Le terme “cantine” ne résumait que l’une des multiples facettes de ce lieu, qui continue à proposer chaque midi de délicieuses assiettes et des desserts amoureusement préparés. On entend parfois dire que c’est uniquement pour eux que toute l’équipe de Satoriz aime à se retrouver en Savoie, encore et encore. C’est totalement faux, bien sûr. La Savoie, c’est tellement plus qu’un bavarois au chocolat* !

CC

*Vous a-t-on dit que l’on pouvait choisir son coulis ? Vanille, orange, fruits rouges, et même chocolat… Ça fait deux fois chocolat, disent certains avant de choisir celui-là !

Les Tatas, menuisiers de Sato

Dans le groupe initiateur “bio/martial” se trouvait entre autres Pascal, surnommé Tatal puis Tata, artisan charpentier et menuisier. Là encore, les choses se sont faites simplement : pour remplacer l’astucieux empilement de palettes qui composait à l’époque son banc de fruits et légumes, Georges demande à Pascal de lui fabriquer un meuble, un vrai, sur mesure et en bois massif. Puis un autre, encore un autre, et enfin l’ensemble du mobilier du magasin et de tous ceux qui ont suivi ! Depuis plus de vingt ans, les meubles de Satoriz ont ainsi une âme et des couleurs chaleureuses, à mille lieux des rayonnages en inox ou en contreplaqué des grandes surfaces. Ce n’est pas un mais quatre Tatas qui sont aujourd’hui à l’œuvre pour meubler sur mesure chaque Satoriz, Pascal ayant été rejoint par ses fils Vincent, Léo et Mehdi. Pas moins d’une trentaine de modèles de meubles sortent régulièrement de la tête et de l’atelier des Tatas, situé dans un cadre idyllique en bordure de forêt, à deux pas de Montmélian (Savoie, évidemment !). Les meubles sont découpés puis peints sur place au moyen de peintures et de lasures écologiques Nature & Harmonie, fabriquées en Alsace à partir de matières premières rigoureusement sélectionnées. Ils sont ensuite montés sur place, en magasin, par les Tatas eux-mêmes ! Ambiance garantie…

Christine, décoratrice et donneuse de joie

Christine est devenue vendeuse à Satoriz à l’âge de 40 ans, mais son expérience d’une vie simple, autonome et proche de la nature avait débuté bien avant, avec plusieurs années passées dans une ferme en biodynamie et quinze autres d’expérience en tant que peintre en lettres. Douceur, discrétion et générosité caractérisent celle qui est devenue responsable de magasin (à Geispolsheim), avant de retourner à ses premières amours : le lettrage et la peinture grand format. Inspirée par notre artiste Combaz autant que par de grands maîtres – Klimt en tête -, mais avant tout portée par son âme d’enfant, Christine laisse tout naturellement aller ses pinceaux (trempés dans la peinture Nature & Harmonie !) sur les planches de bois taillées sur mesure par les Tatas, mais aussi sur des toiles plus éphémères ou bien directement les vitrines des magasins. Notons-le au passage : les toiles sont tissées en France et Christine n’a recours ni au papier ni au plastique dans ses décorations… Le temps d’un anniversaire, d’une ouverture ou d’une foire aux vins, elle donne vie à des paysages et à des natures mortes aussi vibrantes que poétiques. Clients mulhousiens, c’est elle qui a réalisé l’incroyable fresque de 21 mètres de long de votre tout nouveau magasin : chapeau Christine !

 

Ateliers Porraz

Situés à deux pas d’Albertville, les Ateliers Porraz accompagnent Satoriz depuis l’époque des marchés. Voisins de hangar, les Porraz sont fabricants d’emballages de père en fils depuis 1928. La troisième génération, aux commandes d’une vingtaine de collaborateurs aujourd’hui, est représentée par Philippe Porraz et son épouse Nathaly. Ce sont eux qui fabriquent les fameux sacs en papier brun dans lesquels vous emballez pommes, carottes et produits achetés en vrac… Vous savez, ces sacs que l’on vous conseille toujours de réutiliser deux fois, trois fois, vingt fois, jusqu’à ce qu’ils terminent dans votre compost? Leur papier est fabriqué par la Papèterie de Gascogne avec du bois des forêts landaises. Il est imprimé dans les Ateliers Porraz (avec des encres à l’eau, sans solvants) puis conditionné par milliers de sacs. Vous avez remarqué ? Ces derniers sont un peu plus fins qu’avant et contiennent beaucoup moins d’encre, pour une biodégradabilité améliorée sans perdre en solidité. Les Ateliers Porraz sont, comme tous nos partenaires, en veille constante pour améliorer la qualité écologique de leurs matériaux. D’autres bonnes surprises seront donc sans doute entre vos mains très prochainement !