Du gras, que diable !

Initialement publié en décembre 2000

bouton-jauneÇa fait tout drôle, hein ? Face à l’omniprésence des études sur nos comportements alimentaires qui décrètent régulièrement et à juste raison que nous mangeons trop gras, face à la pression constante du maigre comme critère de beauté, face aux régimes imbéciles et dangereux qui en découlent, il devient difficile de défendre ne serait-ce que l’idée de la nécessité du gras. Idée d’autant moins séduisante qu’à l’approche des fêtes, beaucoup s’en régaleront, en abuseront, mais sans l’assumer : c’est une parenthèse, une faiblesse, un péché, une déviance.

Difficile d’y voir clair.

On aime le gras mais on le combat, on vante les vertus de l’huile d’olive mais on vous prépare des vinaigrettes allégées, une margarine censée être grasse aura d’autant plus les faveurs des consommateurs qu’elle le sera moins, le foie gras encrasserait les artères mais prolongerait la vie des habitants du sud-ouest…

Vous nous avez lu vingt lignes… Que pouvez-vous attendre des suivantes ? Certainement pas qu’on vous achève en vous incitant à abuser… Qu’on vous présente le produit miracle qui vous permettrait de le faire tout en restant bien portant ? Qu’une nouvelle étude apporte des éléments libérateurs, bouée de secours pour les jouisseurs ?

Rien de tout cela, nous ne ferons que rappeler quelques faits connus :

– Le gras est plaisir et santé, si l’on sait doser. L’abondance nuit, tout comme la carence.

– Plaisir et santé, mais il faut également choisir : plutôt végétal, et de qualité.

Des vérités, certainement … les nôtres, assurément

– Nous avons besoin de corps gras ! Ils ne sont pas que pourvoyeurs de calories, ils sont nécessaires à nos cellules, particulièrement nerveuses, à nos os, à la digestion qu’ils ralentissent. Leur absence peut provoquer des maladies graves.

– Attention aux régimes : à consommer moins de sucres (y compris lents) et de lipides, on en arrive à des régimes sur-protéinés qui sont dangereux. La plupart des problèmes de surpoids ne peuvent être résolus qu’avec un juste équilibre alimentaire incluant des graisses, associé à de l’exercice.

– Les produits allégés ne sont pas bons : la plupart du temps, ils ne font que piéger de l’eau dans des structures grasses, résultat des recherches de l’industrie agroalimentaire : pas les meilleures.

– Certaines matières grasses animales sont peut-être favorables à la santé. Oui ou non, le débat serait trop long. Ce qui est certain, c’est que la plupart des matières grasses végétales le sont. Elles protègent notamment du mauvais cholestérol.

– À part l’huile d’olive, les huiles qui sont proposées dans les circuits traditionnels sont des produits morts : extraites à très haute température, puis purifiées avec des solvants chimiques, elles n’ont aucun intérêt nutritionnel (absence des acides gras polyinsaturés, entre autres).

– Parmi les matières grasses végétales, beaucoup sont trop peu utilisées : amandes, noisettes, noix, sésame, ainsi que les purées et huiles qui en découlent.

JM