Allez, hop ! C’est parti. L’heure de la colère du mois a sonné. Mais attention : une toute petite colère, mignonne à souhait, suffisamment fondée pour s’apparenter à une mission, pas assez pour se fatiguer les nerfs trois semaines avant les vacances, pile poil ce qu’il faut pour mériter un grand verre de sirop bien frais une fois la noble cause âprement défendue.
L’objet du courroux est une législation, qui autorise à appeler sirop un sirop qui n’est pas un vrai sirop…
Savez-vous qu’un sirop de fraise se doit de contenir… 10 % de jus de fraise ? Le reste peut être un jus de ce que vous voulez, du sirop de glucose, des conservateurs, colorants, arômes naturels ou non, du sucre blanc… À cela, nous avons malheureusement été habitués par une industrie alimentaire qui a si souvent multiplié les dérapages… Mais on ne peut s’empêcher de souhaiter une classification plus informative pour le consommateur, comme il en existe par exemple pour le jus d’orange, qui se voit appeler " boisson à base d’orange " ou "nectar " lorsqu’il n’est pas pur. Bien sûr, il est facile de rétorquer que le sirop est par définition un mélange de fruits et de sucre, et que la notion de pureté est donc forcément relative. Mais peut-on pour autant accepter qu’un sirop de fraise contienne un colorant qui imite la couleur de la fraise, ou pire, qu’il soit relevé d’un arôme qui lui donne artificiellement le goût qu’il est supposé avoir ?
C’est la raison pour laquelle Satoriz ne sélectionne que des sirops bio qui ne contiennent pas d’arômes ajoutés, fussent-ils naturels. Prenez la peine de vérifier les étiquettes, à l’occasion : rares sont les marques qui s’imposent de telles exigences, pourtant apparemment bien banales dans l’idée.
Les sirops Hémisphère Sud sont élaborés avec une haute idée de ce qu’ils doivent être. Ils contiennent 35 % de pur jus, provenant de fruits sélectionnés pour leurs arômes et leur aptitude à être pressés. Ainsi concernant la fraise, la très répandue Gariguette est-elle exclue, pour céder la place à des variétés plus propices, comme la Sanga san gana actuellement. Les citrons sont siciliens, la framboise provient majoritairement de la Creuse et du Puy de Dôme, plus rarement d’Autriche et d’Allemagne. Le cassis ? Il n’y en a pas actuellement, vous n’aurez donc pas de sirop cet été. C’est la dure mais bien rassurante conséquence des approvisionnements en bio. La grenadine ? C’est un mélange de fruits qui englobe le cassis, il n’y en aura donc pas non plus. Quant à la menthe, elle donne bien entendu lieu à une extraction, et non à un pressage. C’est de la menthe fraîche du Maroc, Nana pour la variété.
Valorisés par un sucre roux des Caraïbes ou d’Amérique du Sud sélectionné pour son parfum naturel, ces sirops ont une qualité qui n’a rien d’un slogan publicitaire : le goût de l’authenticité.
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