Dans ce pot, il y a des céréales et des légumineuses cuisinées. Amoureusement cuisinées par la famille Marie. Point n’est besoin de vous spécifier qu’il s’agit d’artisanat, vous l’aviez compris. Point n’est besoin non plus de vous préciser que la famille Marie cuisine pour vous en spécialistes convaincus et passionnés, comme elle le fait à la maison : croyez-vous qu’il existe un seul entrepreneur opportuniste qui prendrait le risque de se lancer sur le "créneau"… du millet aux légumes et de la purée de pois cassés ?! Point n’est besoin de vous raconter tout cela, mais nous le ferons pourtant avec plaisir. Parce que c’est une belle histoire. Une histoire ? Que dis-je, une aventure, une épopée !
Pour Karine, c’est pratiquement une vocation. Elle a décidé de changer radicalement d’alimentation à 12 ans. Jean-François, lui, était guitariste. L’esprit ouvert, comme beaucoup de musiciens, il s’est passionné pour la macrobiotique et l’adopte à 20 ans. Lorsqu’ils se rencontrent quelques années plus tard, ils ont bien entendu un goût commun pour la cuisine, et celui du voyage ne tardera pas à se révéler. Mais pas à moitié ! Départ pour Los Angeles : émeutes sur la ville, ils enchaînent vers le Mexique, puis Guatemala, Nicaragua, Honduras, Panama, toute l’Amérique centrale y passera ! C’est lors de ce périple qu’ils assoupliront leurs habitudes alimentaires et redécouvriront les haricots rouges, les œufs, la bière sud-américaine… Retour et halte à la Martinique, fin du premier voyage.
Il y en aura donc un deuxième, avec une nouveauté non négligeable : deux enfants… Italie, Grèce, Turquie, Syrie, le troisième naîtra en Jordanie ! Deux mois pour qu’il soit fort, et c’est reparti : Egypte, cœur de l’Afrique et arrivée au Zimbabwe : ils vendent le camion, la larme à l’œil, terminus.
C’est vite écrit, mais ce fut long : deux à trois mois dans chaque pays, pour bien s’imprégner, y compris des odeurs et des saveurs… Des recettes y sont nées, mais surtout une idée : travailler ensemble, en famille, en tribu.
France, puis six mois au Maroc, le déclic viendra au Portugal : cuisiner les céréales...
Se poser. C’est fait… Un quatrième enfant, l’idée de l’entreprise et le coup de fil d’amis suisses rencontrés quelque temps plus tôt sur la route : "Alors, le bonheur est dans le pré ?". "Le bonheur est dans le pot !", lui répond Jean-François, ce sera bien entendu le nom de l’entreprise, il leur va bien, il nous convient.
Karine et Jean-François n’ont toujours pas vu le film ! Mais ils en écrivent le scénario au quotidien, dans leur sud-ouest heureux et gastronome : emplettes chez les producteurs locaux, production le matin des trente-deux spécialités au catalogue, l’école à la maison pour les enfants (c’est Karine qui s’en charge)… Ils se retrouvent le soir, cuisinent encore et passent à table, avec les enfants. Les soirées sont longues, à l’espagnole !
Les journées aussi, mais les Marie restent fidèles à leur projet : vivre en tribu, comme prévu.
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La technique
Cuire une ratatouille et la mettre en bocal, ce n’est pas trop difficile : même trop cuite, elle reste bonne. Cuire des céréales comme le font les Marie, c’est beaucoup moins aisé : un grain mal cuit, ça ne passe pas. C’est la raison pour laquelle les recettes proposées ont été longuement essayées, avant de bénéficier d’un processus de fabrication bien adapté à chacune d’entre elles. Le principe de base restant le même pour toutes, une caractéristique maison : les graines sont grillées et aromatisées en pré-cuisson, avec leurs légumes. Puis elles sont mises en bocal, et c’est dans le pot que l’ensemble cuit, en autoclave. La préparation ne bout jamais, le riz (par exemple) s’imprègne petit à petit du bouillon et la recette garde toute sa valeur nutritive.
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