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LA CHOUCROUTE, DE LA TERRE À L'ASSIETTE… Au pays d'Erstein, dans la large et si fertile plaine d'Alsace « dédiée » aux mono-cultures intensives, subsistent quelques enclaves dont celle du domaine Bingert qui vous fournit la quintessence du terroir alsacien à travers sa délicieuse choucroute. Loin, très loin (pour ne pas dire à l'opposé) de l'orthodoxie agricole officielle, nous nous y sommes imprégnés de la passion et du savoir faire d'Arsène et revenus enchantés : pour vous, pour nous… et pour l'avenir de la choucroute ! Après avoir payé un lourd tribut à sa santé par les équations à multiples inconnues de l'agriculture chimique, Arsène a décidé voici une quinzaine d'années d'abandonner ses cultures arboricoles et céréalières pour se consacrer à la production de choucroute, de la culture jusqu'au rayon frais des magasins. Le tout en respectant les règles de la méthode bio-dynamique, validées sur ses pots par la garantie Demeter.
Sa production aujourd'hui provient de 4 hectares consacrés au chou… sur 48 cultivés, rotations bligent. Celles-ci sont essentielles en agriculture biologique et plus encore biodynamique, pourvoyant à la terre les apports nécessaires à la culture tout en préservant des maladies. Arsène rajouterait qu'elles éloignent aussi la lassitude qu'engendrent les monocultures ad perpetuam ! Après une année de choux, on repart avec une autre en épeautre, puis de soja avant d'en enchaîner trois en luzerne. Luzerne qui sera méthodiquement fauchée deux fois chaque saison et laissée sur le champ. Arsène en découvre un arpent devant nous : de petits colimaçons de terre y pullulent, signe de la présence d'une multitude de lombrics, le fameux ver de terre qui ne fréquente que les terres équilibrées et riches en humus. Le même soin est apporté à tous les types de culture, qu'elles soient de production ou de rotation : rien à voir avec la jachère du conventionnel (un an sur deux pour les choux à choucroute) où la terre est laissée à l'abandon, Autre pratique exigeante : ne pas retourner la terre des semis, ce qui perturberait durablement une vie souterraine intense et structurée : celle de la faune bactérienne et animale de la couche d'humus. Arsène se contente d'un griffage superficiel ameublissant la surface pour le démarrage des plants. Il a même changé l'ergonomie des griffes de son outil, celles d'origine pénétrant trop profondément. *Azote, phosphore, potasse
Après la récolte vient le temps de la mise en cuve de fermentation : les belles pommes de choux sont râpées en filaments dans de larges cuves en bois, semblables à celles utilisées pour le vin : chacune d'entre elles contient environ 5 tonnes de cette « râpée », soit le contenu de la remorque d'Arsène… ou un dé à coudre, si l'on compare aux cuves de 150 tonnes des grands choucroutiers. Additionnée d'un peu de sel de Guérande, coiffée d'une poche d'eau qui assurera l'étanchéité de la cuve, votre choucroute va s'y transformer durant trois semaines en moyenne. Sa consistance, tout comme sa saveur, pourra légèrement varier en fonction de la finesse des filaments, mais surtout de la croissance des choux, de l'époque de la cueillette et du déroulement de la fermentation. Sans oublier quelques facteurs imprévisibles et irrationnels, ce produit étant vivant.
La choucroute vous est proposée crue, ou cuite. Celle qui est cuite l'est dans des bacs d'une cinquantaine de kilos (je vous épargne la comparaison avec d'autres pratiques), pendant une trentaine de minutes à des températures maximales de 75 °C. C'est tout. Mme Bingert insiste alors sur un point capital : ne lavez pas la choucroute avant de la cuire ou de la réchauffer, elle n'a rien reçu qui mérite d'être évacué ! Elle concentre au contraire dans son jus ses qualités vitales. Il vous restera à la préparer… Bien qu'alsaciennes de coeur et de souche et capables de préparer la plus belle choucroute garnie d'Alsace qui soit, Chantal et Alice nous avouent leur faible pour la choucroute de poisson… ou celle aux algues et au tofou… ou enfin, la divine gourmandise que constitue un blini garni de choucroute et tartiné de… tapenade. La choucroute vous est proposée crue, ou cuite. Celle qui est cuite l'est dans des bacs d'une cinquantaine de kilos (je vous épargne la comparaison avec d'autres pratiques), pendant une trentaine de minutes à des températures maximales de 75 °C. C'est tout. Mme Bingert insiste alors sur un point capital : ne lavez pas la choucroute avant de la cuire ou de la réchauffer, elle n'a rien reçu qui mérite d'être évacué ! Elle concentre au contraire dans son jus ses qualités vitales.
Les conseils de la famille Bingert
Choucroute crue, pot de 1 kilo :
Vous pouvez préparer des salades de choucroute crue : avec des fruits (pommes, Idée originale : au lieu d'accompagner l'apéritif de chips, cacahuètes ou pop-corn, Choucroute cuite, pot de 500 g
Recettes tirées du livre « Le plat unique », aux éditions Terre vivante.
Préparation : 30 minutes - Cuisson : 2 heures Demander l'aide du poissonnier pour choisir des poissons ayant le même temps de cuisson. Les faire couper en tronçons. Blanchir la choucroute. L'égoutter, l'essorer.
Préparation : 15 minutes (éventuellement la veille) - Cuisson : 50 minutes Pour 3 personnes : 600 g de choucroute – 300 g de pommes de terre – 3 tomates – 4 oeufs – 1/8 de lait – 150 g de comté râpé – sel, poivre. Couper les pommes de terre en dès. Graisser un moule pouvant aller au four et y disposer la choucroute puis les dès de pommes de terre ; saler, poivrer. Verser dessus les oeufs délayés avec le lait. Cuire 40 minutes à four chaud (200 °C). Sortir, et dès que l’on peut (ou le lendemain), couper en tranche. Disposer ces tranches dans un grand plat allant au four. Y repartir des rondelles de tomates et le formage râpé. Faire gratiner 10 minutes.
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Alsacien de souche, évoluant dans une activité où la tradition pèse son poids - celle d'un chou à maturité - Arsène n'en craint pas les règles sclérosantes : c'est un inventeur qui n'hésitera pas à ne rien faire comme tout le monde dès lors que pointe une insatisfaction.
La culture se fait sur des semences b i o - d y n a m i q u e s allemandes. Bientôt, notre hôte les produira lui-même. Quant à ses champs de choux, ils ne sont pas exclusifs puisqu'ils acceptent de nombreuses autres herbes dites « mauvaises », comme l'amarante, dont Arsène favorise même la venue : les bestioles, qui ont en horreur l'uniformité, n'en fréquenteront que plus volontiers sa terre. Dans ces conditions, elle lui accordera de bonne grâce jusqu'à 38 tonnes de choux par hectare, là où l'agriculteur conventionnel en programmera jusqu'à… 120. Un autre métier ! 
Conseils de préparation
Conseils de préparation pour la choucroute cuite en pot