L’état de la planète... Redéfinir la sécurité mondiale… Vous voyez le programme ?
Ce livre a retenu toute notre attention, pour plusieurs raisons :
L’approche, tout d’abord. Si cet ouvrage touche à des domaines aussi techniques et spécialisés que le désarmement, l’énergie nucléaire ou la gestion de l’eau, il ne se départit jamais d’une vision globale de notre monde qui s’efforce de relier les maux qui nous touchent (ou pourront nous toucher), tout en les passant au crible de l’analyse avec des critères moins simplistes que ceux des politiques. Ainsi cette phrase extraite du texte et reprise en quatrième de couverture : « L’interaction entre pauvreté, maladies infectieuses, dégradation environnementale, compétition croissante pour le pétrole et d’autres ressources naturelles constitue le véritable axe du mal ». Le ton est donné. Un ton, qui bien qu’étant au service de faits pour le moins préoccupants - vous vous en doutez - n’est jamais ni pessimiste, ni optimiste. Il est juste.
La notoriété de l’équipe qui en est l’auteur et la réputation du Worldwatch Institute constituent probablement les meilleures raisons d’acquérir le livre. Tous préoccupés que nous sommes par l’avenir de la planète, nous ne pouvons nous contenter d’approximations dans les sources, les données chiffrées, les analyses. Celles qui sont publiées ici font office de référence pour beaucoup : Hubert Reeves les conseille, René Dumont préfaçait l’édition de 1989, Kofi Annan celle de 2002, Mikhaïl Gorbatchev celle de 2005.
Notons que le Worldwatch Institute publie ses analyses depuis 1974. Grâce à une équipe de bénévoles suisses, ces textes sont publiés en français depuis trois ans. Mais c’est la première année que l’ouvrage annuel de l’institut, « L’état de la planète », est traduit dans notre langue (il l’est déjà dans dix autres). N’étant actuellement distribué que dans quelques rares points de vente (dont Satoriz), il est souhaitable d’envisager que le succès de sa vente « l’autorise » à être disponible en librairie pour les années à venir. Sachez de plus que les fonds collectés grâce à sa commercialisation permettent au site www.delaplanete.org d’exister, riche de ses nombreuses traductions d’articles les plus récents et pointus.
Nous avons évoqué un ton ni pessimiste, ni optimiste. Sachez toutefois que la démarche qui sous-tend se livre est totalement positive. Sans cela, à quoi bon ? Nous renvoyons chaque lecteur potentiel directement à la page 175 et à son chapitre « La paix par la coopération environnementale » : un texte qui prouve, exemples à l’appui, que des solutions réelles apportées à des problèmes environnementaux sont source de paix ; ou à la page 195, « Elaborer les fondations pour la paix », chapitre dans lequel est mis en évidence le poids de la désormais bien nommée « société civile », la « deuxième puissance mondiale » ; à nous de jouer !
264 pages, 19 euros.
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