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Huile de massage et arnica


Ce bon arnica, devenu reflex secours de toutes les mamans du monde… Une petite chute ? Vite, trois petites boules de sucre. Un gros choc ? Trois petites boules et une pommade. Le toubib prescrit souvent le même arnica dans les mêmes circonstances. Le kiné comme les masseurs sportifs y ont fréquemment recourt, notamment avec une huile de massage à la marque Weleda, chouchou de la profession. Doit bien y’avoir kék’chose… Et il y a !

Quoi exactement, certains se sont risqués à l’établir en citant de une à trois molécules qui confèrent à l’arnica un indéniable caractère anti-inflammatoire. D’autres s’inscrivent dans une logique plus globale et rappellent que 150 substances ont été identifiées dans sa seule partie fleurie. Elles agissent probablement en synergie dans des interactions qu’il est vain d’essayer de comprendre ; le principe actif, c’est l’ensemble. D’autres enfin se contentent de s’en remettre aux vérités qui se sont patiemment établies dans le temps, l’arnica étant présent depuis longtemps dans différentes pharmacopées tant européennes qu’asiatiques, toujours en cas de chutes, comme de chocs.

Mais qu’en est-il au juste de cette plante ? Il s’agit de l’Arnica Montana, qui porte bien son nom puisqu’elle pousse naturellement aux alentours de 1 500 mètres d’altitude. En France, Weleda a pris l’habitude de la cueillir dans les Vosges, où elle poussait abondamment à l’état sauvage. Aujourd’hui, cette espèce est protégée. La recrudescence de pâturages exploités de manière intensive et la fertilisation des prairies ont pour effet l’alcanisation des sols, alors que l’arnica demande un terrain acide. Ces principales causes associées à la pratique du ski de fond, de la randonnée et du parapente entre autres activités de plein air ont conduit communes et acteurs économiques locaux à la mise en œuvre d’un programme de préservation de l’arnica sur le Massif des Ballons des Vosges. Weleda a patiemment noué de nombreux partenariats avec les éleveurs, et des incitations tant techniques que financières ont été mises en place pour aider ces derniers à opérer les mutations nécessaires. Sur les aires ainsi réorientées, les résultats sont excellents, et l’arnica se redéploie. La cueillette sauvage raisonnée ne lui nuit pas, bien au contraire.




L’arnica de Weleda est également récolté en Roumanie, dans les montagnes des Carpates, sur des terres où il a toujours poussé sans difficultés. Il y est pourtant tout aussi menacé, pour des raisons différentes. La chute du régime communiste a scellé la fin de la régulation de la cueillette, aujourd’hui trop importante et mal encadrée. Aucune règle n’étant fixée quant à la nécessité de laisser une partie du rhizome pour que la fleur puisse repousser l’année suivante, l’arnica finit par s’y faire rare. Afin d’inverser la tendance, Weleda contribue à restaurer dans cette région des règles compatibles avec une cueillette durable, en partenariat avec le WWF. Des équipements sont également mis en place par la société, afin que le séchage se passe dans les meilleures conditions possibles.



Une troisième source d’approvisionnement se trouve en Allemagne, il s’agit là de cultures biologiques. Ce type de cultures et d’approvisionnement restent toutefois délicats.

La cueillette se fait différemment selon la finalité du produit. Fidèle à ses connaissances et intuitions concernant la complexité du monde vivant, Weleda distingue deux cas : pour les médicaments, la plante entière est utilisée ; la plante entière est donc cueillie, à l’exception d’une partie du rhizome, qui permettra la repousse. Pour l’huile de massage, qui ne concerne que la peau, seule la partie aérienne est utilisée ; seule la fleur est donc cueillie.

La fleur une fois séchée est alors broyée, puis elle macère dans de l’huile de tournesol à laquelle s’ajoutent un peu d’huile d’olive, et des huiles essentielles.




L’huile de massage obtenue est un véritable classique, utilisée dans beaucoup de milieux, notamment sportifs. Vous donner la liste des champions qui s’en réclament officiellement s’avérerait certes sympathique, mais l’énoncé des noms de ceux qui l’utilisent officieusement au plus haut niveau la relayerait au stade d’anecdote ! Et malgré la prolifération de nouveaux produits tous plus avant-gardistes, techniques et artificiels les uns que les autres, il est plutôt rassurant de constater qu’aucun ne surpasse cette préparation entièrement naturelle, dès lors qu’il s’agit d’optimiser la préparation musculaire ou de favoriser la récupération.



 


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