|
Points de vues | SAT'Info n° 83 - du 01/2006 Alimentation, cosmétique, compléments Les magasins bio… vendent-ils du bio ? Un peu, oui ! Que du bio ? La question ne se poserait pas s'il n'y de menues approximations qui relèvent plus de vieilles habitudes, de lenteurs, de laisser-aller… De manque de détermination. Objet de ce papier : pas question pour Satoriz de s'ériger en donneur de leçons, mais la ferme volonté d'informer ses clients de ce qu'il est possible de faire, de ce qui ne l'est pas, et pourquoi. Un souci de transparence que nous devons à ceux qui nous font confiance. On vous épargnera les textes sur les certifications, les subtilités qui en font le « charme » et les débats qui agitent le microcosme du bio les concernant : ce n'est pas un article qu'il faudrait pour en faire l'approche, mais une encyclopédie ! Les magasins bio : une lente évolution… vers le bio ! La réponse est en partie historique et propre à la France : notre pays ne s'est éveillé aux joies et avantages d'une alimentation différente que par le biais de « magasins de régimes », qui proposèrent des alternatives à une alimentation standardisée en en valorisant l'aspect nutritionnel, plus que le mode de production. Une belle avancée, courageuse. Prenons l'exemple des huiles : il était pour le moins visionnaire, dès les années 1960, de proposer des huiles de première pression à froid, même si celles-ci étaient obtenues à partir de graines cultivées intensivement. Au moins ces huiles étaient-elles « vivantes ». Produits alimentaires bio : vers le sans-faute L'offre disponible il y a trois décennies était franchement limitée : quelques salades, achetées directement au producteur, quelques céréales et farines, quelques vins… Ces produits bio étant d'ailleurs certifiés de manière aléatoire : avec le plus grand sérieux lorsqu'il s'agissait d'organismes privés et militants comme Lemaire-Boucher ou Nature et Progrès, de manière honteuse lorsqu'une grande marque -
Aujourd'hui présente en grande distribution - s'était décidée à certifier elle-même ses biscottes et autres paquets de céréales, selon ses propres critères, en brandissant fièrement son propre logo… Une situation qui s'est clarifiée avec l'arrivée du logo AB. Partiellement clarifiée… Car au milieu Sauf sur certains produits, toujours présents dans beaucoup de points de ventes et qui sont tous des vestiges de la situation précédemment : Qu’en est-il chez Satoriz ? Comme tous les distributeurs, nous avons longtemps toléré certaines exceptions, lorsqu’il n’y avait pas d’autre choix. Elles sont aujourd’hui limitées au strict minimum et peuvent être énoncées : la première est l’huile de germe de blé, très riche en vitamine E. Il faut 18 tonnes de blé pour obtenir le germe de blé permettant d’en presser un litre ! Ce germe de blé a beau être un produit de « récupération » - puisqu’il est souvent écarté pour la fabrication des farines - il n’en reste pas moins rare en bio : aucun des fabricants d’huile n’en trouve suffisamment.L’huile de germe de blé que proposent tous les magasins des analyses attestant qu’aucune trace de pesticides n’y est décelée. Non disponible en bio également, certains produits macrobiotiques « pointus » comme le « daïkon », le « takuan », les purées et concentrés « d’umébosis », le « shiitaké », les « racines de lotus séchées » ou la « poudre de racine de gingembre », qui sont également des remèdes*. Il serait dommage que leurs rares adeptes soient obligés de s’en passer. À part ça ? Le « sans gluten » chez Sato, tout bio ! Les levures en paillette, idem. Le fructose, y'en a plus chez nous,le « sans sel », y'en a jamais eu. Que dire alors de certains produits qui ne comportent aucune garantie sur l'étiquette ? à, c'est autre chose : il peut s'agir d'algues, qui ne sont pas certifiables. Ou de poisson, qui ne l'est pas plus (sauf lorsqu'il est d'élevage). Notez qu'algues et poissons sont accompagnés d'huiles ou d'aromates bio lorsqu'ils sont cuisinés, même si ces précisions n'apparaissent pas sur l'emballage pour des raisons légales.
Les fruits et légumes doivent être certifiés bio dans tout magasin, sauf dans un cas : lorsqu'un agriculteur conventionnel a la bonne idée de se mettre au bio, il ne peut bénéficier d'un label qu'après une période probatoire de trois ans, le temps que ses sols retrouvent toutes leurs forces et qualités originelles. Que devient sa production en * « Remèdes familiaux macrobiotiques » de Michio Kushi, éd. Trédaniel La cosmétique : une fantastique avancée ! Mais soyez vigilants… Pendant longtemps, la cosmétique vendue dans les magasins bio ne fut pas certifiable ; cela n'a pas empêché certaines marques de proposer, depuis leurs débuts, des produits de la plus haute qualité (Weleda, Logona chez Satoriz). D'autres marques étaient moins exigeantes et présentaient parfois - que doit être une cosmétique bio ? Difficile de répondre. Il a fallu beaucoup de temps aux Allemands pour arriver à le déterminer, et de bien nombreuses réunions aux fabricants français pour leur emboîter le pas. Grosso modo, les bases doivent être végétales - et non pas pétrochimiques, comme celles qu'emploient les grandes marques traditionnelles -, agrémentées de principes actifs végétaux ou apicoles. Le tout sans conservateurs (quelques rares exceptions, dont la totale innocuité est prouvée, sont autorisées), sans colorants ni senteurs de synthèse. Les certifications actuelles permettent de le garantir. Que se passait-il avant l'existence de ce cahier des charges ? Dans un premier temps, la liste des ingrédients présents dans les préparations n'était pas du tout mentionnée sur l'emballage, ni connue des distributeurs. Elle le fut depuis l'an 2000, mais en un langage scientifique obscur que l'on appelle « code INCI ». Une classification ayant le grand mérite d'être commune à tous les pays, mais qui ne peut être réellement évaluée que par des professionnels de la cosmétique. Dès l'arrivée de ces codes, Satoriz a pu s'honorer d'exclure les ingrédients reconnus litigieux (dont les « sodium laureth sulfate », les « PEG »)… Mais d'autres ont pu subsister dans de nombreuses formulations, faute d'informations tout simplement (les fameux parabens, au hasard) ! Aujourd'hui les choses sont claires : un magasin a largement la possibilité de ne proposer que des produits cosmétiques bio, ce que nous faisons. Tout cosmétique qui ne l'est pas recèle des faiblesses difficilement justifiables. Les garanties ont pour nom « BDIH », « Cosmébio », « Nature et Progrès » ou « Qualité France ». À noter : la marque Weleda fut à l'origine du cahier des charges BDIH. Tous ses produits sont bien évidemment conformes, bien qu'aucun logo ne soit apparu sur l'étiquette jusqu'à présent… Une coquetterie que seuls les très grands peuvent se permettre. Après la coquetterie, la propreté : il existe aujourd'hui des savons certifiés bio : ils constituent la plus grosse partie de notre assortiment. D'autres savons, que nous distribuons également, ne le sont que partiellement : c'est dû au fait que leur base végétale n'est pas bio. D'autres encore ne présentent aucune référence au bio, mais sont entièrement Les compléments alimentaires : une offre disparate Entendons par « compléments alimentaires » tout ce qui n’est pas aliment et que l’on prend pour aller bien, ou mieux. Cela va de la gélule à l’ampoule, en passant par la capsule, l’extrait alcoolique… La moindre des choses, lorsqu’on cherche à optimiser sa santé, est de ne pas s’empoisonner… Une évidence ? Il s’est pourtant tellement vendu de mauvais produits… Prenons un classique comme le ginseng, très utile lorsqu’il est de qualité : des analyses réalisées il y a une bonne dizaine d’années avaient révélé des taux de pesticides inacceptables dans les gélules… Un comble ! C’est que le produit fut victime de son succès, et l’appât du gain supérieur au respect du temps nécessaire pour obtenir une racine de qualité : sept ans. Pendant longtemps, nous avons quant à nous distribué un ginseng cultivé dans la tradition et dont les analyses de résidus étaient totalement satisfaisantes. Aujourd’hui, nous allons plus loin encore en vous proposant le premier ginseng bio en ampoules. Plus cher ? Plus cher, oui. Autre exemple sur un produit remarquable lorsqu’il est de qualité et quasi dangereux dans le cas contraire : la gelée royale. La demande ayant explosé, les Chinois se sont mis à en produire, pas chère et… bourrée d’antibiotiques. Un pot au rose qui fut démasqué, induisant rapidement l’interdiction de cette provenance. Peine perdue, celle-ci transita alors par de nombreux pays douteux, capables de la « blanchir » ! Aujourd’hui, la Chine en propose une nouvelle production, de douter de sa qualité, et nous n’en doutons pas. Mais nous préférons rester fidèles au Rucher d’Emilie, notre producteur bio du Lot et Garonne. Vous aussi, nous l’espérons. Dans le domaine des compléments alimentaires, comme dans ceux évoqués précédemment, le milieu du bio français a été victime de son histoire.
Cela fait maintenant 80 ans que l'idée du bio a vu le jour, grâce à la vigilance visionnaire d'un petit groupe de producteurs allemands. Presque 50 ans qu'on en parle en France. Pas loin de 30 que des produits alimentaires sont facilement disponibles… Une dizaine que le mot « bio » est connu de quasiment tout citoyen… La période qui s'annonce apparaît donc comme un tournant marquant pour les clients et distributeurs les plus vigilants : après tout ce temps et de nombreux efforts, toutes les denrées, ou presque, sont aujourd'hui disponibles en bio : bonne année 2006 ! ■ Spécialiste de la nourriture bio et de l'alimentation biologique, le magasin en ligne Satoriz vous présente une gamme variée de recettes bio sucrées ou salées. |
|||||||


des années 80, tout n'était pas possible : comment certifier une confiture bio, si le sucre bio lui-même n'existait pas ? Comment certifier un miel bio, alors que le cahier des charges le concernant n'avait pas encore été rédigé ? La réponse : pendant longtemps encore, chaque magasin a vendu le bio à sa propre sauce, souvent avec une grande volonté de bien faire dans un circuit en devenir, parfois en entretenant volontairement le flou, voire en trompant délibérément une clientèle encore peu informée. Une situation transitoire, certes, mais qui n'a fait qu'amplifier les désordres constatés dans des magasins à la vocation pas toujours clairement affirmée. Faisons fi du passé : aujourd'hui, les magasins vendant du bio sont identifiables, et ce qu'ils vendent peut être certifié. Reste à savoir s'il l'est systématiquement… La réponse est oui. Sauf…
les gammes de sans sel ou sans gluten qui sont vendues en France ne sont pas souvent . De même les levures alimentaires, maltées ou non, dont beaucoup agrémentent leurs crudités ou gratins, le sont-elles rarement. Le germe de blé, c’est une fois oui, une fois non, selon l’acuité de l’acheteur… Quant au fructose, sucre proposé à certains diabétiques ou à toute personne cherchant à limiter le saccharose, il ne l’est jamais ! Rien d’étonnant à cela, puisqu’on n’arrive même pas à savoir comment il est fabriqué… (ne surtout pas croire qu’il est obtenu à partir de fruits !)
attendant ? Il est possible de la proposer sur nos étals, assortie de la mention « en conversion ». Lorsque l'occasion se présente, nous ne manquons pas d'aider un producteur récemment « converti » en vendant sa marchandise : il s'agit là d'un soutien indispensable à ceux qui s'engagent courageusement dans une voie difficile. En magasin, le client en est informé sur l'ardoise.
naturels. Ces savons étant élaborés sans chimie nocive ni pour l'environnement, ni pour l'utilisateur, nous estimons qu'ils ont une place dans nos rayons. Pour bien comprendre, prenons l'exemple du savon d'Alep : il est obtenu uniquement à partir d'huile d'olive, d'huile de laurier et d'eau. Il se transforme, comme tout savon, sous l'effet de la soude. Pensez-vous que l'huile d'olive qui le constitue pourrait êtrebio ? Ce serait techniquement possible, mais totalement illusoire ! Les huiles d'olive utilisées en la circonstance sont des huiles « de grignon », obtenues par deuxième ou troisième pression à chaud, sur des résidus d'olives pressées qu'il faut bien utiliser plutôt que jeter. Si l'huile d'olive du savon d'Alep était de qualité alimentaire et bio, bien peu de clients pourraient se l'offrir. Idem pour le savon de Marseille, qui en provient partiellement.
En laissant trop de place à des produits qui mettent en avant une promesse de bien-être sans en garantir le mode de production, la profession a longtemps été à côté de la plaque. La page peut aujourd’hui être tournée, pour peu que tout le monde agisse dans l’exigence : le producteur-fabricant, en s’engageant dans la voie coûteuse de la qualité ; le distributeur, qui doit refuser les marges bénéficiaires faciles en éliminant les produits dont il ne sait rien au niveau de la production ; et le consommateur, qui doit comprendre que la santé se construit, plus qu’elle s’achète… à prix discount.