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Points de vues | SAT'Info n° 85 - du 05/2006
Pas de chichi entre nous : voici la distribution des prix pour le rôle de la plus mauvaise contribution écologique dans le domaine de l’emballage : transformateurs, commerçants, consommateurs, tous dans le même sac ! Par ailleurs plutôt poubelle, le sac. Rempli jusqu’à plus faim de cartons et plastiques inutiles que les transformateurs utilisent pour vendre plus, que les distributeurs évitent de sanctionner pour ne pas vendre moins et que les consommateurs cautionnent par simple attirance pour ce qui brille. Bilan de l’opération : nul, puisque ces suremballages étant généralisés, l’avantage commercial qu’il donne à l’un est annulé dès que l’autre le copie. En l’absence de justification technique à ces surplus, la solution au problème est donc simple : il suffit que le consommateur rejette les produits inutilement empaquetés… Ou que le distributeur cesse de les vendre… Ou que le transformateur cesse d’en produire.
Vous, consommateurs, êtes un certain nombre à être vigilants dans ce domaine. Ce nombre certain étant toutefois très loin de constituer une majorité… Nous, distributeurs, encourageons nos fournisseurs à ne pas produire d’emballages inutiles. Régulièrement, depuis longtemps. Nous refusons beaucoup de nouveaux produits suremballés, mais pas tous… Pire, nous en conservons sciemment certains de peur qu’en leur absence dans nos rayons vous ne les achetiez chez nos petits copains… Quant aux fabricants, vous comprenez aisément que malgré une évidente bonne volonté écologique, ils hésitent à se passer du jour au lendemain de l’emballage qui leur a fait gagner 20 % de parts de marché, sachant que leurs concurrents pourraient les récupérer. Nécessité faisant loi, y compris dans le domaine de l’absurde que nous cautionnons tous tacitement. Changer… Mais pour que les grandes déclarations d’intention ne soient pas du pipeau et la bonne volonté écologique de la flûte, il faut un grand coup de gong. On s’abstiendra pourtant de frapper… Imposer ?Trancher, tailler dans le gras ? Énervons-nous… calmement : puisque nous avons la chance d’avoir quelque influence sur le marché et de disposer de l’outil qui nous permet de faire connaître nos décisions, utilisons-les:
Nous espérons être précédés par nos clients, qui peuvent faire dès aujourd’hui le choix de ne plus acheter ces articles… Nous souhaitons être accompagnés par nos collègues distributeurs afin que le paysage de tous les magasins bio évolue favorablement. Et nous comptons sur la réactivité de nos partenaires fournisseurs pour qu’à la date prévue, le changement soit tel que nous n’aurons à nous passer d’aucun de leurs produits aujourd’hui concernés. 7
À vous d’agir dès aujourd’hui, par vos choix. Les fournisseurs seront d’autant plus sensibles à l’argument que les ventes baisseront. Mais il leur faudra quelques mois pour adapter leurs conditionnements. Les concernant, rien donc ne sert de précipiter les choses : leurs stocks d’étiquettes étant souvent conséquents, il n’est dans un premier temps pas plus malin de les jeter que de les utiliser. Sept mois pour commencer à changer, c’est bien. Nos fournisseurs ayant été prévenus pour la plupart fin mars, c’est même de neuf mois dont ils disposent. Il faut toutefois être conscient que le travail en profondeur sur le sujet se fera lui sur des périodes beaucoup plus longues.
L’idéal serait d’appliquer dans le domaine alimentaire les grands principes écologiques: pas d’emballages du tout, des produits de proximité. Mais de l’idéal à son application formelle, il y a un pas que personne ne peut s’enorgueillir de franchir, à moins de vivre en ermite, de s’habiller en peau de mouton et de manger des glands. Sans sel. À bien y réfléchir, l’idéal serait-il vraiment idéal? Notre action concerne aujourd’hui les suremballages inutiles. Ceux qui font jolis… si tant est que ça le soit. Prenons l’exemple des yaourts: proposés en pots plastique individualisés, ils sont moins écolo qu’en pot de 500 g. Nous n’entendons pourtant par suremballage que le carton qui entoure les pots conditionnés par quatre, par exemple. Tout comme les müeslis sous papier cellophane lorsqu’ils sont insérés dans une boîte carton. Qui aime bien charrie bien ? Allez, la quinoa en 500 g peut aujourd’hui se passer de son boîtage (salut Didier !), tout comme le fonio du sien (bonjour Rachel…). Le pain Essene sera tout aussi beau sans son étui, les croq’tofu sans les leurs (heureux, Bernard?!!). Idem pour les galettes Céréalpes, les préparations végétales Viana… Viana ? Tiens, des Allemands, pourtant plutôt précurseurs en matière d’écologie. Un peu à la traîne sur ce coup-là, mais ils changeront volontiers, n’est-ce pas? (On compte sur toi, Évelyne!)
Le cas délicat des biscuits… Beaucoup de couleurs au rayon biscuits. Mais ces cartonnages bariolés sont-ils vraiment inutiles ? Ne participent-ils pas à la bonne protection des biscuits, souvent vite transformés en bouillie lorsqu’ils sont livrés en simples sachets ?
La cosmétique Établir des critères sélectifs dans le domaine de la cosmétique s’est avéré être trop délicat pour l’instant. De nombreux aspects techniques concernant la conservation, l’information, la compatibilité des substances et matériaux entrent en jeux, rendant contestable une éventuelle synthèse : un suremballage carton sur un tube est-il moins écologique qu’un tube « airless » non surremballé mais infiniment plus riche en matière plastique ou aluminium ? Concernant la cosmétique, non nous en tiendrons donc à la bonne volonté d’évolution affichée et souvent réelle des fabricants, mais sans naïveté : de très nombreux progrès peuvent être accomplis, nous y serons plus qu’attentifs.■
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Oh oh, il y a des jaloux… Qui aimeraient bien être cités, hé hé… Ton Boulgour 500 g, va falloir s’en occuper, Olivier ! Et alors, Jérôme, ces Galettines? Salut Christine, salut Christophe : comme elle sera belle sur un autre support, la girafe de votre chocolat instantané… On en a des amis, hein ?
Chacun ira de son point de vue quant à la réponse, sachant que l’on trouvera toujours plus extrémiste que soi : on peut même envisager de ne les proposer qu’en vrac… Voici quels seront nos critères dans un premier temps : nous accepterons un emballage dans une barquette plastique entourée d’un film. Ou des biscuits présentés sous film et emballés dans un carton. Mais des biscuits disposés dans une barquette protégée par un film elle-même insérée dans un carton, non. Beaucoup de gâteries de type « cookies » sont concernées. Existe-t-il d’autres solutions pour les présenter sans risque de casse ? Oui peut-être, non probablement… Mais au bout du compte, rien ne justifie à nos yeux que trois couches d’emballage protègent huit biscuits. 


