Conservation des céréales
Merci qui ? La suite !
Dans le numéro 115 de Sat’Info, nous évoquions la conservation des céréales en silos. La teneur du propos était la suivante : les céréales ayant une sérieuse tendance à « s’enrichir » en petites bêtes ou en mycotoxines lors du stockage, les acteurs conventionnels les traitent généreusement au moment de la conservation avec des quantités de produits chimiques inquiétantes. En bio, tous nos amis stockeurs ont bien d’autres solutions à leur disposition : utilisation de sable desséchant en bas des silos, conservation au CO2, altitude, flash surgélation, analyses préventives au microscope… Et tout cela fonctionne très bien.
Bruno Anquetil, l’homme du Pain Belledonne, nous fait parvenir de judicieux compléments d’information. Lui qui privilégie les petits producteurs de blé pour ses farines sait que beaucoup parmi eux n’ont pas les moyens de mettre en œuvre de telles solutions. Pourtant, ils conservent fort aussi bien leurs céréales. Comment ? Tout se passe en amont.
Il convient d’abord de rappeler que le principe même de l’agriculture biologique consiste à se jouer des d’insectes… en en favorisant d’autres. Ainsi de simples haies autour d’une parcelle permettent-elles d’abriter toutes sortes d’auxiliaires, insectes et oiseaux, qui instaurent un équilibre et permettent de limiter la plupart des attaques dévastatrices. La rotation et l’association des cultures permettent aussi d’éviter que les mêmes nuisibles prennent leurs habitudes et contribuent à les éloigner. Voilà pour les petites bêtes.
Pour les maladies et autres moisissures comme les mycotoxines, on évoquera une autre logique, encore plus simple à comprendre : imaginez trente personnes vivant dans une même pièce, peu aérée… Elles ne resteront pas longtemps en bonne santé. Confirmation de cette logique pour tout être vivant avec l’élevage par exemple, de poulets comme de porcs : plus il y a concentration, plus il y a de maladies. Principe identique pour les céréales : la recherche exclusive du rendement favorise la densité des épis et rend difficile la circulation de l’air autour du grain.

Dernières remarque, concernant la hauteur des blés. Promenez-vous dans nos régions et observez les cultures conventionnelles… Quarante centimètres, maxi ! Tout est fait pour que les épis soient bas, grâce à la sélection des variétés d’une part, et à l’utilisation d’hormones rétrécisseuses de paille d’autre part. Les épis ne sont plus balancés par le vent… Ils sont à même le sol ou presque, drus, peu ventilés, et continuent ainsi à cumuler toutes les conditions favorables à tous les problèmes imaginables.
Comme on aime bien se faire plaisir et finir en bio et en beauté, on ne manquera pas de ressortir de bien sympathiques photos de notre ami Alain Pommart* : son blé, une variété rouge de Bordeaux dans le cas présent, atteint allègrement le mètre cinquante… ça balance, ça tangue, ça s’aère ! Et à la ferme, Alain n’aurait pas l’idée de surgeler : il continue de ventiler…
*Sat’Info N° 75. Article disponible à la rubrique « Les entretiens », sur notre site satoriz.fr
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