Un aliment bio se doit d’être certifié. Mais au-delà de cette obligation légale, chacun peut souhaiter qu’il soit conforme à son propre niveau d’exigence et d’engagement. On peut veiller à ce qu’il soit local, peu emballé, estampillé “commerce équitable”, préférer une garantie Nature et Progrès ou Demeter au logo AB, refuser les fruits et légumes qui ne sont pas de saison, encourager les produits purement artisanaux, moudre sa propre farine et vouloir tout faire soi-même, ne jamais acheter d’aliments qui proviennent de sociétés ne produisant pas que du bio, boycotter telle ou telle provenance pour des raisons politiques, ne consommer ni viande ni poisson au nom du respect du vivant, décréter que le blé a subi trop de mutations ou que le lait ne doit pas être UHT… Le rôle du consommateur, tout comme du distributeur que nous sommes est de faire des choix.
Pas plus que nos choix sont indiscutables, les produits que nous sélectionnons ne peuvent être parfaits. Nous devons inciter à les faire évoluer, doucement mais fermement. Cette démarche passe par un souci de respect et d’écoute du consommateur et par une concertation avec les producteurs et fournisseurs qui s’apparentent au partenariat. Un cheminement qui doit être empreint de tolérance et de patience, les produits bio n’étant pas apparus du jour au lendemain : il a bien fallu par exemple accepter un certain temps que le sucre utilisé pour une confiture bio ne soit pas bio, puisque le sucre bio n’existait pas.
Quelle position adoptons-nous concernant les arômes naturels ?
Nous estimons qu’à défaut de nous réclamer d’une perfection aujourd’hui illusoire, il nous est possible de faire des choix dignes : que les « arômes naturels » soient autorisés par le cahier des charges européen ne nous empêche pas de penser qu’il n’est pas normal de proposer en bio des produits contenant des substances non identifiables et souvent non conformes à l’idée que le consommateur se fait du « naturel ». Ceci dans un domaine qui relève a priori de l’anecdotique, puisqu’on peut aisément se passer du goût fraise dans un biscuit…
Nous avons donc décidé :
- de ne plus distribuer de produits contenant des arômes qui ne soient pas extraits de la denrée source. (Exemple : un arôme de framboise doit être extrait de la framboise)*
- de nous engager à ne plus distribuer de produits contenant des « arômes naturels » au premier janvier 2005.
Ce délai permettra à nos fournisseurs d’évoluer. Les agents gustatifs utilisés devront être des épices bio, des huiles essentielles bio, des extraits naturels bio ou des « arômes bio ». (Cette appellation n’étant pas officiellement reconnue actuellement).
Nous espérons par là même apporter les réponses que nous devons à nos clients et contribuer à l’évolution de textes et de pratiques qui relèvent manifestement du laxisme.
*Si la mention “arôme naturel de framboise” apparaît sur l’étiquette, le règlement européen indique que cet arôme doit être obtenu à partir de framboise. Mais les textes sont flous et cette exigence est fréquemment contournée.
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