Si Jean-Marie Messier vient avec une belle poignée de dollars et vous dit : “signez chez Universal, sept ans, jouez quand je vous le dis et vous serez riches”, que faites-vous ?
On réfléchit… Non, il y a six mois, on se serait dit : c’est parti ! Mais plus aujourd’hui. On n’a pas besoin de belles maisons avec piscine… Et puis le fait de nous être pris en main, d’avoir tout fait par nous-même a contribué à mieux définir ce que nous sommes : on aime être créatif et autonome, même si on ne refuserait pas un petit coup de main de la part d’une maison de disques qui saurait nous comprendre…
Racontez-nous comment vous avez enregistré votre album…
On était dans les Yvelines et on a eu envie de faire notre disque, tout en prenant un bol d’air pur… Alors on a tout laissé tombé et on a loué une maison qui nous a servi de studio, dans le massif de Belledonne. On a tout réalisé seuls, de l’enregistrement à la pochette. Au début, on n’y connaissait rien, c’est venu petit à petit… Après avoir appris comment enregistrer les sons avec un ordinateur, après avoir changé sept fois la carte mère, et en prenant un an au lieu des quatre mois initialement prévus…
Votre pochette est particulièrement réussie !
Faites à la main ! En carton recyclé, qu’on imprime nous-même, ici… On a déjà utilisé 33 cartouches d’encre pour l’imprimante… Puis les feuilles de cartons sont découpées, assemblée au pistolet à colle... On met de petits aimants, pour que l’ensemble se ferme bien…
Le livret contenant les paroles sent étonnamment bon…
On le pulvérise d’une huile essentielle bio, de la verveine exotique. La verveine, ça sent le positif, l’ouverture.
Et le logo, le nom ?
Le logo, c’est un copain qui l’a fait. C’est à la fois un 7, comme le 7 de notre nom, une vague, comme la vague… de notre nom, un point d’interrogation, le germe d’une graine et un arbuste, chacun peut y trouver ce qu’il veut… Le nom, c’est parce que la septième vague, c’est celle qui va plus loin que les autres. Et puis le sept, c’est un peu un chiffre magique : les sept jours de la semaine, les sept merveilles du monde, les sept péchés capitaux, les sept doigts de la main…
A propos de pêchés capitaux, vous êtes incroyablement positifs et sains, pour un groupe de rock. Pas du genre à vomir sur la moquette ou à descendre des bouteilles de Jack Daniels, conformément à la légende… Votre drogue favorite, c’est quoi ?
- Olivier : je dirais m’occuper des enfants, mais c’est mal perçu de dire ça, maintenant. C’est pourtant essentiel pour moi, quand je fais une colo, de les intéresser, de les faire rire, chanter… Et je n’oublierai jamais que si j’ai eu envie de jouer de la guitare, c’est parce que justement, un moniteur m’en a joué, quand j'avais huit ans… J’ai envie de donner ça, mois aussi…C’est pour ça que je bosse avec les enfants à Jeunes et Nature. Leur apprendre à faire par eux-mêmes, ça a un sens, une portée. La musique, c’est pareil.
- Benoît : moi, c’est prendre la clef du camion, et actionner le démarreur… Parce que le camion, je ne le prends pas pour faire les courses. Si je suis dedans, c’est soit parce que je pars deux jours avec ma copine, soit que je suis en tournée avec le groupe. Que du bon !
Vous êtes vraiment trop bien, les gars ! Alors soit vous dites un gros mot, soit vous faites une grimace…
- Olivier : pas de problèmes, je choisis la grimace. Même trois : - Benoît : moi aussi !
Vos paroles sont souvent optimistes, parfois engagées. Il y a notamment cette phrase : “Comme Marie-Jeanne nous l’a promis, la voie flairée sera la bonne”. C’est qui, Marie-Jeanne ?
Allez, on va dire que c’est une copine qu’on a rencontrée en Bretagne !
Ok... et avec les filles, ça donne quoi, le rock optimiste ?
2001, c’était pas très rock’n’roll. Mais 2002, on va voir ! C’est la septième année que le groupe existe, ça va aller bien à tout niveau !
Pour qui allez-vous voter ?
Les couleurs de notre disque : vert au premier tour, blanc au second.
Parlons un petit peu de musique : vous avez une formation rock basique, avec basse, batterie, guitares et chant. Mais on a vraiment l’impression que vous privilégiez les guitares acoustiques et les mandolines, en oubliant un peu les guitares électriques : c’est pour ne pas cautionner EDF et ses centrales nucléaires ?
Plutôt par goût : c’est comme choisir entre un bout de bois et un morceau de béton… On ne renie pas la guitare électrique, mais c’est plus froid.
Qu’elles sont vos influences ?
Plus la chanson française que le rock. Cabrel, par exemple. Et Brassens. Surtout Brassens.
On vous sent passionnés de musique, mais il semble que votre monde ne se résume pas à elle : qu’est-ce qui vous fait courir, qu’est-ce qui vous motive ?
Olivier : on croit en notre histoire, parce qu’on a quelque chose à donner. Et c’est comme ça que les choses se font, et qu’elles prennent de l’importance. Un peu comme la théorie qui dit qu’un battement de l’aile d’un papillon sur le mont Fuji-Yama peut se transformer en un ouragan à San Francisco... Chacune de nos actions peut devenir une lame de fond !
Contact : Benoît : 06 11 38 53 58 Pour en savoir plus ou écouter Septième Vague : http://www.septiemevague.com Pour vous procurer le disque : dès aujourd’hui chez Satoriz !
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