Ghyslaine Meyer
Étudiante en sciences de l’éducation. Formée à L’IUT carrières sociales en Animation socioculturelle. Anime régulièrement, avec des enfants, des ateliers de réflexion sur les thèmes de la solidarité et de l’entraide. Repérée par nos services en Angleterre, Espagne, Italie, Roumanie, Allemagne, Suisse…
50.000 km à vélo à travers 33 pays 10.000 en train 10.000 en avion…
Deux vélos, dix sacoches et quatre-vingts kilos de bagages, pour deux ans et demi avec notre maison sur nos roues !
Le monde change, évolue, se transforme autour de nous. La globalisation de l’économie, la construction d’institutions transnationales, le développement de l’araignée mondiale, mais aussi la mondialisation des mouvements sociaux et la globalisation de la solidarité tendent à mettre le monde entier à portée de nos mains (ou d’un clic de souris). Nous nous sentons proches des paysans du Brésil ou des habitants des Balkans et de l’Afghanistan… Pourtant, citoyens du monde dans notre petit coin de France, nous avons le sentiment que des choses nous échappent, que nos regards sont déformés, que notre entendement s’arrête parfois à la portée de nos yeux, de notre nez et de nos oreilles. Les médias nous donnent des clés pour comprendre notre planète dans ses évolutions les plus sensibles, mais nous souhaitons aussi entendre les mots de ce petit Palestinien, écouter les projets de ce Cambodgien rencontré au hasard d’un sentier, manger du riz tous les jours, sentir la soif dans le désert. Nous pensons que l’expérience est une des clés de la compréhension. Acteurs de tous les jours dans notre quartier, nous avons besoin de nous arrêter pour contempler notre vaste monde et méditer, pour agir avec plus de discernement…
Vous aurez des nouvelles régulières de Ghyslaine et Manu. Pendant deux ans et demi, Sat’Info se fera l’écho* de leur virée et des projets de développement solidaire qu’ils découvriront, partageront et contribueront à construire. Genèse, préparation et sens d’un projet, quelques semaines avant le départ :
Comment prend-on la décision de partir pour aussi longtemps à vélo, alors que les programmes de télé sont si passionnants de par chez nous ?
Le projet germe depuis trois ou quatre ans déjà. Pour Manu, l’idée de départ, c’était le tour d’Europe à vélo. Pour Ghyslaine, plutôt de découvrir l’Asie. On a donc concilié ces deux aspirations… Puis petit à petit, l’idée de trouver un autre sens à ce voyage s’est dessinée, nourrie par ce que nous vivons au quotidien. Nous avons donc décidé de centrer ce voyage autour des projets de développement solidaires ou de vies alternatives.
Quels points communs voyez-vous entre ce qui se passe en France et ce qui peut se passer ailleurs dans ce domaine ?
En France, on connaît bien les initiatives “Jardins de Cocagne”, “Jardins dans tous ces états”, on s’intéresse aux écrits de Pierre Rabbi, aux communautés agricoles, aux mouvements non violents ainsi qu’à de nombreuses associations… Ailleurs, il y a aussi des endroits où une vie collective s’organise autour de projets associatifs : les kibboutz, ashram… Peut-on faire le lien avec ce que nous vivons ? Ça nous intéresse de chercher des réponses, de cumuler les expériences. Et puis il y a tous les mouvements des paysans qui se réapproprient la terre, les courants non violent, en Inde par exemple, comme ce groupe qui a pour objectif de désarmer pacifiquement les milices locales… ça interroge, non ?
Vous avez prévu de pédaler sur 50 000 kilomètres… Quels genres de cyclistes êtes-vous ?
Pas vraiment l’optique compétition… On aime le vélo pour la balade, le transport (Manu est adhérent à “Un petit vélo dans la tête”, une association grenobloise). Mais le choix du vélo, c’est surtout parce que c’est génial pour les rencontres. Lorsque les gens nous voient arriver avec équipement et bagages, on a d’entrée un autre contact. Nous avons déjà eu l’occasion de le remarquer, même en France. Et la rencontre, c’est ce qui nous motive avant tout pour ce voyage.
Avez-vous l’intention d’être logés chez l’habitant ?
Nous avons une tente, mais notre but, c’est effectivement d’être hébergés.
Les langues ?
On parle anglais, espagnol et on apprend le roumain ! En Asie, on verra… Mais on a confiance en notre aptitude à communiquer un minimum avec la gestuelle. Ce qui ne nous empêchera pas de nous intéresser à chaque culture et d’apprendre le minimum de mots nécessaires.
Allez-vous traverser des pays a priori réputés comme n’étant pas, euuuuhhhh… faciles ?
L’Albanie, Israël, la Palestine, l’Inde, le Pakistan, Le Népal, le Tibet, la Thaïlande, le Bangladesh… On essayera d’éviter le pire, à savoir les états de guerre, ce qui n’empêche pas la prise de risques, qui est inhérente au projet. Au Tibet, notamment. Mais on tient vraiment à y aller ! Actuellement, pour être autorisé à y rentrer, il faut être en groupe et avoir un guide officiel. Alors nous ferons comme ceux qui ont déjà tenté l’expérience : rouler la nuit, éviter les postes de contrôles, jouer à cache-cache avec la police…
Vous allez également au Cap Nord. Ce n’est pas a priori un endroit très favorable à la rencontre…
C’est un mythe du voyage à vélo, les paysages y sont superbes…
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Vous avez 22 et 23 ans. Comment voyez-vous votre vie, après ?
Manu : j’ai besoin de me sentir ancré dans un territoire donné, où je m’inscris dans une histoire et participe à la construction de mon environnement. En cela le voyage ne m’est pas naturel, c’est un peu un saut dans le vide… Mais c’est une expérience qui me semble nécessaire pour faire d’autres choses localement, après. Au niveau professionnel, je veux m’inscrire dans un projet d’économie solidaire, peut-être dans le domaine de l’agriculture. Et j’ai donc besoin d’aller voir ailleurs.
Ghyslaine : Sans avoir encore une idée très précise, j’ai envie d’intervenir à l’école en tant qu’animatrice, de manière complémentaire au travail des instituteurs, autour du “vivre ensemble”. Pour ce voyage, nous sommes en contact avec des classes de primaire qui sont intéressées pour entretenir une correspondance avec nous. Par la suite, j’espère bien entretenir les liens que l’on pourra créer lors de ce voyage, en établir d’autres…
Globalement, nous essayons de réfléchir sur notre manière de vivre, de consommer… On a l’intention de creuser, au niveau personnel, et d’essayer de vivre en adéquation avec nos idées.
Ceux qui veulent en savoir plus peuvent se rendre sur le site : http://www.nomades-solidaires.fr.st En s’inscrivant à la rubrique “communauté”, il est possible d’être informé régulièrement de l’avancée du périple de Ghyslaine et Manu, de communiquer avec eux.
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