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Deux tonnes par année. C’est à peu près ce que Francis Mietton récolte en noix de Grenoble. Il s’agit donc d’un petit producteur. D’un tout petit producteur… Qui bichonne ses fruits en maniaque qu’il est, comme il bichonne le fromage qu’il fabrique, les vaches qu’il élève, le bananier qu’il persiste à faire pousser sous un climat pourtant peu propice, le paon qu’il nous montre et les truites qui agrémentent sa mare…
Un hurluberlu, Francis ? Pas du tout. Chez lui, ça sent la vie, tout simplement. En discutant, il s’extasie devant une libellule, salue chaleureusement son voisin et accueille un à un ses quatre enfants qui reviennent de l’école.
Son Verger n’est qu’équilibre, un petit écosystème où chacun a sa place. Les noyers d’abord, qui ont été plantés très espacés, ce qui favorise l’ensoleillement de chaque branche et évite bien des maladies aux arbres. Les vaches, qui paissent tranquillement et restituent au sol leurs déjections tout au long de l’année, rendant inutile toute autre fertilisation. Et les fruits qui tombent quand ils l’ont décidé, sans se soucier de la course aux premières noix fraîches qui agite les autres producteurs, ailleurs…
Certifiées ECOCERT depuis dix ans, ces noix sont plus bio que bio ! Là où certains traitent jusqu’à six ou sept fois en conventionnel, Francis Mietton n’a même pas recours à la bouillie bordelaise ou à la carpovérusine, pourtant autorisées par le cahier des charges. Tel quel, l’équilibre que nous évoquions quelques lignes plus haut devient une leçon.
Lavées à l’eau et séchées à l’air, les noix ont un calibre de 28 minimum, ce qui est imposé par un autre cahier des charges, celui de la “Noix de Grenoble“. La seule au monde à bénéficier d’une appellation d’origine contrôlée.
“Regardez, sentez, goûtez… c’est notre terroir !” est le slogan officiel de l’interprofessionnelle de la noix de Grenoble. En ce qui concerne celle de Francis, il faut se dépêcher, car à Noël, il n’y en aura plus.
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