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Les entretiens | SAT'Info n° 99 - du 09/2008 ALTAÏR plantes aromatiquesCeux qui ont pris l’habitude de préparer leurs infusions avec le précieux contenu des sachets Altaïr en connaissent bien les caractéristiques: ces plantes séchées sont étonnamment belles, vives, odorantes et pleines d’une force qui met en confiance. Tout ce que recherchent les adeptes du soin par les plantes, autant que les amateurs de la rituelle tisane de plaisir.
Cette qualité, la nature en est certes l’auteur. Mais elle ne peut être exprimée si tous les gestes du jardinier qui « élèvent » les plantes ne sont pas amoureux et précis, du semis jusqu’à l’ensachage. Par leurs cultures savamment menées, leurs connaissances sans cesse affinées et leur patient travail effectué à la main, Altaïr se met totalement en situation de transmettre la force de la nature. Une subtile alchimie de substances et de signes que les hommes comme les animaux perçoivent avant même de les comprendre. Il nous incombe pourtant, par ces quelques pages, de rendre compréhensible cette force subtile, à défaut de l’expliquer… Mission qui serait impossible si les maîtres des lieux, Isabelle et Patrice Drai, n’avaient aussi la science des mots. Sans jamais s’aventurer dans la moindre démarche ésotérique ni distiller une once de pédanterie, ils sont parvenus à nous faire toucher du doigt ce qui nous échappe souvent. À trop vouloir comprendre avant d’observer, expliquer avant de ressentir… Les jardins d’Altaïr sont installés entre Périgord noir et Périgord pourpre. Loin de toute ville ou industrie, on y ressent la force de la forêt.
Nos questions permettent de faire les présentations. Plus loin, ceux qui souhaitent mieux connaître les plantes pourront lire ce qu’elles savent dire. Entretien: Isabelle et Patrice Drai
Un petit mot sur votre nom, Altaïr, qui sonne si bien à l’oreille ? On en cherchait un… Il devait être court et commencer par un « A », pour rappeler l’herboristerie Ariès avec laquelle nous avons débuté. Ce nom devait aussi contenir un « I », comme Isabelle… Patrice a tout de suite trouvé « Altaïr ». Ayant dormi quelques nuits à la belle étoile, nous connaissons bien le ciel : Altaïr est une des étoiles du triangle de l’été, avec Deneb et Vega. C’est aussi l’oeil de la constellation de l’aigle. Vous avez associé ce nom à l’image du bleuet, qui figure sur votre sachet… C’est une plante qu’on aime bien. Et il se trouve que le bleuet soigne l’oeil… On a fait le lien avec le regard de l’aigle… Le bleuet, c’est donc l’oeil qui nous permet de regarder le végétal d’un peu plus haut, et plus vers l’intérieur. Peut-être de manière plus subtile…
Patrice habitait en montagne, il y cueillait déjà très tôt des plantes pour en faire des breuvages. Isabelle est ingénieur agronome, passionnée de botanique et de montagne. L’idée de nous lancer dans les plantes médicinales nous est vite venue, mais nous avions avant même de commencer l’exigence de ne le faire que si c’était en très haute qualité. Plus que pour les infusions plaisir, les plantes que vous commercialisez le sont donc avant tout dans une optique thérapeutique ? Oui, avec l’objectif qu’elles soient les plus efficaces possible. Toutes les techniques que nous mettons en oeuvre ont pour finalité de développer les principes actifs de la plante, que ce soit la culture biodynamique, depuis toujours, ou des expériences novatrices sur « l’eau informée » que nous menons aujourd’hui. Nous avons vraiment la volonté d’apporter le meilleur, et 25 ans après nos débuts, nous cherchons toujours de nouvelles techniques pour y parvenir. Comment avez-vous développé vos connaissances sur les plantes médicinales ? Isabelle : pour ma part, j’ai fait des études de phytothérapie à l’ARH: l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie. À l’époque, c’était l’école la plus « scientifique », dirons-nous. Après, il y en a eu d’autres. Patrice, lui, est plutôt intuitif. Il a la faculté de voir et ressentir ce que peut être l’utilité d’une plante, sans la connaître. Cette approche dépasse ce que l’on croit savoir de la phytothérapie… Une plante peut être vue comme une idée tempéramentale. À partir de là, on comprend l’homéopathie, les élixirs floraux… Mais avec la phytothérapie, on ne s’en éloigne pas! Dans quelles conditions vous êtes-vous installés pour commencer ? Entre 1982 et 1988, nous avons connu deux lieux de productions. Puis nous avons eu l’opportunité d’acheter ici des bâtiments qui n’avaient pas servi depuis 25 ans, et des parcelles d’un domaine qui s’est vendu par petits lots à de futurs pratiquants en biodynamie. Ces parcelles s’étendent de la rivière jusqu’aux coteaux, il y a donc différents biotopes pour tout le monde! Sont installés à côté de nous des éleveurs, un producteur de fruits et légumes, un autre producteur de plantes et un paysan boulanger qui fait son pain à partir de variétés anciennes de blé, qu’il cultive. Nous n’avons donc pas une entité biodynamique à l’échelle d’une ferme, mais d’un rapprochement de plusieurs familles.
*Il s’agit de sentir la globalité de la ferme et ses interactions: on utilise le fumier des étables, qui se retrouve sur le pré - lequel servira au fourrage - ou sur le champ où poussent les céréales, qui nourriront alors les hommes, etc… Cela nous permet d’avoir un environnement préservé et respecté, bien sûr. Mais la présence de vaches à proximité nous donne aussi la possibilité de disposer d’un fumier qui est la base de notre compost. Et puis c’est motivant de travailler à côté de familles qui sont en accord avec notre idée de l’agriculture ! En biodynamie, les composts sont travaillés de manière différente, subtile. Pouvez-vous nous en dire deux mots? La biodynamie préconise l’utilisation de « préparations », ou « préparats », que l’on intègre au compost, ce qui lui permet de mieux maturer. Nous élaborons ces préparations en groupe, en fonction du calendrier lunaire, une fois à l’automne, une fois au printemps. Pour cela, nous disposons sur place des organes animaux, des plantes des cueillettes. Merci pour votre effort de pédagogie, mais ces préparations restent certainement encore très mystérieuses pour nos lecteurs ! Il est très difficile d’en parler… Il s’agit d’une rencontre entre tous les règnes: le monde animal, le monde végétal et les forces des planètes, le tout dans l’organe terre… Pour les préparats, on met en terre une préparation qui peut être faite, par exemple, d’un intestin de vache et de camomille matricaire… Après l’avoir laissé reposer tout l’hiver, on la déterre et on obtient une sorte de poudre, qu’on introduit alors dans le compost. Il existe six types différents de préparats pour le compost, et deux que l’on épand directement sur le jardin. Un petit côté… sorcellerie ? Uniquement dans la mesure où l’on ne comprend pas vraiment ce qui se passe, à notre niveau, tout au moins… Mais on peut tout de même comprendre intuitivement. On pourrait par exemple estimer que les principes actifs d’une plante sont la résultante d’une alchimie des quatre éléments: ils passent par la terre, l’eau, l’air et la chaleur. La biodynamie vient certainement un petit peu renforcer ce champ énergétique.
Ça marche, vraiment! Nous faisons chaque année des expériences sur nos plantes avec des groupes témoins, enrichis ou non avec ces « préparats ». On voit bien qu’il se passe quelque chose de différent lorsqu’on les utilise ! Mais pour nous, la pratique de la biodynamie n’a rien de dogmatique. On se refuse à dire que la biodynamie est « la » voie: on croit plus encore à l’individu qu’à la biodynamie. Ce qu’un être humain met sur son jardin par la force de son travail et la qualité de son comportement peut valoir les préparats ! Mais après 25 ans de pratique et d’expérience, il ne nous serait pour autant pas possible de remettre en cause les acquis de la biodynamie, même si nous nous autorisons à la faire évoluer. Nous considérons juste que le recours à la biodynamie est « un plus », et que nos plantes en sont meilleures. Toutes vos plantes sont-elles issues de la biodynamie ? Toutes les plantes que nous cultivons, oui. Elles se différencient par le logo Demeter, sur le sachet. Mais il y a aussi les plantes sauvages que nous récoltons, et qui, bien sûr, ne font pas appel à ces techniques. Les plantes que vous commercialisez ne proviennent donc pas toutes de vos jardins ? Non, il y a des plantes que nous achetons, comme la badiane, « l’anis étoilé ». Il s’agit d’un fruit exotique, en l’occurrence la variété badiane de Chine, et non pas celle du Japon, qui peut être toxique. Notre badiane de Chine est produite… au Vietnam. Sont achetées également les graines comme le fenugrec, l’anis vert, et actuellement le fenouil, dont la production nécessite de plus grandes cultures que les nôtres. Nous veillons à acheter ces plantes en des lieux qui ne sont pas trop éloignés, sachant que celles que l’on trouve majoritairement dans le commerce proviennent d’Albanie, de Roumanie, de Bulgarie ou de Chine. Et puis il y a les plantes sauvages, qui parfois sont cueillies près de chez nous, comme l’aubépine. On la prélève dans les bois, après avoir demandé des autorisations… D’autres sont récoltées ailleurs, c’est le cas du tilleul, ou même cultivées par d’autres, comme la vigne rouge. Mais la majorité des plantes que nous proposons sont celles que nous cultivons. Après la cueillette, le séchage. Nous avons visité vos séchoirs, c’est un festival de couleur ! Mais on aurait pu s’attendre, au vu de votre rapport à la nature, à un séchage à l’air libre!
Si on mettait les plantes en grange par beau soleil, il pourrait faire trop chaud… un peu trop d’humidité, et on obtiendrait alors du tabac ! Autre piste possible, nous pourrions mettre un ventilateur dans la grange, puisque le vent sèche, c’est bien connu des ménagères ; mais la plante reprendrait alors de l’humidité la nuit ou lors d’une dépression climatique, comme un orage. On perdrait en couleur, et la plante pourrait fermenter. Notre façon de procéder est donc de dire : comment enlever l’eau d’une plante en continu, sans qu’il y ait d’interruption? Nous avons trouvé la solution avec des séchoirs clos, à température constante (entre 25 et 27°) et ventilés. Un déshumidificateur piège alors l’eau à mesure que les plantes la rejettent. Nous avons un séchage linéaire, sans fermentation. Une plante doit-elle être parfaite avant de sécher? Une plante qui est légèrement oxydée peut receler une quantité d’huile essentielle importante et donc être de grande qualité. L’huile essentielle d’une plante est la substance qui lui permet de se protéger du soleil. Cette huile essentielle ferme les stomates de la plante, et la protège ainsi de l’évaporation. C’est donc lorsqu’il fait le plus chaud qu’on a du mal à faire sécher les plantes, car nous avons besoin qu’elles ouvrent leurs stomates, pour laisser échapper leur eau. Les plantes une fois séchées s’abîment-elles dans le temps? Les ennemies des plantes séchées sont l’humidité, et surtout la lumière. Les mites, parfois. Il faut prendre soin de bien refermer le sachet. Puisque la finalité de votre travail est la tisane, il vous reste donc à nous donner de bons conseils en la matière! De manière générale, ce qui est un peu « coriace » - comme les racines et les graines - doit être préparé en décoction : il s’agit de les mettre dans l’eau froide, puis de porter à ébullition douce mais prolongée. Ce qui est fleur et feuille doit plutôt être infusé. On peut procéder de deux manières : soit on met la plante dans l’eau froide et on chauffe, jusqu’à ce qu’elle frémisse. On laisse alors infuser à couvert, une bonne dizaine de minutes; soit on verse l’eau frémissante sur les plantes, et on attend dix minutes également. De manière générale pour une bonne efficacité, il vaut mieux bien laisser infuser que d’exagérer les dosages. Que trouve-t-on de particulier dans une plante cultivée par Altaïr? La vie ! l’odeur, les couleurs… On nous dit souvent que lorsqu’on les met dans l’eau, on a l’impression qu’on vient de les cueillir… Merci! Si vous aviez à citer un livre, un disque et un tableau, quels seraient-ils? Isabelle Patrice
Quelques plantes, dans l’intimité…La conversation se poursuit par l’évocation de quelques plantes dont la description fascine : Isabelle et Patrice mêlent connaissances et expérience, rigueur et intuition avec un naturel, une modestie et une justesse qui touchent… Le don de ce savoir nous semblant précieux et rare, nous osons les solliciter sur toutes les plantes proposées chez Satoriz… Nos hôtes se prêtent avec plaisir au jeu et nous ne résistons pas à la joie de retranscrire ces propos pour vous, en espérant qu’ils se comprennent aussi facilement par écrit que nous les avons reçus oralement. L’ortieC’est une plante de la volonté. Il n’y a qu’à remarquer son « geste » : elle est impulsive, volontaire… C’est la planète mars qui est derrière… le dieu de la guerre! On la donne en cas d’anémie, lorsqu’on manque de fer. Et le fer est lié à mars! L’ortie est également riche en silice, on l’utilise beaucoup en biodynamie. L’aubépinePatrice : j’avais fait une petite devinette à son propos, avec quelques indices : |
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| La mauve : les boutons de fleur s'ouvrent très vite, on passe deux fois par jour pour les cueillir… |
La sensuelle… Lorsqu’on la récolte, elle évoque la soie, la douceur, la couleur… Personne ne rechigne pour aller la cueillir ! Elle attire. Elle est gorgée de mucilages et adoucit, de la gorge à l’oesophage, jusqu’à l’intestin. Elle convient bien aux enfants, et il se trouve d’ailleurs que les enfants vont spontanément vers elle. Nous avons eu de jeunes enfants des écoles, et lorsqu’ils cueillaient la mauve, ça coulait tout seul, dans le « délire » de la fleur… Lorsqu’on les amenait cueillir du bleuet, ils étaient dans le sérieux, le cérébral… L’énergie d’une plante imprègne même le cueilleur, c’est une première communication. Par ses premiers signes, on comprend mieux l’homéopathie, ainsi que les élixirs floraux…
La mélisse - La menthe
Ce n’est pas la plus attirante, elle est presque insignifiante… Elle ressemble un peu à la menthe. Mais la menthe est tonique, impulsive, elle redonne de l’énergie et permet de rester éveillé, concentré ; la mélisse, elle, se retourne, elle est ronde… Avec elle, toute tension peut tomber, couler, et on peut se vider… C’est la plante du « lâcher prise ». Le soir, avec une petite musique adaptée…
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| La menthe poivrée |
La mélisse est très délicate, et il faut être très délicat avec elle : on peut facilement rater une infusion de mélisse. Il ne faut surtout pas la faire bouillir, sans quoi elle devient âpre… Fuir les eaux calcaires… Elle mérite une très bonne eau, qu’il faut intégrer lorsqu’elle est frémissante, et pas trop longtemps. Elle dégage alors tout son arôme légèrement citronné.
La pensée sauvage
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| Le millepertuis avec les fleurs un peu rougies, tel qu'il doit être cueilli |
Elle est enfantine. Comme de petits visages, avec des couleurs différentes… Elle est utile au niveau de la peau, pour passer de l’enfance à l’âge adulte… Contre l’acné, aussi bien localement qu’en infusion. En infusion, elle permet en effet de travailler la vésicule biliaire et d’éliminer ainsi les impuretés de la peau.
La sauge
C’est la salva… La salvatrice… La toute bonne… La bonne à tout! La sauge est une plante plutôt féminine quand la passiflore, elle, est plutôt masculine. Toutes deux agissent sur les hormones. On pourrait résumer en disant que la sauge convient bien pendant la ménopause, et qu’on conseille plutôt la passiflore pour l’andropause. Mais la sauge a aussi beaucoup d’autres indications : elle régule la circulation sanguine, est antiseptique… et appréciable en cuisine !

Le millepertuis avec les fleurs un peu rougies, tel qu'il doit être cueilli
Le millepertuis

C’est l’or végétal! Il est complètement relié aux forces solaires. Il calme tout ce qui est brûlures, de la peau bien sûr, mais également celles de certaines toux.
C’est une plante conviviale, chaleureuse. Elle permet de renouer l’échange avec l’autre, de partager à nouveau, en quelque sorte d’aller en sens contraire de la dépression. Ses vertus antidépressives sont d’ailleurs très connues et dues à l’hypéricine que le millepertuis concentre d’autant plus intensément qu’on le cueille tard, avec les feuilles presque rougies.
La bourrache
« Elle retombait en pluie fine sur notre âme d’enfant, comme de petites étoiles ». Quand on la regarde, on la voit comme ça, retournée… On peut même se demander si elle ne nous fait pas un peu la tête ! « Au plus profond de soi, un regard ».
La bourrache extériorise, en rejetant à sa périphérie tout ce qui est minéral. Elle draine donc, elle épure… Sa sommité fleurie, qui associe fleurs et jeunes feuilles, fluidifie. On l’utilise aussi pour « faire sortir » les boutons des fièvres éruptives, comme la rougeole… Quand on la touche, on sent de petites billes de verre, sauf sur la fleur, douce, fluide, oscillant entre le rose et le bleu… Elle a expulsé toute la silice et se trouve être adoucissante, expectorante.
Le basilic
C’est à l’origine une plante indienne. Il est de la famille des lamiacées, comme la lavande et la plupart des plantes à infusion ou condimentaires. Les lamiacées ont une tige carrée. Mais le basilic a perdu ce côté carré, et sa tige est presque ronde… Ses feuilles aussi s’arrondissent et retournent vers la terre, elles indiquent cette lourdeur.
Au début, nous cueillions le basilic aux ciseaux, ce qui avait un peu tendance à nous endormir… Le basilic est en effet quasi narcotique à haute dose. On pourrait dire qu’il allège la conscience, et qu’il est aussi fait pour que la conscience descende là où elle n’est jamais d’habitude… Vers l’appareil digestif, par exemple. En cela, il permet de bien digérer, aussi bien en cuisine qu’en tisane.
La verveine

Il y en aura si peu cette année… doit-on en parler ? (rires…)
On pourrait la définir ainsi: de l’eau à la lumière… Elle draine les sols et sort l’eau, un petit peu comme lorsqu’on voit les vapeurs… Elle est d’un vert presque bleu, et finit presque jaune en son extrémité en étant très solaire : on arrive à la lumière. On a « une image ortie » dans la verveine. Quand on la ramasse, elle peut donner des boutons… Comme l’ortie, elle a des côtés cicatrisants, drainants, et joue sur la volonté, le tonus. Comme l’ortie, elle est liée au fer, mais elle est plus siliceuse. Elle est aussi favorable à la digestion.
Son succès, c’est aussi son goût, comme la menthe poivrée. Pour les personnes qui s’initient aux tisanes, ce sont deux plantes phares. Lorsqu’on connaît bien les plantes, on aime s’orienter vers celles qui sont plus subtiles, comme la mélisse…
La verveine est une des plantes qui sèche les plus vite, en 24 heures. On a constaté que thérapeutiquement, toutes les plantes qui sèchent vite agissent plutôt en périphérie. Celles qui sèchent longuement, jusqu’à une semaine, agissent plus en profondeur.
Les mélanges
Ferveur, le mélange du matin
Avec des plantes de tonicité (cynorrhodon, monarde, hibiscus), de verticalité (prêle, ortie) et un soupçon de douceur (sauge, menthe citron, rose) pour bien débuter la journée !
Firmament, celui du soir
Avec les étoiles de la bourrache et du tilleul, la douceur enveloppante de la mélisse et de la matricaire, la caresse de la rose, et une touche de tonicité (verveine, primevère) pour entrer en conscience au pays des rêves !
Puis nous proposons un mélange par saison, mais ce n’est qu’une façon de voir : on peut très bien par exemple, aimer trouver de l’été en hiver…
Pastorale, printemps
Symphonie, été
Clémence, automne
Rêve d’enfant, hiver.
Pour ceux qui ne le remarqueraient pas au premier coup d’oeil, la composition des mélanges est inscrite sous les sachets ! À l’intérieur, on trouve un petit texte évocateur en vers, écrit par Patrice. Il n’a pas la vocation d’être poétique ; il propose juste quelques mots sur chacune des plantes du mélange et s’efforce de faire le lien entre le végétal et l’homme, en amenant des images. On a conçu ces mélanges comme des tableaux qui amènent à des idées thérapeutiques globales, et le texte a été fait en fonction de chaque plante mise en tableau. Ces images-là renforcent le pouvoir de la tisane. Un effet que nous n’avons bien sûr pas mesuré, mais c’est l’idée que nous nous en faisons.




D’où vous vient cette passion des plantes ? 
Qu’en est-il des résultats que vous obtenez? 




C’est la mal aimée des cueilleurs, car on est vraiment au ras du sol pour la ramasser… Mais c’est une plante magnifique! Comme des petits pompons blancs vaporeux, cotonneux… Elle est un symbole de pureté; peu d’insectes visitent la camomille, elle n’est pas sujette aux maladies… Elle donne donc l’impression d’épurer… En infusion, elle a une petite amertume et se trouve être calmante pour l’estomac ; une tête de camomille suffit, avec deux pointes de feuilles de menthe poivrée, c’est très léger, et on se sent tout de suite mieux! Quand on a un peu abusé du vin rouge ou du confit salardais… Cette pauvre camomille a pourtant très mauvaise réputation, car elle est liée au breuvage qu’on donne aux enfants quand ils sont malades. C’est un peu comme la punition de Jeannot Lapin, qu’on met au lit avec une infusion de camomille parce qu’il est rentré tard… Mais cette mauvaise réputation est aussi due à ce qu’elle est trop souvent conseillée à des dosages trop importants. 


