Orgasmic Buddha, graines germées à saupoudrer – Entretien : Hugues Patouillard

Initialement publié en juillet 2011

orgasmic-buddhaOrgasmic Buddha… Rassurez-vous, à nous aussi, ça nous fait drôle ! Il s’agit d’une minuscule société installée dans le Vaucluse, au pied du Mont Ventoux, dans laquelle quatre amis travaillent à des condiments fort plaisants : des graines germées séchées salées à saupoudrer, très simples d’utilisation, qui ne méritent pas a priori dix pages de commentaires. On aurait donc pu prendre une photo, indiquer le prix de l’article, et passer à table. Mais… Avec un nom pareil…
Avec un nom pareil, on a envie de chercher à comprendre. Quand on goûte les graines de courges germées à saupoudrer, encore plus… Et lorsqu’on rencontre Hugues, qui se livre totalement en racontant son histoire et son travail, on a envie de partager.
Le sujet est très lié à celui de l’eau. Pour l’évoquer, on aurait pu vous mener sur les passionnants chemins qu’ont explorés Louis Claude Vincent, Jacques Collin, Marcel Violet, Jacques Benveniste ou Masaru Emoto, en prenant le risque de s’orienter vers des considérations si pointues qu’elles le sont trop, en tout cas pour aujourd’hui. On fera donc différemment. Hugues parle doucement, à sa manière, en s’appuyant sur ce qu’il ressent, et il ne cherche pas à convaincre. C’est très apaisant, et peut-être certains d’entre vous trouveront-ils dans son approche matière à questionnement. Ou le plaisir d’une belle histoire… Ou l’envie de déguster, tout simplement.

Premiers germes

bioshoHugues, on se connaît ! Tu avais développé il y a douze ans un produit qui avait plu à nos clients. Un mot sur cette expérience ?
C’était une pâte de blé germé, le Biosho, que nous faisions ici, à Bédoin. Un aliment difficile à élaborer, qu’il avait été possible de produire grâce à une société qui avait compris ma démarche et mis son matériel à ma disposition. Lorsque cette société a changé de main, j’ai perdu ce soutien et n’ai pas pu continuer.

Avril 99, le Biosho dans Sat’Info n°27. Certains s’en souviennent-ils ?

Les produits que tu produisais hier comme ceux que tu fais aujourd’hui sont élaborés à partir de graines germées… en musique. Forcément, ça intéresse ! L’influence de la musique sur les êtres vivants a déjà été étudiée, jusqu’au niveau thérapeutique. Mais on ne croit pas connaître d’expériences concernant la production d’aliments, ce que tu as fait. Était-ce une première ?
À ma connaissance, il n’y avait effectivement pas d’aliments qui soient élaborés ainsi. Mais tout ça s’est fait par intuition… Je n’ai pas l’impression d’avoir mis au point ce produit en fonction de ce que je savais, mais plutôt de ce que je voulais découvrir. J’avais fait beaucoup de rencontres qui m’avaient permis d’en arriver là, qui m’avaient donné envie d’en savoir plus. On m’a fait comprendre que je pouvais travailler sur l’eau, sur les aspects qu’on ne connaît pas bien d’elle, du côté de la face cachée de l’iceberg. Ce qu’elle reçoit. Combiner une phase de trempage des graines en musique – dans une eau qui joue un rôle de capteur – avec l’explosion de vie que sont les graines germées… tout cela m’a paru intéressant. Partant de là, j’ai fait comme tout le monde… Lire, expérimenter, notamment l’influence qu’ont sur moi les chants bouddhistes.

orgasmic-buddha1Comment en es-tu venu à explorer de telles voies ?…
Adolescent, je me suis aperçu très vite que le confort matériel dont je disposais m’intéressait peu. Ma vie n’était pas un désastre, mais il me fallait autre chose. Je suis parti en Inde à 16 ans… Mes parents, et notamment ma mère, ont eu l’intelligence de faire en sorte que ce soit possible. J’y ai découvert une autre relation à la nourriture, mais aussi l’ayurvéda, la méditation, des rituels qui peuvent paraître ridicules vus de l’extérieur mais qui ne sont pas là pour rien… Je suis retourné souvent en Inde par la suite, pour des séjours parfois très longs. Je n’ai pourtant jamais été dans l’idée d’une Inde mystique, dont on revient changé après une magnifique expérience, en pensant qu’ils ont tout trouvé… Je pense surtout qu’ils ont tout oublié, d’une part, et qu’ils ont avant tout besoin de sortir de la pauvreté. Mais derrière leurs rituels, il y a vraiment quelque chose. Apprendre à le connaître allait bien avec ma sensibilité.

Chants bouddhistes d’un côté, importance de l’eau comme capteur de messages de l’autre, interaction entre l’humain et le végétal…
J’ai été sensibilisé à l’eau par le biais des émotions. Parler de manière dure ou douce à quelqu’un n’est pas reçu de la même manière, et pas uniquement de par le sens des mots ; il y a aussi la vibration que l’autre reçoit. Il se trouve qu’on est composé de 70% d’eau… Cette relation particulière entre les vivants m’a toujours intéressé, et je vois quelque chose d’analogue avec le trempage des graines dans l’eau.

On reparlera plus longuement de l’influence de la musique. Mais on peut évoquer dès à présent le travail de Masaru Emoto, qui a étudié scientifiquement son influence sur les cristaux d’eau. Son travail t’a-t-il guidé ?
Je n’avais jamais entendu parler d’Emoto avant de me lancer. Je suis parti dans cette voie de manière totalement intuitive. Et c’était délicat… J’étais jeune, ce n’était pas facile pour moi d’affirmer.

Tu as dû en entendre…
Bizarrement, j’ai eu beaucoup d’encouragements que je n’attendais pas. J’avais fait pas mal d’animations, notamment à Grenoble, une ville où travaillent un grand nombre de scientifiques de haut niveau. Des chercheurs ouverts, dont beaucoup fréquentent les magasins bio. J’ai été surpris de voir que certains venaient vers moi et me faisaient part de travaux scientifiques qui confortaient ce que je sentais empiriquement. Et c’est ce qui me passionnait, et me passionne encore. S’il n’y avait pas autant de choses mystérieuses à découvrir et éprouver, je ne travaillerais pas dans l’alimentaire. Le bio est pour moi une base, vraiment. Mais essayer d’apporter quelque chose à cette base par des techniques, des sciences, des interventions pacifiques… ça m’intéresse, et y parvenir me ravirait.

Comment as-tu été perçu, commercialement, avec ce premier produit ?
On m’avait dit que le Biosho était vraiment bon et intéressant, mais peut-être trop en avance… Et bien c’était probablement le cas, malheureusement. Malheureusement, ou heureusement ! Parce que j’en ai retiré beaucoup.

 

Le gomasio, nouveau point de départ

Tu as dû arrêter de commercialiser ce produit, qui avait pourtant son intérêt. As-tu pensé y revenir ?
Refaire une pâte de blé germé m’aurait plu… et me plairait encore ! Mais ça exige de dépendre d’une grosse structure pour produire, et j’ai préféré mettre au point une recette dont je maîtrise la fabrication de A à Z. Entretemps, j’avais vu des amis hollandais faire une sorte de gomasio de tournesol au tamari, à la poêle… Je savais que ce produit était intéressant au niveau nutritionnel, plaisant au goût, et j’en ai retenu l’idée.

orgasmic-buddha2Le gomasio est un mélange poudreux de sésame grillé et de sel. Il s’agissait donc d’élargir ce mélange à d’autres graines que le sésame ?
Oui, et je me demandais quelles graines utiliser, sachant que j’avais déjà l’idée du tournesol. Faire germer du blé ? Une fois broyé, cela donnerait une farine… J’ai bien sûr pensé aux graines de courge, que je grignotais tout le temps, et au chanvre. C’est forcément intéressant, le chanvre. Il a un petit côté joyeux, gag pour certains… Le chanvre… ça fait rire un peu tout le monde, mais c’est une merveille de la nature avec cet équilibre oméga 3/oméga 6, et les gens l’aiment. J’avais aussi l’idée du lin. C’est une graine à mucilage, très difficile à faire germer, car il colle. Disons que le lin pourrait être un défi, pour plus tard.

Tu avais déjà l’expérience de la germination. Qu’en avais-tu retiré ?
C’est difficile à expliquer… J’avais créé une ambiance autour de la germination. Un soir, en allant simplement arroser les graines, j’ai éprouvé la même chose que ce que j’avais déjà ressenti dans les temples, en Inde. Une sorte de paix intérieure. Si j’étais catholique, j’aurais dit que c’était Dieu. Si j’étais bouddhiste, j’aurai dit que c’était Bouddha, et comme je ne suis ni l’un ni l’autre, je me suis dit que c’était la vie… Sa beauté, sa force. Un peu comme de tomber amoureux, il y a quelque chose de magique dans cet état, au-delà du fait que l’autre soit beau ou belle, ou de tout autre critère… Je pense qu’il est intéressant d’apprendre à développer la perception de ce petit quelque chose.

orgasmic-buddha3Tu as donc retenu l’idée d’une sorte de gomasio élaboré avec des graines différentes, certes, mais surtout germées. C’est encore une création, ça !
Effectivement, le gomasio est une très vieille recette japonaise, « goma » signifiant sésame et « shio », sel. La combinaison des deux en fait un excellent produit pour la santé selon les principes de la macrobiotique. Mes préparations n’ont pas la prétention de le remplacer, c’est autre chose. On pourrait éventuellement parler de « gomasio de graines germées ».

Terminons cette présentation générale : la germination, la haute qualité vibratoire, le gomasio… Beaucoup d’idées qui se télescopent !
Il y aurait beaucoup de prétention à dire qu’une idée t’appartient… Elle est là, elle est le fruit de rencontres.

La germination

orgasmic-buddha4Nous allons essayer de comprendre comment se déroule l’élaboration de ce « gomasio de graines germées », étape par étape. Que dire de la phase de germination ?
Une graine, sèche, qui est apparemment morte, peut redonner la vie des années après… Avec la germination, on entre en relation avec la vie par l’intermédiaire d’une graine. Quand on a pris conscience du fait qu’elle est précieuse, on ne peut que faire quelque chose de fantastique avec… De l’eau, une graine, et il se crée des vitamines, comme ça…

La germination présente-t-elle un intérêt nutritionnel autre que ces vitamines ?
Lors de la germination, des enzymes pré-digérent les protéines, les lipides et les glucides. L’organisme les assimile mieux ainsi. Mais au-delà de cet aspect, la germination semble être le symbole de la vie en général. Elle a un côté miroir, elle nous incite à donner le meilleur de ce que nous avons en nous-même… On pourrait presque dire qu’elle fait vivre la vie. Alors si notre produit permet à certains d’avoir accès facilement aux bienfaits de la germination… Tout le monde n’a pas quotidiennement l’occasion de jardiner ou de faire germer des graines.

Quelle eau utilises-tu ?
Notre eau vient du Mont Ventoux, puis est enrichie par un phénomène vibratoire extérieur. L’eau est en quelque sorte notre support, notre papier, pour écrire notre poème. La graine trempe dans cette eau et absorbe des messages, pour se transformer.

Toutes les graines que vous utilisez germent-elles de la même manière ?
On dit que le tournesol est pré-germé. En quatre heures de trempage, la graine repart. Il en est de même pour le sésame. Pour les autres, c’est plus long. Mais le fait qu’on en fasse germer une grande quantité accélère le processus, par rapport à ce que fait un particulier chez lui. La constante, c’est qu’on le fait la nuit, pour respecter le calme environnant et l’idée de la pénombre qui entoure la graine, sous la terre. Avec des musiques à haute qualité vibratoire.

Musique !

orgasmic-buddha5Qu’as-tu l’impression d’apporter en pratiquant ainsi ?
Faire germer avec une haute qualité vibratoire est un plus… Je savais par expérience que certaines personnes sentent et ressentent cet aspect-là. Quoi exactement ? Je suis incapable de le dire. Mais quoi qu’il en soit, même ceux qui n’y sont pas sensibles savent qu’avec ce type de germination, j’ai pris le temps de faire ce produit lentement, en conscience. Ils savent qu’on en prend soin, de ces graines. On n’a pas l’intention de révolutionner quoi que ce soit, ni d’envoyer des messages… Mais j’aime faire ça. Le soir, avant de faire tremper mes graines, je leur passe de la musique… Je ne sais pas si c’est un bon moment pour elles, mais pour moi, c’en est un !

On a l’impression que tout cela est vraiment très personnel…
Le site où l’on se trouve, la sensibilité que l’on met dans notre travail en essayant de le faire bien, tout cela touche chacun de nous. Il n’y a pas besoin d’être philosophe ou épris de spiritualité pour l’éprouver, chacun le ressent. Et c’est pour ça que je « mets de la musique dans mes graines » ! Pour faire passer cette humanité. Celle des musiciens, la mienne, un lieu, et les graines…

 

Quelle musique ?

orgasmic-buddha6À quel type de musique as-tu recours ?
Beaucoup de chants bouddhistes tibétains. Ce n’est pas qu’une histoire de beauté, de ce qui flatte l’oreille. Les chants tibétains sont beaux, c’est un fait, mais ce qui se passe en leur présence est tout autre chose, ils émettent une vibration à différents niveaux. On respecte ou pas les moines tibétains ; personnellement, je les respecte, au-delà de tout un courant New Age qui n’est pas mon truc, au-delà de toute religion. Il y a tout simplement quelque chose de très authentique dans leurs chants, dans ce qui est ce « cœur ».

D’autres expériences musicales ?
J’ai rencontré il y a peu quelqu’un d’extrêmement intéressant. C’est le dernier maître d’un instrument qui s’appelle le rûdrâ vina. Un instrument millénaire, qui était parmi les premiers en Indes. Cet instrument a la particularité de ne pas avoir été conçu pour être écouté, mais ressenti. En mettant la tête dessus, on peut l’entendre, et c’est beau ; mais ce n’est pas sa fonction première. Dans les temples, très peu de personnes l’entendaient, car le rûdrâ vina est… silencieux. Ce maître est l’un des derniers aujourd’hui ; un tel instrument n’intéresse en effet plus grand monde… Mais quand il joue, il ferme les yeux, et on ferme les yeux avec lui. Il n’y a pas que les oreilles qui travaillent alors, on sent une présence. Les chants tibétains, dont je me suis servi au début, sont un peu dans le même registre. On peut les écouter, ils ont leur beauté, mais il se passe autre chose. Et ceux qui produisent ces musiques sont des maîtres, ils possèdent une science.

Le ressens-tu avec les chants grégoriens ?
Oui. Mais ils travaillent sur d’autres champs vibratoires. C’est très christique, proche de l’enseignement de Jésus, un enseignement du cœur. Pour bien comprendre la différence, il faudrait parler des chakras, ce que je n’aime pas trop faire parce qu’encore une fois, c’est un peu connoté New Age ; mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Les chants grégoriens travaillent sur un champ plus émotionnel. Un instrument comme le rûdrâ vina, ou les chants tibétains, sont plus basés sur le hara.

La musique classique ?
Fantastique. Mais elle est plus européenne et travaille sur plusieurs champs énergétiques, dont l’esprit. Elle peut élever, mais aussi enfermer dans un schéma plus intellectuel. On l’utilise aussi, surtout celle de Mozart.

Sciences ?

orgasmic-buddha7As-tu des manifestations de l’intérêt de ce traitement sur tes produits ?
C’est avant tout un grand plaisir pour nous que de travailler comme ça. Voilà. Mais après… Peut-on prouver que quelqu’un est amoureux ? Ça n’a que peu d’intérêt. Pourtant, celui qui est amoureux, pour rien au monde il ne souhaiterait qu’on lui enlève ce sentiment, pour peu que sa belle le partage… C’est un peu la même chose pour notre travail. Si on aime ce qu’on fait, on le fait bien. Quel intérêt a la preuve ? Ceux qui aiment la vie trouveront peut-être que ce qu’on fait est sympa, rigolo, intéressant… Et c’est d’ailleurs bien ce qui se passe : je ne rencontre que des gens intéressants avec ce que l’on fait ! Des gens ouverts. C’est ça, la preuve. Notre travail est comme un passe qui nous permet ces rencontres. À mon avis, c’est bien pour des raisons comme celles-là qu’il faut créer de tels produits. Et c’est bien pour les mêmes raisons qu’il faut des musiciens pour créer de la musique, et des peintres pour créer de la peinture…

On parlait d’Emoto tout à l’heure. L’idée de rendre visible ce que tu fais, de le mesurer, ne t’effleure-t-elle jamais ?
On ne peut pas le mesurer. Mettre en évidence, oui, Emoto a peut-être été le premier à le faire. Il a mis toute son énergie dans ce travail, et je trouve ça très bien. Mais ce n’est pas une caution. On peut simplement dire que grâce à lui ou à des personnes comme Marcel Violet, il est plus simple pour nous de comprendre, et de nous faire comprendre.

Tout ça pose de très larges questions sur ce qu’est vraiment la connaissance, la science !
Pour être honnête, la validation scientifique n’est pas primordiale pour moi. Mais si la science confirme, tant mieux ! La science est un langage que tout le monde peut comprendre. Mais on sait aussi que la science est parfois fermée, qu’elle peut être amenée à ridiculiser des personnes ou des démarches qu’elle ne comprend pas. Elle peut aussi être dépassée, et ce qu’on croyait juste il y a trente ans peut ne plus l’être.

La science peut aussi s’intéresser à beaucoup de choses, en marge…
C’est vrai, et c’est notamment le cas pour ce qui concerne la vibration de l’eau et ce que la musique par exemple peut lui apporter. Il se trouve que la science s’y est intéressée, et a confirmé l’hypothèse par l’étude des cristaux d’eau, par exemple*. Mais ce qui est plus intéressant pour moi que ce que la science découvre aujourd’hui, c’est que les mystiques avaient déjà conscience de ça il y a 2000 ans et en parlaient. Ils ne l’avaient pourtant pas prouvé avec de la science ; ils avaient ressenti.

* Voir le passionnant le film «Le message de l’eau», sur le travail de Masaru Emoto. Vous trouverez le lien en bas de page de la rubrique «Germé en musique», sur le site orgasmicbuddha.com

Un lien entre science et intuition ?
On peut dire que l’intuition peut relever de la science, dans le sens où elle se vérifie. On pourrait en tout cas aisément prouver que beaucoup de personnes peuvent ressentir la même chose, au même instant. De ce fait, je dirais même que l’intuition est une science. Mais cela ne veut pas dire qu’on doit imposer aux autres ce que l’on ressent : ça n’a que peu d’importance.

 

Séchage, broyage

orgasmic-buddha8La graine a germé… il faut la sécher. Comment procédez-vous ?
À basse température, pour respecter ce qu’a apporté la germination. Soleil, énergie solaire, feu de bois… Pour respecter aussi les vitamines et… l’inexplicable. Si on fait les choses bien, autant le faire jusqu’au bout. D’autant que le séchage apporte certainement quelque chose au niveau énergétique, s’il est bien fait. Quelque chose de yang. Et puis il a toujours cette notion de plaisir : sécher au soleil, allumer un four à bois, tout ça me va très bien.

On peut imaginer qu’un produit germé a été humide, et peut conserver certaines traces de moisissures. C’est parfois le cas lorsqu’il y a séchage au soleil, et les producteurs de figues séchées ou de pistaches par exemple, prennent leurs précautions pour éviter tout problème. Qu’en est-il concernant ta production ?
Nous nous sommes souciés de cet aspect, et avons fait faire des analyses d’aflatoxines sur tous nos produits. Toutes ces analyses sont négatives. Je n’en doutais pas, mais je suis heureux que cela se confirme et rassure les spécialistes.

Quel sel utilises-tu ?
Du sel de Guérande. On en met 4 %, soit moins que dans un gomasio traditionnel qui en contient de 7 à 13 %. Mais il faut dire que le vrai gomasio, à l’origine, est un peu comme médecine qu’on utilise à petite dose. On a donc adapté ce produit à l’Occident.

orgasmic-buddha9On est presque au bout du process… Y a-t-il eu des difficultés à élaborer un tel produit ?
Au niveau gustatif, je n’en ai pas eu, les graines étant très bonnes à la base. Le plus dur a certainement concerné le broyage. On ne voulait pas « casser » la graine, pas plus que la passer au cutter, genre moulinette, car c’est trop rapide et destructif. On ne pouvait pas non plus écraser ces graines, cela aurait fait de l’huile. Il fallait les broyer. Or, les meules de pierre qu’on utilise habituellement pour la farine écrasent la graine, et on obtient une pâte… Il existe une machine équipée de deux rouleaux de granit, qui permet d’écraser la graine de telle sorte qu’on puisse saupoudrer. On l’a trouvée par chance après de très nombreux coup de téléphones, de recherches. C’est une vieille machine restaurée. On a quand même dû l’améliorer un peu… Et c’est parfait.

Sagesse et saupoudrage

orgasmic-buddha10Quel usage peut-on faire de ces graines germées à saupoudrer ?
Les utiliser sur tout ce qui est salade, crudités, gratins… Sur un riz blanc, des pâtes, avec un peu d’huile d’olive. Il faut juste ne pas les cuire, et peut-être les laisser sur la table… On peut aussi les manger à la cuiller, surtout les graines de courge.

Le bon usage du vrai gomasio, c’est «un petit peu».
Avec les graines germées à saupoudrer, ça peut être «beaucoup plus » !

Les retours ?
Ils sont excellents. Certains les utilisent tout le temps, d’autres ont été surpris que les enfants l’aiment beaucoup, notamment le tournesol. On a parfois des expériences inattendues, comme l’association chanvre et fromage, qui fonctionne très bien. Sur des pommes de terre vapeur, c’est excellent. Les graines de courge, ce sont souvent les femmes qui les achètent pour les faire prendre à leur homme, car beaucoup savent qu’elles sont favorables à la prostate. Autre intérêt de la poudre de graine de courge, elle est verte et décore agréablement une assiette. Mais au bout du compte, que chacun fasse comme il veut avec ces produits et poursuive dans la créativité.

orgasmic-buddha11On en vient à « Orgasmic Buddha »… Quelle est l’histoire de ce nom ?
« Orgasmic », c’est plus gai qu’« organic », non ? L’idée, c’est que nos produits sont bons à manger. C’est joyeux, ce n’est pas une punition. « Buddha », c’est notre manière de dire que nous travaillons avec conscience. C’est réfléchi, posé, mais… on n’est pas des moines !

Ce nom a-t-il déjà suscité de l’hostilité, de la dérision ?
De la dérision, oui. Mais une dérision sympathique. De la gêne aussi, parfois. Mais le plus souvent, les gens rient !

orgasmic-buddha0Et le logo ?
Il s’agit d’un maître zen et de son disciple. C’est le dernier d’une série de dessins millénaires qui fait partie de la tradition zen. Ce sont les « ten zen bulls », des étapes. Dans le premier de ces dessins, un petit gars cherche sa voie, sa personne. Le second dessin concerne l’ego et le mental : le petit gars comprend qu’il n’y a pas que sa personnalité qui compte, qu’il y a autre chose. Et tout doucement, il devient disciple et monte, jusqu’au neuvième dessin où il maîtrise la situation, grâce au conseil de son maître. Un état qu’on appelle le « satori », ou l’éveil. Le dixième dessin n’est pas toujours représenté, c’est celui que nous avons choisi : il s’agit d’une scène où le maître donne une bouteille de saké à son disciple, et lui dit de retourner dans le « market place », pour qu’il ne reste pas au sommet de sa montagne, bien qu’il soit devenu maître.

orgasmic-buddha12Sur votre site, le dessin est animé…
On met en scène une petite histoire : le disciple a un sac, mais il perd ses graines, qui donnent naissance à une plante. Cette plante devient le maître, et lui redonne l’enseignement… C’est l’idée que la nature peut être le maître, par l’intermédiaire d’une graine. C’est notre manière de remettre un peu les choses dans l’ordre : on peut modifier la nature, mais pas sans la respecter.

Dernier point à nous expliquer, le cercle qui entoure le dessin…
C’est la calligraphie de l’ Enso. On a repris cette idée de l’unité, à notre petite sauce. Et l’ensemble devient Orgasmic Buddha, « made in Provence » !

On a fait le tour… Et bien ça en fait, des drôles d’idées ! D’où te vient tout ça ?
Je ne suis pas bouddhiste, ni religieux. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui passe entre les gens. Ou qui parfois ne passe pas… Mon histoire avec les graines, elle part de là. De l’idée d’essayer de toucher un peu plus loin.

orgasmic-buddha13Si tu avais à citer un livre, un disque, un tableau ?
– Je citerais deux livres :
*le premier est très connu, c’est Le livre de l’amour, de Katlheen McGowan. Un texte qui peut choquer certains… L’auteur y ramène le Christ à quelqu’un d’humain.
*Le second est beaucoup moins diffusé, c’est Tantra, the Whispering Transmission, de Prem Gitama. Un livre magnifique, en anglais, qui parle de l’homme, de la femme et du couple, sans prétention.
– Un tableau : les coquelicots de Provence, en ce moment… Que chacun les peigne, s’il le souhaite… Mais j’invite déjà à les regarder.
– La musique que j’apprécie le plus, c’est la musique vivante. Et j’ai préparé ce qu’il faut… Ce sera donc celle que vous allez jouer, Gopal et toi !…

… Bon… Merci, Hugues !

JM