Logona – Poser la référence, penser la nouveauté

Initialement publié en mai 2017

A la différence des produits alimentaires, il n’existe aucune règlementation officielle et nationale sur les cosmétiques bio. Il en existe des privées, qui font référence dans la profession, mais le consommateur néophyte ou distrait peut aisément se laisser berner par le dessin d’une plante sur une étiquette, pourtant nullement garante de la naturalité d’un produit. Or la cosmétique naturelle recouvre bien plus que de vagues allusions à la présence d’huiles essentielles : une philosophie, un engagement, de l’innovation et… beaucoup de travail. A l’allemande, en l’occurrence, car c’est Outre-Rhin que les marques pionnières se sont réunies en 1998 pour mettre en place le premier des labels de la cosmétique naturelle et bio (BDIH), garantissant au consommateur le respect de critères exigeants ainsi que leur contrôle par des organismes indépendants. Un peu plus tard étaient créés en France le label Cosmebio et en Belgique le label européen Natrue.

Une petite visite pour la route ? Nous nous sommes rendus chez Logocos, laboratoire fabricant des produits Logona, près d’Hanovre, en compagnie de Jürgen Debald, fondateur de Bleu Vert qui les distribue en France depuis vingt ans et nous raconte leur histoire. Depuis sa création, le laboratoire est à l’origine d’innovations marquantes et de grands pas en avant : première coloration et premier shampoing 100 % végétal dans les années 1980 et 90, premier soin anti-âge certifié « cosmétique naturelle ». Il a placé le processus d’extraction des plantes au cœur de sa démarche.

 

« Etre » versus « paraître »

Allemagne, années 1970 : l’heure de la prise de conscience écologique. Hans Hansel est naturopathe, gérant d’un des premiers magasins bio et convaincu que l’on peut mieux faire que l’existant – c’est-à-dire presque rien – en matière de cosmétique bio. Il monte une SCOP en 1978 dans un ancien moulin où vivent dix-huit jeunes en communauté. But du jeu ? Donner du sens, réinventer la société et opposer l’être au paraître – la notion de profit n’est pas encore de la partie. Fan du Seigneur des Anneaux et comme un clin d’oeil à une grande marque de cosmétiques conventionnels, Hans Hansel nomme la marque Lorien Goods Natural Cosmetics, plus tard abrégée en Logona.

Surprise : ça marche, immédiatement ! Les produits cartonnent, la concurrence est vertueuse et le secteur de la cosmétique naturelle allemande se professionnalise rapidement. L’utilisation d’ingrédients bio à grande échelle amène à la création de filières, comme pour le jojoba, le karité ou l’aloé vera. En 2001, Logocos, Dr Hauschka et Weleda franchissent un pas supplémentaire en s’associant pour créer après 3 années d’intense travail un label de qualité, le BDIH, qui s’appuie sur un cahier des charges rigoureux et le contrôle par un organisme indépendant. L’objectif est ambitieux : il s’agit d’offrir une véritable garantie aux consommateurs en définissant précisément le terme de « cosmétique naturelle ». Le BDIH impose qu’un certain nombre d’ingrédients – des huiles, des huiles essentielles et des plantes – provienne de l’agriculture biologique. D’autres sont rigoureusement interdits. Logocos signale les composants bio utilisés dans ses produits au moyen d’une astérisque ; leur liste est impressionnante et va bien au-delà de l’exigeant minimum obligatoire.

 

Les extraits de plantes

Logocos a fait le choix d’utiliser non pas des hydrolats mais des extraits de plantes, beaucoup plus concentrés. Plus de soixante-dix plantes médicinales et aromatiques bio différentes sont extraites sur place par une installation unique en Europe. Nous avons pu le constater sur un extrait d’ortie : on procède à une extraction à froid dans un mélange constitué d’eau osmosée, de glycérine végétale et d’alcool bio. Quatre à huit heures durant, ce mélange traverse les plantes sèches, placées dans une infusette géante soumise à une légère pression. L’extraction est accélérée et intensifiée par un émetteur d’ultrasons, qui « ouvre » les cellules des plantes. Le tout repose ensuite pendant douze heures avant d’être filtré comme un vin, au moyen d’un disque rugueux. Le résultat est totalement stérile : c’est un extrait ultra concentré au parfum très intense et à l’efficacité maximale.

 

Notre peau est en équilibre

La peau est le plus grand organe de notre corps. Elle constitue l’interface entre notre organisme et le monde extérieur. Tout comme le microbiome intestinal, elle doit préserver son équilibre bactérien et peut se perméabiliser, laissant ainsi échapper les « bonnes » bactéries et entrer les « mauvaises », assorties de conservateurs et autres indésirables. Jürgen Debald est intraitable sur la question : « On recherche la meilleure huile végétale bio et riche en Oméga-3 pour nos salades, mais on est capable de donner n’importe quoi à notre peau ». Notamment des huiles estérifiées. Ces « silicones végétaux » sont certes issus d’huiles végétales, mais elles sont profondement modifiées dans leur structure par des procédés chimiques. Combinés entre eux, ils permettent d’obtenir une base neutre sur laquelle les industriels viennent greffer des actifs et des parfums pour obtenir des crèmes ultra légères qui transportent efficacement les actifs (les bons comme les moins bons) jusqu’aux couches les plus profondes de notre épiderme. Autre ennemi de la peau : les conservateurs de synthèse. En même temps qu’ils protègent les produits de tout micro-organisme pouvant altérer leur qualité, ils détruisent la flore naturelle de la peau et peuvent provoquer des allergies de contact, même pour les plus doux d’entre eux. Etaler un cosmétique non bio sur notre peau équivaut à envoyer à celle-ci une attaque au lance-flamme : adieu les bactéries protectrices et bonjour les déséquilibres !

Logona n’utilise que des huiles végétales bio, pures et de qualité supérieure, notamment des huiles de petites graines (brocoli, chia), ultra efficaces. Jamais d’émulsifiants ni de conservateurs de synthèse, remplacés par des huiles essentielles ou un peu d’alcool bio. Pas simple, avec ce cahier des charges exigeant et les odeurs parfois pas très heureuses de certains actifs, de composer des crèmes à la texture et au parfum sympathiques ! Or aujourd’hui, ce qui n’était déjà pas si mal il y a quelques années est devenu vraiment bien. Toute la gamme visage de Logona a été reformulée et elle est très réussie. Envolée, la crème épaisse, grasse et difficile à faire pénétrer. Voilà une bonne nouvelle !

 

Les shampoings

Créateur du premier shampoing 100 % végétal en 1994, Logocos a lancé en 2006 la première gamme de shampoings aux tensioactifs à base de sucre, sans sulfates.

Bref détour par les shampoings non bio : ceux-ci sont souvent fabriqués à partir d’huile de palme associée à des bases lavantes, ou tensioactifs. Ce sont eux qui lavent et font mousser. Or le fait qu’un tensioactif soit d’origine végétale ne garantit pas son innocuité : ceux contenant du Sodium lauryl sulfate ou de l’Ammonium lauryl sulfate, tous deux d’origine végétale, sont très irritants et rendent l’épiderme perméable. Il peut alors absorber à loisir les conservateurs bactéricides également présents dans ce type de produits…

A l’inverse, Logona a choisi comme base lavante l’une des plus douces et les plus naturelles qui soient, issue du sucre : les Coco Glucosides. Ils sont bien tolérés par la peau et donnent une mousse fine et biodégradable. Les capillaires Logona peuvent contenir un peu d’alcool bio, mais jamais de conservateurs de synthèse. Tous sont enrichis par des extraits de plantes fabriqués sur le site. Pour 2017, la gamme a été remodelée afin d’intégrer trois nouveaux actifs : la betaïne, un hydratant extrait de la betterave, les protéines végétales extraites des céréales qui apportent force et élasticité, et l’arginine qui favorise la croissance des cheveux.

 

Les soins visage

La clé de la nouvelle gamme visage, c’est l’association d’une plante bio connue (rose, menthe, échinacée…) et d’un actif innovant issu de la recherche et développement. Ces « héros de la nature » entrent en symbiose pour décupler l’efficacité du produit :

– Pour les peaux sèches : la gamme à la rose (hydratante), enrichie d’un nouvel actif extrait de la kalpariane, une algue brune qui stimule l’autoprotection de la peau.
– Pour les peaux à problèmes : la gamme à la menthe (purifiante et anti-bactérienne), qui contient de l’acide salicyl extrait du saule, un puissant anti-inflammatoire.
– Pour les peaux mixtes : la gamme bambou et hamamélis (équilibrants), pourvue de rhassoul, matifiant.
– Pour les peaux sensibles : la gamme échinacée (apaisante, renforce la fonction barrière de la peau, la calme et la déstresse), enrichie de centella asiatica qui favorise la production de collagène.

Efficacité et confort d’utilisation sont accrus, et leur mise en œuvre est également différente. Influencé par le concept de layering importé de Corée, Logona articule désormais ses gammes autour d’une « routine de soin » adaptée aux Européens peu consciencieux que nous sommes, avec 4 étapes au lieu de… 7 à 10 pour nos amis asiatiques. Bel effort !

Dernière innovation, non des moindres : Logona propose aujourd’hui un stick pour les lèvres à l’acide hyaluronique. Cet actif haut de gamme, très efficace pour tendre et repulper les peaux les plus fines, est généralement obtenu à partir de crêtes de coq. La mise au point d’une alternative a demandé des années de recherche à Logocos, qui est parvenu à développer un acide hyaluronique sur la base d’une surprenante fermentation de levures. Filtrée et nettoyée, celle-ci donne une poudre blanche cristalline qui constitue l’ingrédient principal du baume à lèvres, impressionnant d’efficacité. Rigueur, persévérance, engagement : tout est là !

CC