Les couches écologiques Naturae

Initialement publié en août 2007

Des couches bébé réellement saines et plus écologiques

Un reportage sur les couches ! C’est pas le rêve d’une vie, ça ?

couchesMilan. On visite la fabrique. Beaucoup à voir, mais pas grand-chose à montrer en photo… Des roues qui tournent, genre « les temps modernes », de Chaplin… La visite fut précédée de trois heures d’argumentaires italo-franco-anglais sur les mérites comparés des élastiques latéraux, sur les taux d’absorption de chaque matériau, avec dissection minutieuse des couches Naturae comme de la concurrence et évaluation finale des déchets. Y’a pas à dire, on n’est pas venu pour rien. Un bonheur de métier, des souvenirs pour la vie…

Mais ne nous méprenons pas : le sujet est plus que d’importance. On parle là de 25 milliards de couches par an, rien qu’en Europe. Et de 8 % des déchets ménagers, toutes familles confondues. Si l’envie de faire mieux au niveau écologique se fait sentir, c’est un sacré chantier qui est lancé. Et si on souhaite de plus aborder le sujet du confort et de la santé de bébé, de bonnes remises en cause seront nécessaires.

couches2Commençons par les couches classiques : cellulose blanchie au chlore, films plastiques. Colle sur les attaches latérales, et donc solvants. Gel de synthèse pour les matières absorbantes. Lorsqu’on les brûle, on produit des dioxines. Quant à Bébé, il est au sec, ça oui ! Mais il est enveloppé quasi hermétiquement… Sa peau est en contact direct avec un film plastique, l’air circule mal, il y a chaleur et donc rougeurs. Pour lutter contre les rougeurs, les fabricants rajoutent des lotions sur le film interne… Lotions dont on ne connaît rien et qui ne laissent pas imaginer le meilleur. Selon les marques, elles sont plus ou moins bien tolérées par Bébé, qui reste au contact de substances non identifiables près de 24 heures par jour.

N’en rajoutons pas, ne dramatisons pas. Mais on est encore une fois dans une logique à courte vue où la solution à un mal technique est toujours plus chimique…

Il faut donc faire mieux. Le mieux, indiscutablement, ce sont les couches lavables. On y viendra. Mais combien de parents s’accommoderaient dès aujourd’hui de cette contrainte ? Pour la majorité, on conservera donc les couches jetables, qu’on essayera de concevoir plus écologiques, plus saines. Problème : celles qu’on trouve le plus facilement en France sont mises sur le marché par un très gros fabriquant de couches traditionnelles, qui occupe le créneau du soit disant naturel pour des raisons strictement économiques en se gardant bien de remettre en cause les matériaux utilisés. Soit notamment des films synthétiques à l’intérieur de la couche, comme à l’extérieur. Ces films plastiques sont volontairement teintés de gris pour leur donner un look de papier écolo… Merci pour les gogos. Quant à l’emballage des couches, il est lui issu de l’amidon de maïs. Une bonne idée mise en valeur de manière abusive, comme pour entretenir la confusion entre un contenant issu du naturel et un contenu qui ne l’est pas. Toute une démarche marketing qui ballade le consommateur comme le distributeur et nous donne, une fois le pot aux roses découvert, la furieuse envie de faire autrement… et mieux.

Arrive la marque Naturae, avec des résultats excellents bien qu’encore perfectibles, mais guidée par une démarche totalement honnête. Là, on se déplace. Pour voir la fabrique, rencontrer ses dirigeants et évaluer la pertinence du produit. Histoire d’être sûr… cette fois-ci.

Marco a longtemps été scout dans sa jeunesse, et fait preuve d’un attachement à la nature n’a rien de surfait. Son parcours professionnel va dans ce sens : spécialiste des matières alternatives au plastique, il met son savoir au service d’un domaine où tout reste à faire, celui de nos couches. Il explique sa démarche, nous fait découvrir les matériaux qu’il utilise et prend soin d’informer le consommateur sur l’emballage final du produit. Transparence.

couches1Tout a été étudié, et repensé. La cellulose, d’abord, en provenance de pins sélectionnés pour la longueur de leurs fibres et utilisés sans l’écorce. Les forêts concernées sont toutes renouvelées, car cultivées. Cette cellulose absorbe mieux. Elle n’a pas été blanchie au chlore, ni à aucune autre substance chimique ; on se comprend… Les filtres protecteurs intérieurs sont issus de matériaux renouvelables à base d’amidon et de sucres, tolérés par la peau car reconnus comme naturels, une innovation majeure. Le film extérieur est en Materbi, obtenu à partir de maïs garanti non OGM. Voilà pour les constituants.

La coupe de la couche est quasi droite. Moins enveloppante, plus respirante. Pour arriver à « l’étanchéité » malgré cette forme, ce sont les attaches qui font la différence. Elles sont très élastiques, et se fixent avec des velcros. D’où une bonne circulation de l’air, moins de chaleur, pas de rougeurs et donc pas de lotion ou autres additifs. Une meilleure adhésion aussi lorsqu’on doit replacer les attaches, et une absence totale de colles.

La différence de confort est nette. Le bébé se sent mieux. Et puisque nous vous accordons qu’il ne l’exprime pas avec des mots, on écoutera les adultes qui utilisent des protections similaires contre l’incontinence et attestent d’un port beaucoup plus sain et frais.

Le bilan écologique, quant à lui, est clair : – plus de 80 % de la couche est non seulement bio dégradable, mais compostable ! – on réduit au maximum les produits de synthèse : seuls subsistent pour l’instant les élastiques (bio dégradables), le velcro et le gel absorbant. – ce gel sera très bientôt remplacé par un matériel innovant naturel, tout comme l’emballage (le tout prévu avant 2008)

La démarche est saine, faite de progrès notables et de transparence totale. Nous souhaitons l’encourager. Parce que ce n’est pas en trempant bébé dès ses premiers jours dans la tromperie la plus mielleuse qu’on se préparera un monde plus respectueux.

JM