Le Yogi Tea – Entretien : Atma Singh

Initialement publié en février 2002

yogi-teaLes arômes que dégage cet étonnant breuvage sont irrésistibles. Epicés, réchauffants, réconfortants… La boisson est subtile, mystérieuse aussi. De par sa composition et sa provenance, bien sûr, mais également par le nom … Pour en savoir plus, rien de plus précieux que la parole d’Atma Singh, importateur français des produits Golden Temple.


Ces boissons sont-elles réellement des thés ?

En Anglais, le mot Tea désigne toute boisson obtenue avec de l’eau chaude, même les simples infusions. Et en Orient, de l’Oural à Vladivostok, en passant par Shanghai et Bombay, toute infusion s’appelle « Tchaï » ! En Inde, le Tchaï est un mélange d’épices. De la cannelle, de la cardamone, du clou de girofle, du poivre noir et du gingembre. Cela correspond à notre produit « Original », qui est une boisson familiale indienne.

Les Indiens ne consomment-ils pas du vrai thé ?
Il y en a surtout dans les régions montagneuses, à Darjeling ou à Ceylan, là où il pousse. Mais partout ailleurs, il est peut utilisé. La plupart des Indiens consomment donc le Tchaï et l’adaptent selon les régions et les épices dont ils disposent. Il contient au moins de la cardamome, qu’ils utilisent parfois seule en infusion, avec du lait de vache.

Ces épices sont-elles supposées avoir des vertus médicinales ?
Nous avons intégré les proportions médicinales correctes, selon la médecine Ayurvédique*. Toutes ces épices ont une utilité : le gingembre renforce le système nerveux. Ce n’est pas un aphrodisiaque pour l’Ayurveda. Au contraire, il recentre les personnes dispersées. Il peut permettre de dormir, il n’est pas excitant. Le clou de girofle joue au niveau du poumon, il renforce le système immunitaire. Le poivre noir accélère la circulation et réchauffe, il purifie le sang. Quant à la cardamome, les Indiens en mettent dans tous leurs plats, elle aide à digérer. La cannelle est un antiseptique intestinal.

C’est la base de toutes vos infusions ?
Il y a des variantes. Le poivre noir, par exemple, est mal toléré par les gens qui sont sensibles au niveau digestif. C’est la raison pour laquelle on le remplace dans le mélange « Himalaya » par du fenouil, qui est un antispasmodique au niveau de l’intestin.

Nous avons vu le pourquoi du mot « Tea ». Mais pourquoi « Yogi » ?
Parce que cette boisson a été apportée en Europe par Yogi Bhajan, un grand maître du Yoga Kundalini. Lequel a profité de l’occasion pour faire partager sa connaissance. Sur chaque boîte de Yogi Tea, ou parfois à l’intérieur, il y a un exercice de yoga simple, qu’on peut réaliser à la maison.

Vous portez un turban, et votre société s’appelle Golden Temple. Y a-t-il un lien entre les infusions Yogi Tea et la religion ?
Oui, nous sommes Sikhs. C’est une religion qui a été fondée par le prophète Guru Nanak, né en 1469. Un des grands principes de cette religion, c’est que tout le monde est égal devant Dieu : hommes, femmes, riches ou pauvres, il n’y a pas de castes, ce qui était plutôt moderne à l’époque… D’ailleurs, l’actuel « président » du Sikh Dharma est une femme.
Les Sikhs ont acquis une réputation de guerriers, ce qui est en partie fondé : ils ont effectivement dû lutter pour garder leur identité et ont appris à manier les armes. Actuellement, on retrouve beaucoup de Sikhs aux postes relevant de la sécurité. Nous sommes 27 millions, ce qui constitue la troisième religion indienne.
Quant au nom de la société, nous l’avons choisi de la même manière que les moines catholiques retiennent le nom de leur monastère comme marque de spiritueux… Le Golden Temple est un temple de marbre blanc qui est couvert de feuilles d’or, il est situé à Amritsar, dans le Nord de l’Inde. C’est le site le plus visité de la religion Sikh.

Dernière question, celle qui concerne l’agriculture bio…
Les fondateurs de Golden Temple sont des écologistes de la première heure. Nous sommes donc allés naturellement vers l’agriculture bio, d’orientation biodynamiste. Mais nous avons rencontré quelques problèmes de fiabilité avec les cultures bio en Inde, c’est la raison pour laquelle nous n’y avons plus recours. Nous avons donc lancé un programme de culture à Sumatra, en accord avec le gouvernement indonésien. La cardamome, elle, provient du Nicaragua. Dans toute notre gamme, le seul ingrédient qui ne soit pas bio est le ginko, dans le mélange « Lucidité » : il n’en existe pas.

Pour les passionnés d’Ayurvéda

L’Ayurvéda reconnaît trois types de constitutions différentes, qui se mélangent en toute personnalité : les « doshas », qu’on pourrait traduire par « humeurs ».

– Le Pitta : ce sont les personnes qui ont le feu, qui sont très actives. Elles se « tuent » au travail.

– Le Vata : c’est un signe du vent, il caractérise les gens qui bougent !

– Le Kapha : c’est le calme de l’eau. On pourrait dire le flegme.

Nous sommes tous constitués de mélanges de ces trois profils. Rassurez-vous, il n’y en a pas de bons, ni de mauvais. Nos infusions indiquent deux perceptions possibles du produit :

– A l’occidentale : le produit s’appelle « Digestion », par exemple.

– Selon l’Ayurvéda : le même produit se définit en fonction de son action sur les doshas : il diminue le Vata, est neutre sur le Kapha et le Pitta. Sur le paquet, il sera donc indiqué : V-KP0. Pour le Yogi Tea “Classic”, on lit VK-P+ Et ainsi de suite.

*Atma Singh nous signale au passage qu’il s’agit là d’un pléonasme : « Ayur » signifiant la santé, et « Véda » la science, il n’est pas nécessaire d’ajouter le mot « médecine. »

JM