Le nashi

Initialement publié en septembre 2021

Nous voici à Châteauneuf-sur-Isère, chez Philippe Patouillard, nashiculteur drômois. L’exploitation, installée en 1930 par son arrière-grand-père, est passée au bio il y a sept ans. Au cœur d’un verger de fruitiers variés – de la cerise à la châtaigne, en passant par les poiriers -, Philippe et son frère cultivent 1,3 hectare de nashis. Lorsqu’ils plantent le premier, en 1984, le fruit est encore totalement inconnu en France… Et il l’est encore largement à l’heure où nous écrivons ces lignes !

 

Philippe est fier de nous montrer les documents qu’il distribuait à l’époque pour faire connaître le nashi. Cultivé depuis deux millénaires en Asie, le fruit serait né en Chine. Il est particulièrement apprécié au Japon. Sous ses airs de pomme qui aurait copiné avec une poire, le nashi n’a pourtant rien d’un hybride : il s’agit d’une variété à part entière. Son grain évoque la poire passe-crassane et le coing, son jus la pomme ou même l’ananas. Le nashi peut atteindre la taille d’un petit pamplemousse. Pour se faire un avis, en clair, on pose son Sat’info et on en coupe une tranche !

L’arbre (appelé nashi, comme son fruit) rappelle le pommier, avec des feuilles plus larges. Il nécessite un gros travail d’éclaircissage, car ses fruits se groupent en nombre. Les Patouillard cultivent deux variétés de nashis, une jaune et une orangée. C’est la seconde, la plus courante, que vous trouvez chez Satoriz à partir du mois de septembre. Son petit nom japonisant : la Chojuro. De forme ronde légèrement aplatie, avec une peau couleur bronze, elle est très parfumée, presque musquée.

Ne vous fiez pas à son apparence robuste : le nashi est un fruit très délicat à cueillir, qui nécessite de l’observation et plusieurs passages dans les arbres à quelques jours d’intervalle. Chez les Patouillard, on passe et on repasse une dizaine de fois par saison (deux fois chez la plupart des cultivateurs). Le fruit mûr ne doit plus présenter de zones vertes, mais il ne doit pas non plus avoir la souplesse d’un fruit blet…

À la maison, le nashi se déguste frais, ferme et juteux. Il se conserve idéalement au frigo et se consomme à température ambiante, comme un bon fromage, avec lequel il s’accordera sans doute. On évite donc la corbeille à fruits. On le cuisine traditionnellement avec des viandes et du gibier (des lamelles de 1 cm d’épaisseur cuites une à deux heures sur feu doux dans du beurre… Remuer de temps en temps et laisser légèrement caraméliser). Le nashi est extra dans toutes les salades de fruits et s’accorde très joliment avec les châtaignes sous toutes leurs formes, crème et confiture de marrons incluses. Retrouvez nos recettes avec du nashi sur satoriz.fr : tarte tatin, gâteau noix et nashi, nashi caramélisé au tempeh