Le maquillage – Entretien chez Logona

Initialement publié en octobre 2011

Quinze ans de Sat’Info, et pas un seul mot sur le maquillage… Trente ans de Satoriz, et guère plus d’intérêt commercial pour le sujet, si ce n’est quelques tentatives éparses et peu suivies.

maquillage-santeVoici donc nos véritables débuts en la matière ! Nous avons vraiment essayé de faire au mieux. En choisissant les produits, tout d’abord. Plus que jamais, nous avons testé et fait tester avant de nous engager. La gamme élue nous satisfait pleinement, et nous ne sommes pas inquiets quant à votre accueil. Il s’agit de « SANTE Naturkosmetik », une marque allemande aujourd’hui petite sœur de la grande « Logona », que vous connaissez bien.

Nous avons également essayé de faire au mieux pour vous présenter cette gamme et vous initier à son usage. Attelés à cette tâche, trois experts que nous citerons en commençant par Hans Jürgen, à tout seigneur, tout honneur. Hans-Jürgen Weiland est en effet responsable Recherche et Développement pour les marques SANTE et Logona. Sachez accessoirement que si vous avez aujourd’hui la chance d’avoir une transparence totale en matière de cosmétique internationale, c’est en grande partie à Hans-Jürgen que vous le devez, Mesdames.

maquillage-sante1Après Hans-Jürgen, Jürgen ! Distributeur de produits cosmétiques en France via son entreprise Bleu-Vert, il est impliqué dans l’écologie et le bio depuis toujours. Nous le remercions pour son rôle de traducteur. Merci également d’avoir rendu possible cet entretien.

Ce fut l’occasion de rencontrer Sophie. Qu’aurions nous fait sans elle ? Esthéticienne, maquilleuse, conseillère technique et formatrice pour les produits Santé et Logona, elle a répondu précisément aux questions pratiques que vous lui auriez certainement posées, que vous soyez débutante ou utilisatrice expérimentée.

Mais pourquoi donc ? !!!

Mais pourquoi donc les femmes ont-elles le besoin de se maquiller ?
Jürgen : je poserais volontiers une autre question : pourquoi les garçons ne se maquillent-ils pas plus ? !!!… Regarde dans la nature : celui qui fait tout pour se rendre beau et coloré, c’est le paon… Et les canards mâles sont plus colorés que les femelles !
maquillage-sante2Sophie : c’est culturel. Les femmes se maquillent soit pour s’embellir, soit parce qu’il s’agit d’un rituel. Toutes les civilisations, à toutes époques et partout dans le monde, ont eu recours au maquillage. Mais derrière sa boutade, Jürgen a raison : il n’y a guère que les hommes occidentaux pour ne plus se maquiller ! Les Egyptiens, les Amérindiens, les guerriers de manière générale et les Français au XVIIIe siècle se maquillaient, même les plus grands révolutionnaires ! Bon, aujourd’hui, il y a bien quelques artistes comme Prince qui continuent à le faire…

Commercialement, doit-on donc s’attendre à ce que vous proposiez un mascara à ces messieurs ?
Hans Jürgen : pour l’instant, la tendance masculine, c’est plutôt kajal et fond de teint…

Et que dire du maquillage bio, de son histoire, de sa raison d’être ?
HJ : j’ai ressorti récemment le premier catalogue Logona, qui date de 1988. On ne proposait à l’époque que du fond de teint et des poudres. Plus que de se maquiller, il s’agissait avant tout d’harmoniser le teint et de camoufler les imperfections.
J : dans la mouvance écolo, le maquillage était vraiment une transgression de règles certes non écrites, mais néanmoins bien précises. Et c’est encore le cas aujourd’hui. La mouvance féministe est d’ailleurs souvent liée à celle du bio pour refuser ce qui relève de l’apparence, ou plutôt du masque. Mais ces positions s’affinent. C’est la raison pour laquelle nous nous efforçons d’aller vers un maquillage qui n’est pas destiné à transformer, mais à souligner les traits, à mettre en lumière.

maquillage-sante3En évoquant les ingrédients du maquillage bio, on rejoindra probablement certaines pratiques ancestrales. Quels types de produits utilisaient les civilisations que vous avez évoquées ?
S : ce dont ils disposaient sur place : beaucoup de terres, d’ocres, de pierres écrasées comme le lapis lazuli, pour les yeux… Des onguents aussi, des poudres de riz, du talc… Majoritairement du blanc, donc. Il faut avoir en tête qu’en Allemagne comme en France, les teints bronzés donnaient un côté paysan. Plus on était clair de peau, plus on était haut dans la société.
J : c’est toujours le cas en Asie. Et de ce fait, les fonds de teint qui leur sont proposés sont beaucoup plus clairs que les nôtres, puisqu’avant tout destinés à éclaircir leur teint. Certaines formulations ont une dominante verte qui serait une horreur pour nous, mais qui leur convient bien. Mais pour revenir à l’histoire, le teint bronzé n’est devenu à la mode en Occident que depuis les congés payés et la voiture pour tous ; il montre qu’on a voyagé, pris des vacances et du bon temps…

À quel moment a-t-on cessé d’utiliser les recettes de grand-mère pour aller vers des produits tout prêts ?
S : le maquillage s’est couplé avec la mode, et les plus grandes marques sont d’ailleurs aujourd’hui rattachées à des couturiers. Le maquillage prêt à l’emploi a été inventé pour aller avec le style de ces grandes marques. Parallèlement, les femmes se sont mises à travailler et n’ont plus eu le temps de préparer leurs recettes de maquillage. Le maquillage s’est donc industrialisé et s’est emparé de la chimie, pour atteindre des sommets dans les années 60-70, avec des colorants qui sont quasiment tous interdits aujourd’hui, dont le plomb, et bien d’autres…
HJ : dans les années 20 avec les années folles, on a vu arriver beaucoup de couleurs marquées, mais ce type de maquillage était socialement très limité. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes comme les hommes ont mis fin à une longue période de privation. L’idée de développer la féminité a été bienvenue, et le maquillage industriel s’est alors beaucoup développé.

maquillage-sante4On a beaucoup parlé des polluants chimiques dans l’alimentaire et dans la cosmétique depuis 10 ans, mais peu de choses ont finalement été dites spécifiquement sur le maquillage de madame tout le monde. Que peut-on relever de regrettable dans ses formulations ?
HJ : le plus gros problème, ce sont les colorants azoïques, qui se trouvent d’ailleurs être les mêmes que ceux que l’on utilise pour teindre les vêtements. Ils ont un potentiel allergisant, mais ont surtout le grand désavantage de s’accumuler dans nos tissus gras, avec tous les inconvénients graves que chacun connaît. Aujourd’hui, les autorités sont conscientes de ce qui se passe, et ce n’est pas un hasard si dans les trois dernières années, la Communauté Européenne a interdit la moitié de ces colorants.
J : il est important de signaler que c’est justement parce que des gens comme Hans-Jürgen sont arrivés à trouver d’autres solutions que les choses ont évolué. Les plus toxiques parmi les colorants azoïques ont pu être retirés, parce que les autorités savaient qu’il y avait une alternative. Mais c’est comme pour l’amiante, il a fallu attendre trente ans !

Tout va donc mieux aujourd’hui ?
J : je te laisse juger… J’ai récemment lu un dossier de la revue ÖKOTEST : j’ai été frappé de voir que les trois quarts des produits maquillage testés étaient mal notés à cause de la présence de paraffine. Je croyais qu’elle avait disparu… Mais non, elle est partout ! De même pour les silicones. Il est vrai que l’une comme l’autre pose avant tout des problèmes environnementaux, à une nuance près : une femme qui utilise quotidiennement un rouge à lèvre en mange un bâton par an… or on sait que la paraffine aussi s’accumule dans le corps.

maquillage-sante5Que peut-on dire d’un problème qui avait été soulevé par les médias à une époque, celui de l’utilisation de produits animaux comme les graisses de baleine, etc…
HJ : concernant les animaux à sang chaud, ce sont de vieilles problématiques. Nous n’en sommes plus là.
S : la pétrochimie est là. Elle a permis de remplacer le squalane comme d’autres produits animaux, et ce d’autant plus facilement qu’elle est moins coûteuse.
J : on a parlé des animaux à sang chaud. Mais on doit signaler que le carmin utilisé en bio comme ailleurs est issu du monde animal, puisqu’on l’obtient à partir de la cochenille. Sans lui, on ne peut pas obtenir de rouge naturellement vif. Les consommatrices qui n’en veulent pas doivent donc apprendre à se passer de cette nuance.

Au-delà de ce cas précis, il y a une grosse problématique vegan* avec la cosmétique et le maquillage. Des tests sur animaux, par exemple, sont-ils pratiqués en matière de cosmétique conventionnelle ?
HJ : ils sont maintenant interdits par la Communauté Européenne. Mais on se trouve devant un paradoxe : les tests sont interdits sur les produits cosmétiques finis, comme un rouge à lèvre ou un mascara, par exemple. Mais pas sur ses composants… Et ce d’autant plus le programme REACH oblige les fabricants à prouver que chaque ingrédient employé est inoffensif. Et pour le prouver, il faut notamment procéder à des tests, parfois sur animaux… C’est un paradoxe.

* Le véganisme est un comportement de consommation qui consiste à essayer de vivre sans exploiter les animaux.

Beaucoup de produits ne sont donc plus utilisables, faute de cette preuve ?
HJ : effectivement, on peut estimer qu’un tiers des ingrédients aujourd’hui utilisés vont disparaître, tout simplement parce que personne ne voudra payer pour prouver leur innocuité. Une problématique qui concerne malheureusement aussi les produits naturels, et c’est une difficulté pour nous. Si nous trouvons un bon émulsifiant naturel par exemple, nous ne pourrons pas l’incorporer à nos formulations : personne n’aura suffisamment d’intérêt pour mener les coûteuses études qui permettront de prouver officiellement qu’il n’a pas d’inconvénients.
J : c’est la même problématique qui s’était posée avec le purin d’ortie, qui fait des merveilles en jardinage bio et s’était pourtant vu être interdit. Le produit n’étant pas commercialisé, personne n’avait de bonnes raisons de payer pour l’étudier…

Le maquillage bio

maquillage-sante22On peut clairement dire que les marques allemandes ont été novatrices dans notre milieu, et que parmi elles Logona a posé les règles de la cosmétique bio d’aujourd’hui. Est-ce le cas pour le maquillage ?
HJ : probablement, mais ce pour quoi nous avons avant tout œuvré, c’est la transparence envers le consommateur concernant les formulations, qui est devenue obligatoire. Avant, chacun faisait n’importe quoi, et disait ce qu’il voulait en toute impunité. Aujourd’hui, même les polluants comme les métaux lourds sont identifiés.

Alors, ces premiers produits maquillage bio ?
HJ : ce fut une entrée forcément progressive. Dans les années 70, introduire le maquillage dans le monde du bio aurait été une provocation ! Même le premier sucre bio a été une provocation, dans un milieu où le sucre n’avait pas bonne réputation. Il en fut ainsi également pour la viande bio, le café bio, l’eau-de-vie bio ou les produits bio pour animaux… Logona a donc simplement amené quelques produits comme des fonds de teint, poudres compactes, et des crayons en bois en remplacement des rouges à lèvres. Des débuts importants, puisque c’est depuis cette période qu’on trouve des cires nutritives dans les formulations. Ce travail de recherche d’alternative a pris beaucoup de temps. C’est d’ailleurs le fait d’une personne qui s’est battu pour cette idée, et qui a dû patiemment défricher pour y arriver. Après, le reste a suivi.
S : il en découle un grand principe de Logona et  : le maquillage est aussi un réel soin. Les crayons à lèvres, par exemple, sont hydratants, comme les fonds de teint sont aussi de véritables crèmes de jour, etc…

Y a-t-il des informations à connaître concernant les conservateurs en maquillage ?
J : c’est une des grandes spécificités des gammes Logona et  que de ne pas avoir recours à des conservateurs, même ceux qui sont autorisés en bio.
HJ : nous avons suffisamment d’expérience sur la cosmétique pour faire face aux difficultés qu’on peut rencontrer avec le maquillage. Nous avons mis une quinzaine d’années pour apprendre à travailler sans conservateurs et c’est un acquis aujourd’hui, aussi bien en cosmétique qu’en maquillage. C’est d’ailleurs plus simple pour le maquillage, car l’eau n’est pas souvent présente dans les formulations. La vraie difficulté est plus dans le choix des textures, des couleurs.

maquillage-sante6Les certifications ont été difficiles à mettre au point pour la cosmétique. Et pour le maquillage ?
J : la difficulté vient de la certification française : pour qu’un produit soit certifié bio, il faut qu’il contienne un certain taux d’ingrédients végétaux. Mais comment faire si ce produit est majoritairement minéral, ce qui est souvent le cas pour le maquillage naturel ? !

Bon… On va maintenant évoquer ce qui intéresse certainement le plus nos lectrices, les produits et leur application. Avec une petite introduction sur la marque SANTE, qu’on connaît peu…
J :  SANTE est une marque historique des années 80. Son histoire était assez liée aux produits coiffants. Puis les 2 créateurs de cette marque se sont rapprochés de Logona, plus spécialisée en cosmétique. Les deux ont aujourd’hui fusionné, et c’est maintenant une très jolie histoire, celle de ‘Logona and Friends’…
S : le grand avantage de SANTE est de pouvoir s’adapter à toutes les envies. La gamme a un côté glamour, fun, et se veut facile d’utilisation.

Le teint

maquillage-sante8En quoi le fond de teint bio est-il un produit différent ?

HJ : dans l’application, il ne l’est pas. Dans sa formulation, il l’est vraiment. Notre base est pratiquement une crème de jour, c’est un produit de soin. Puis on ajoute un ou plusieurs pigments. Ce peut être de l’oxyde fer, qui donne un teint mat et satiné, du dioxyde de titane, qui au contraire blanchit la peau et la couvre, ou du mica, qui reflète. C’est l’équilibre entre ces trois pigments qui donne le résultat.
J : pour la teinte générale, il faut retenir que tout pigment joue avec la lumière, il ne donne pas toute la couleur et varie selon le teint de chacun.
S : le rendu du fond de teint SANTE est exactement le même qu’avec un produit conventionnel : le fini est lumineux et donne du velouté, adapté à toutes les circonstances : jour, nuit, photos, défilés de mode…

Certains fonds de teint conventionnels utilisent aujourd’hui les pigments minéraux et s’en prévalent. Que faut-il en penser ?
J : il y a effectivement une tendance marketing aujourd’hui autour de ces pigments minéraux. Ça peut être bien. Mais dans quels supports ces pigments sont-ils intégrés ?

On conseille souvent de mettre une crème de jour avant un fond de teint. Dans le cas présent, est-ce indispensable ?
S : notre fond de teint est à base de jojoba et agit comme une crème hydratante. Il reste néanmoins important d’utiliser une crème de jour adaptée avant le fond de teint. En effet chaque type de peau a des besoins spécifiques auxquels un fond de teint ne répond pas forcément.

maquillage-sante7Combien de fonds de teint proposez-vous ?
HJ : trois. Il faut noter que les teintes qu’on a aujourd’hui grâce à ces pigments n’existaient pas il y a dix ans.
S : pour ne pas se tromper au moment du choix, je ferais volontiers un rappel de ce que l’on constate : beaucoup de personnes ont tendance à acheter un fond de teint pour donner l’apparence du bronzage, et choisissent une teinte plus foncée que leur couleur naturelle. Il me semble préférable de choisir un fond de teint de la même couleur que sa peau, voire très légèrement plus clair, ce qui donnera un rendu beaucoup plus naturel, apportera de la lumière et permettra de mettre en valeur le maquillage.

Avec un fond de teint aussi parfait, le néophyte se demande alors pourquoi avoir recours au correcteur de teint, que vous proposez aussi…
S : ce sont des crayons, ils sont géniaux ! À l’origine, ce type de produit était très développé dans le monde du cinéma et chez les photographes. Ils permettent de corriger les petites imperfections, « sans en mettre des couches ». Le principe, c’est de composer avec les couleurs complémentaires. Un vert olive par exemple est parfait pour neutraliser une tache rouge, de manière très naturelle (démonstration concluante). Autre exemple, le N° 1, très proche d’une couleur peau, permet d’agrandir les paupières. Ce type de produit a été inventé par une très grande marque de couture française qui le vend aux environs de trente euros. À qualité comparable, nous sommes chez SANTE au tiers de ce prix.

correcteur

Comment fabrique-t-on un tel produit ?
S : avec des cires végétales, (carnauba, candelila), de la cire d’abeille, de l’huile de jojoba et des pigments minéraux. Une composition qui doit permettre l’étalement, à la différence d’un rouge à lèvre par exemple.

maquillage-sante9On termine ce qui concerne le teint avec la poudre… Composition ?
HJ : une base de talc, un peu d’huile, de l’oxyde fer et un peu d’huile essentielle non allergisante, pour que ça sente bon !

Crème de jour, fond de teint… Est-ce que la poudre est l’indispensable troisième couche ?
S : la poudre a plusieurs utilisations, et ce devrait être le produit le plus utilisé en maquillage. En premier lieu, elle fixe le fond de teint, qui peut ainsi tenir toute la journée. En second lieu, la poudre matifie et donne un teint velouté. En clair, elle évite de briller, l’effet le plus redouté par toutes les femmes… Autant le fond de teint donne de la lumière, autant la poudre évite de la réfléchir. Il y a quatre teintes : la première veloute et matifie sans donner de couleur, elle est transparente. La deuxième est également assez neutre, destinée aux peaux plus mates. Les deux dernières sont ce qu’on appelle des « terra cotta », des « poudres de soleil », pour celles qui recherchent un effet bronzé.

C’est donc exclusivement cette poudre qui donne ce teint bronzé, puisque tu nous as expliqué que ce n’est pas le fond de teint ?
S : oui, et j’insiste : pour celles qui recherchent un aspect naturel pour ce teint hâlé, il est préférable de privilégier un fond de teint clair, et d’appliquer les poudres N° 3 ou 4.

Peut-on poudrer directement sur la crème de jour, sans passer par la case fond de teint ?
S : tout à fait, pour celles qui ont naturellement un joli teint.

Les yeux

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Doit-on commencer par l’œil gauche, ou par le droit…?
S : on commence par les sourcils… Ils définissent le cadre du visage, c’est lui qui mettra les yeux en valeur. Nous proposons deux crayons à sourcils : le premier est couleur « taupe », pour les blondes, l’autre tendance « chocolat » pour les brunes. Le crayon à sourcils est plus sec que les autres. On ne l’emploie pas en long trait, car c’est une technique qui donne un côté « années folles », avec des sourcils hauts et un regard très étonné, mais plutôt en petites touches dans l’intérieur du sourcil. Il y a un double embout sur ce crayon, avec la couleur d’un côté, et une petite brosse de l’autre qui permet d’unifier pour donner un aspect très naturel. Deux en un, très pratique !

Quelques éléments de composition intéressants ?
HJ : des cires et des pigments toujours, mais pas d’huile de jojoba, remplacée par de l’huile de coco et de la « castor oil », plus appropriées.

Ohhh… De l’huile de castor ? Quelle horreur !
J : la « castor oil », on ne cessera de le rappeler, est une huile végétale, puisqu’il s’agit de l’appellation internationale de l’huile de ricin !

Que dire du bois du crayon ?
HJ : ce n’est pas du faux bois en plastique, comme on en voit apparaître souvent, mais du cèdre, issu de forêts renouvelées et certifiées FSC.

maquillage-sante11L’objet mignon, le fard à paupières…
S : nous les proposons par trois couleurs, qui permettent des dégradés. Chaque utilisatrice a le choix entre six trios. Les couleurs sont très actuelles ; j’ai un petit coup de cœur pour le numéro 6 et ses couleurs « smokées », gris, cendre, chocolat, très au goût du jour. Pour les autres, les verts sont plutôt kaki, puisque la couleur « herbe » ne se porte plus trop. Les bleus sont tendres, plutôt « jean », et assez éloignés des bleus électriques des années 80…

Le crayon contour des yeux ?
S : le but est d’agrandir l’œil. Pour avoir des « yeux de biche »… Double embout aussi, avec le crayon d’un côté, et un estompeur de l’autre, qui permet un trait moins affirmé, pour celles qui le souhaitent.

Un estompeur… Une gomme, quoi !
S : plutôt une mousse, très douce… Il y a huit couleurs. Ces crayons ont un petit côté gras pour une application facile, et tu te dois de savoir pour être un véritable spécialiste que c’est ce qu’on appelle le kajal, un produit d’origine indienne. Pour un maquillage discret, il permet un simple petit trait couleur anthracite ou chocolat, à appliquer à l’angle de l’œil, sur les paupières, sur la frange extérieure des cils.

Les crayons fard à paupières… est-ce le début, ou la fin du maquillage des yeux ?
S : on aurait effectivement pu commencer par-là ! Ils sont faits pour les personnes qui souhaitent un maquillage des yeux très simple, ou qui n’ont pas encore développé une culture du maquillage. Les jeunes filles qui n’ont pas été guidées pour leur apprentissage, par exemple, l’appliqueront très facilement et avec bonheur. On peut en avoir un ou plusieurs, et les mélanger…

L’eyeliner… Quelle différence avec un crayon ?
S : le crayon a un aspect gras. L’eye-liner est liquide, il n’est pas gras et tient très bien. On peut danser jusqu’à 3 heures du matin, ça ne bouge pas ! Son application demande un peu plus de dextérité. Il y en a trois. Un noir, classique, un marron et un gris argenté avec des variantes nacrées, brillantes, que j’aime beaucoup.

 

Les cils, les joues

maquillage-sante15On en arrive à ces fameux mascaras, qui font beaucoup parler concernant le bio…
S : oui… Disons qu’il s’agit du seul produit de maquillage bio qui n’a pas tout le confort d’un mascara conventionnel. Il ne contient ni silicone, ni paraffine, et ne peut donc pas être waterproof. On en propose deux, l’un étant plus spécialement destiné à allonger les cils, c’est l’« endless lashes ».
J : on retient trop facilement le petit mécontentement sur le côté non « waterproof »… Mais seuls 20 % des mascaras vendus en conventionnel le sont ! Et il se trouve que le nôtre, qui ne l’est donc pas, est le produit qui se vend le mieux dans notre gamme…
HJ : un mascara waterproof, c’est pratiquement un vernis sur les cils… Pour l’enlever il faut une grosse artillerie de produits pas toujours sympas. Le mascara SANTE tient moins bien, c’est un fait, mais il présente l’avantage de s’enlever facilement et sainement.

Qu’en dire techniquement ?
HJ : c’est un produit vraiment, vraiment très difficile à mettre au point… Il faut tenir compte de la matière, de la facilité d’application, du temps de séchage qui ne doit surtout pas être trop court, et coûte que coûte pas trop long… On ne cesse de chercher et de tester. Disons honnêtement que nous sommes satisfaits de ce que nous avons fait, mais que le mascara est comme un chemin, sachant que le but n’est jamais atteint !
S : même avec l’aide de la chimie, les fabricants conventionnels ont du mal… Si on observe bien, c’est d’ailleurs le seul produit sur lequel ils ne cessent d’innover, et de le faire savoir.

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Quelle histoire… Bon, les joues, ça doit être simple, non ?
S : il s’agit de mettre en valeur les joues et donc de modeler le visage avec un sympathique effet bonne mine. Nous avons trois fards à joues. Sachant que le deuxième petit nom du fard à joue, c’est le blush. Une petite astuce : lorsqu’on hésite entre les trois, il faut savoir que le N° 1, un « terra cotta », convient à tout le monde. Pas d’erreur possible ! Le 2 est un peu rosé, plus spécifiquement conseillé pour les blondes, et le 3 est plutôt fushia, plutôt destiné aux brunes.

Les lèvres

Pour bien présenter le crayon double, il serait bon de redéfinir en quelques mots les différents produits existants pour les lèvres…
S : – le gloss colore peu, mais donne un aspect très brillant. C’est le produit jeune par excellence. Il donne un effet brillant, mais plutôt nature au bout du compte.
– le rouge à lèvres est plus classique. L’effet est plus marqué, plus couvrant.
– et notre crayon double est entre le gloss et le rouge à lèvre… Il est un peu couvrant, un peu brillant… Plus transparent que le rouge à lèvre, plus coloré que le gloss… c’est un bon compromis. S’il n’en faut qu’un, c’est ce crayon, sachant qu’il dispose de deux côtés distincts : l’un est ce très pratique substitut au rouge à lèvre, l’autre permet de renforcer l’effet sur le bord des lèvres, de les repulper. Je dirais d’ailleurs que ce crayon double reflète un peu l’esprit de cette gamme SANTE, pour un maquillage de jour simple et rapide.

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On revient sur le gloss et son effet très actuel… Fait-il appel à des ingrédients novateurs ?
HJ : c’est là encore un produit difficile à faire, si l’on veut qu’il soit à la fois souple et peu gras : deux composants nous ont aidés, la lanoline et une cire végétale que l’on trouve sur une baie, qu’on l’appelle « cire du Japon ».

glossCe produit a-t-il fait ses preuves du côté de ses jeunes utilisatrices ?
S : vraiment, d’autant plus qu’il est proposé en petit pot ; ce contenant convient parfaitement aux jeunes qui apprennent à se maquiller, souvent sans pinceau. Le bout du doigt convient bien, pour une utilisation qui a un aspect très gourmand…
J : le mot gourmand ne convient par contre pas aux gloss conventionnels, qui contiennent de la paraffine !
S : sachant que la paraffine dessèche, et que plus elle dessèche, plus on met de gloss, etc… Tout le contraire de notre gloss bio, qui hydrate.

Les rouges à lèvres à présent ?
S : sans paraffine bien sûr, et nous n’avons pourtant rien à envier aux autres rouges à lèvre en terme de confort, de tenue, de couleur, de parfum, ni même de goût… car cet aspect-là n’est pas négligeable, on le sait. Le nôtre est un peu vanillé.

maquillage-sante18Et les couleurs ?
S : on dispose de 20 nuances. Trouver son rouge à lèvres est difficile ! Les numéros 12 et 13 seront très intéressants pour les indécises, car ils conviennent pratiquement à toutes. Les femmes qui veulent éviter le carmin choisiront entre les numéros 11, 17 et 18.

Jürgen, proposes-tu les teintes bleu ou vert, histoire de faire honneur au nom de ton entreprise ?
J : ce n’est plus trop à la mode. On avait du bleu il y a peu de temps encore, mais on doit reconnaître aujourd’hui qu’on le vendait peu, si l’on excepte un léger pic avant Halloween…
S : profitons-en pour oser un petit conseil. Il est difficile de valoriser à la fois les yeux et les lèvres. Le résultat fait souvent un peu poupée Barbie… On incitera volontiers une femme à mettre en valeur ce qu’elle a de mieux dessiné.

maquillage-sante19Au niveau du prix des rouges à lèvre, on trouve de tout sur le marché…
HJ : la plupart des petites marques sous-traitent ce produit. Dans notre cas, nous faisons tout de A à Z. Cela nous a permis d’imposer des normes à nos fabricants de pigments concernant l’absence de métaux lourds, une exigence qu’ils n’avaient pas auparavant. La difficulté est souvent dans le détail, notamment concernant les pollutions.

Que peut-on dire sur le plastique qui entoure beaucoup de vos produits, comme les fonds de teint par exemple ?
HJ : gros sujet. On s’interdit bien sûr le PVC, qui contient du chlore, et les mélanges de plastiques, qui rendent l’ensemble moins recyclable. Nous utilisons du polyéthylène haute densité, entièrement recyclable et utilisable à nouveau sous forme de polyéthylène. Nous travaillons beaucoup sur de futures matières végétales. Sur 4 matières actuellement en test, aucune n’est définitivement satisfaisante, notamment à cause des huiles essentielles qui peuvent les dégrader. D’ici 2 ans, nous devrions avoir résolu tous ces problèmes. Quant à nos cartons, ils sont tous obtenus à partir de papier recyclé.

 

Les ongles

maquillage-sante21On en arrive au vernis à ongles… Enfin un peu de chimie !
S : alors… Nos vernis sont fabriqués sans phtalates, sans toluène, sans formaldéides. Ce sont les seuls vernis qui ne contiennent pas ces composants chimiques, parmi les plus toxiques dans les formulations conventionnelles. Il y a toutefois un ingrédient regrettable dans la formulation, mais qu’on ne peut pas contourner actuellement, c’est un solvant. Si on le retire, le vernis ne sèche pas, et il ne tient pas.
HJ : il est bon de rappeler que les formaldéides sont utilisés comme durcisseur, et qu’on en retrouve jusqu’à 20% dans un vernis conventionnel. Nous les remplaçons par un alun. Mais concernant les solvants, nous travaillons beaucoup sur un projet de vernis totalement naturel à base de myrrhe et de shellac, une gomme-laque naturelle qui est très utilisée en ébénisterie comme en lutherie. Nous sommes sur ce dossier depuis près de 10 ans, et nous devrions pouvoir finaliser dans des délais raisonnables.

Disposez-vous d’un gros service recherche et développement ?
HJ : en interne, nous avons 30 personnes dévolues à la qualité, dont 12 spécialisées en recherche et développement. Mais nous sollicitons aussi des entreprises partenaires très spécialisées.

maquillage-sante20Sophie… 20 coloris pour les ongles, comment s’y retrouver ?
S : du N° 1 au N° 5, on a de très belles formulations pour un rendu assez naturel. De 6 à 10, ce sont des vernis nacrés. De 11 à 15, on est sur des couleurs métalliques, et de 16 à 20, ce sont des laques.

Pour enlever ce vernis ?
J : ah, là, on termine avec un super produit, notre dissolvant entièrement naturel et bio à 80 %. Alcool, huile de ricin, huile essentielle d’orange… Hans Jürgen en est très fier ! Juste un petit détail technique : il n’agit pas immédiatement. Il faut imbiber un coton, et le poser sur l’ongle une dizaine de secondes. Dix secondes agréables, puisque le produit sent très bon. De plus, il enlève à merveille tous les vernis, y compris les plus chimiques.

Quelque chose à ajouter ?
S : il n’y a quasiment pas de marketing sur une gamme comme celle-ci. De ce fait, nous sommes sur des prix qui sont vraiment très modérés, au regard de la qualité.

Bravo, et merci pour votre patience ! Hans-Jürgen, Jürgen, quel intérêt un homme trouve-t-il à travailler dans le domaine de la cosmétique ?
HJ : pour moi, c’est l’idée d’un défi permanent ; et le fait d’être un peu comme un explorateur qui a encore la possibilité de découvrir des terres vierges.
J : Bleu-Vert, notre entreprise, est extrêmement mixte tant au niveau des origines que de l’âge. Il en va donc de même pour la répartition hommes- femmes : un peu de présence masculine dans un univers féminin me semble de nature à conforter le bon équilibre de notre écosystème !

Je sais que vous vous êtes tous trois préparés pour répondre à notre question sur le livre, le disque et le tableau que vous aimeriez citer. C’est à vous !

Hans Jürgen
– pour le tableau, sans hésiter Picasso, toutes périodes confondues. Il est multiple, et toujours abouti (Petit aparté de Jürgen : Hans Jürgen a fait des études d’Art, et se destinait à être peintre).
– le livre : Abysse, de Frank Schätzing. Un roman écolo dans lequel la mer se rebiffe… Et elle est très, très puissante…
– pour la musique, ce sera celle de ma jeunesse : Manfred Mann, Jethro Tull, The Who, Genesis…

Jürgen
– je citerais le dernier livre que je viens de lire, de l’historien libanais Amin Maalouf, Samarcande. Une longue fresque dans le temps, qui va de de la grande ère de l’Islam du XIe siècle, jusqu’au Titanic.
– pour le tableau, un dessin de Keith Haring. Ça semble très simple, mais il utilise une symbolique assez subtile ; il y a beaucoup d’optimisme dans ce qu’il a fait, c’est très gai.
– question musique… Un de mes collaborateurs, David, vient de me faire découvrir Radiohead, que j’aime beaucoup. Cette voix haut perchée, ces structures…

Sophie
– les livres seront ceux de JK Rolling : Harry Potter… Je suis une fan, je les ai tous lus 5 fois ! L’histoire est vraiment bien trouvée, et l’écriture s’est affinée au fil des épisodes. Le récit est empli de métaphores qui me parlent. À la lecture de certains tomes, je ris à chaque page… J’ai vraiment vécu avec ces livres pendant dix ans.
– pour le tableau, il sera de Klimt. Ses empilements, ses couleurs dorées…
– un disque de Muse ; le dernier notamment, « Résistance ».

JM