La sève de bouleau

Initialement publié en mai 2002

BOULEA-1La sève de bouleau est un excellent draineur, une bonne réponse aux problèmes articulaires et un fortifiant du système osseux. Il en sera question plus en détail dans ce reportage, mais nous n’aborderons pas pour autant ce suc sous un unique aspect thérapeutique : sa consommation relève d’une pratique ancestrale qui a fait ces preuves empiriquement, et c’est sous le signe d’un lien à la nature profond que Jean Pierre Gayral a choisi de la faire redécouvrir.

27 mars : belle journée sur la vallée de Champoléon, à proximité de Gap, dans les hautes Alpes. A la nuance près que cette formule toute faite se révèle bien insuffisante pour décrire la joie que procurent la vision des sommets toujours enneigés en ce printemps naissant, la beauté des arbres qui s’apprêtent à verdir, la douceur de l’air qui déjà tiédit. La matinée s’annonce sympa, le casse-croûte probablement en plein air et l’événement de ce premier semestre ne sera ni l’élection présidentielle, ni la coupe du monde de football mais bel et bien le retour des beaux jours, cette année encore.
Et cette année encore la sève se répand massivement dans les arbres, principalement dans le bouleau qui nous concerne aujourd’hui… Massivement étant bien le terme approprié, puisqu’il en monte, tenez-vous bien, plus de deux cents litres par jour dans un arbre de quarante ans ! Cette sève est le liquide nourricier des bourgeons et des jeunes pousses de l’arbre, elle monte sous l’effet de la différence de potentiel électrique entre ciel et terre, et ce pendant un mois.
Un mois à raison de deux cents litres par jour, c’est donc plus de six mille litres de sève qui viendront nourrir un seul arbre. Lequel ne croulera pas pourtant sous le poids du liquide accumulé, rassurez-vous : une bonne partie s’évapore, bien sûr.

La pratique qui consiste à prélever ce liquide est ancestrale. Des écrits relatent qu’elle existait déjà il y a trois mille ans chez les populations nordiques, lapones, slaves, scandinaves… Il suffit de perforer l’arbre après l’écorce et l’aubier, soit un trou de trois centimètres de profondeur pour 8 millimètres de diamètre. Une petite canule guide le liquide au goutte à goutte jusqu’au récipient qui le recueille, et le tour est joué. Un principe similaire à celui qui permet d’obtenir de la sève d’érable, dont on tire le sirop tant apprécié.

Toute personne soucieuse de nature et de respect de la vie se demande bien entendu si le prélèvement de la sève ne nuit pas à la santé de l’arbre, ou tout au moins à la bonne croissance des bourgeons et jeunes pousses. La réponse est naturellement non, lorsque le travail est fait correctement. Jean Pierre Gayral soutire 5 litres de sève par arbre et par jour pendant une quinzaine, avant de passer à un autre tronc. Soit, pour les statisticiens, environ 2,5 % de la production de l’arbre sur la période concernée. Le trou est soigneusement refermé et l’arbre continue à bien se porter.

Le premier lieu de récolte pour la petite entreprise se situe sur les terres de Lucien Hugues, qui a lui-même planté ces bouleaux il y a une quarantaine d’années. Ce sont des arbres que l’on a toujours identifiés comme étant de la variété Betula Alba. Jusqu’au moment où un botaniste a fait savoir qu’il s’agit en fait de Betula Pendula. Toute vérité scientifique serait donc caduque ? La tradition, elle, subsiste.

BOITE-SEVE-BOULEAUDe très bons rapports unissent Lucien et Jean Pierre, qui concrétisent le bon esprit de voisinage qui doit prévaloir pour ce type d’exploitation. C’est également le cas avec la commune de Champloléon, qui met à disposition de l’entreprise les arbres de la forêt communale à 1350 mètres d’altitude, un peu au-dessus des terres de Lucien Hugues. Les bouleaux ont ici poussé au milieu des sapins dans un très joli petit bois, à proximité d’un cours d’eau. L’occasion pour Jean Pierre et ses équipiers Flore et Roger de se rendre utiles à la commune en nettoyant les alentours que de bien peu respectueux promeneurs salissent à l’occasion de pique-niques.
Et cette sève, comment est-elle ? Translucide, fraîche et agréable. On dirait l’eau la plus pure, impression qui se confirmerait en bouche si une très légère trace de douceur ne venait révéler les 0,4 % de sucre que contient le liquide. On mentionnait tout à l’heure le sirop d’érable, il est tout aussi possible de tirer un tel sirop du bouleau. Mais le faible taux de sucre que renferme la sève rend son exploitation peu rentable. Par contre, il existe un bien agréable “Champagne de bouleau” que l’on obtient après avoir rajouté du sucre et laissé fermenté, selon une recette traditionnelle.

Cette fermentation n’est bien entendu pas souhaitable lorsqu’on cherche à profiter des atouts santé du bouleau, ce qui explique le recours à la pasteurisation qui est effectué avant l’embouteillage chez les Gayral. Non sans avoir adjoint auparavant un autre produit local, du jus d’argousier, qui permet d’acidifier une sève légèrement basique à l’origine, et du jus de pomme, afin de la rendre plus parfumée.

Le produit ainsi obtenu peut donc être consommé toute l’année. Son action est remarquable en cas d’arthrite, d’arthrose ou de tout rhumatisme goutteux, puisque la sève permet notamment d’éliminer l’acide urique. Elle donne de bons résultats également en cas de lithiase rénale ou biliaire (calculs), une abondante littérature en atteste. Quant à ses capacités dépuratives, elles se rendent utiles à chaque changement de saison ou en cas de régime minceur, mais également par l’assainissement de la peau que procure
la sève.
Il s’agit là toutefois d’une vision bien morcelée de son utilité, que l’on peut voir autrement : il se trouve que la sève de bouleau contient beaucoup de silice, un oligo élément rare dont le rôle concernant le maintien de la vie semble universel et quasi mystique. Rudolf Steiner voyait la silice comme le “transistor de la vie”. Peu importe ce que chacun peut mettre derrière une telle expression. Les populations qui consomment la sève de bouleau depuis des siècles ressentent certainement le lien profond à la nature, pour ne pas dire au cosmos, qu’établit la consommation de sève de bouleau.

Mais place à des réalités plus terriennes : le casse-croûte fut bien consommé en plein air. Un vrai de vrai, avec Côtes du Ventoux, jambon et terrine Rostain, fromage des Alpes…

BOUTEILLE-SEVE-BOULEAULe printemps, c’est vraiment bien. Et le pâté, c’est vraiment bon… Surtout en excès ! Attitude bien peu responsable, certes, mais c’est la joie qui l’emporte… Et puis nous repartirons avec une bouteille pleine de sève de bouleau. Fraîchement recueillie. Pure, vibrante, bienfaisante.

De quoi éliminer les toxines…

La cure de sève de bouleau

Un demi-verre le matin pendant quinze jours.
De manière régulière en cas de besoin.

Garanties

AB, avec mention Nature et Progrès.
Radio activité : suite à mesures effectuées par la CRII-RAD, non détectée.

La lotion capillaire

L’usage de la sève de bouleau sur les cheveux relève lui aussi d’une utilisation traditionnelle.

Cette lotion convient à tous types de cheveux et ne se rince pas. Son action est bénéfique pour les cheveux, mais également pour les cuirs chevelus à problèmes.

JM