La sève de bouleau Fée Nature – Boire la forêt

Initialement publié en mars 2018

 

Récolter et consommer de la sève de bouleau au printemps, sous forme de cure : voilà une pratique pas toute jeune que les consommateurs de produits bio honorent un peu plus chaque année, avec joie et rigueur. Mais son but avoué (avec un D comme Détox) ne serait-il que l’arbre qui cache la forêt ?

Un peu, mon neveu ! Car boire un grand verre de sève de bouleau est en vérité bien plus qu’un exercice de dépuration ou une prise de minéraux en intraveineuse. Sat’info s’en est allé percer le secret auprès David Clément, récoltant de sève de bouleau à la marque Fée Nature à Aspet, dans les montagnes pyrénéennes.

Il faut croire que nous tombions pile poil, notre fée barbue s’affairant justement à brancher ses tuyaux sur les troncs de bouleaux en pleine dormance hivernale. En trois mots et un franc sourire, l’aspect mystique de la chose nous est ainsi délivré : boire de la sève de bouleau, c’est boire la forêt ! Tout simplement. C’est pourtant peu de le dire, tant quelque chose se passe dans notre organisme à la descente de la première gorgée de cette eau végétale : quelque chose d’actif qui circule, comme une forme, palpable, de vie en mouvement. Le sang neuf des arbres qui puissent l’eau de la terre et renaissent à la vie… Amen !

La plupart consomment la sève de bouleau comme un alicament, convaincus de ses vertus réelles (dépuration, richesse en calcium, magnésium et potassium) ou supposées (si rien n’est scientifiquement démontré, beaucoup a été dit sur l’intérêt de la sève de bouleau pour le système osseux, l’assainissement de la peau ou encore les problèmes articulaires). David Clément, lui, la déguste comme n’importe quelle autre boisson végétale, en guise d’alternative à l’eau, au jus de fruit ou au lait de soja, pour le plaisir de sa saveur tantôt boisée, tantôt citronnée. De la cure printanière, il n’a que faire : chez lui comme chez beaucoup d’entre vous, la sève de bouleau, c’est toute l’année dans le frigo ! La pasteurisation, ou plutôt l’embouteillage à chaud, que subit la sève Fée nature, permet cette consommation annuelle sans que sa teneur en minéraux ne soit altérée d’une quelconque façon (analyses probantes à la clé).

Cette sève, David Clément a appris à la recueillir exactement comme on l’imagine, auprès d’un vieux bonhomme croisé dans une forêt de l’Ain, sorte de druide initiateur féru de plantes, il y a quinze ans de cela. Aujourd’hui, plus question d’amateurisme : c’est avec le meilleur équipement venu du Canada et mis au point pour la sève d’érable, qu’il récolte celle des bouleaux.

Du boulot, parlons-en : de janvier à juin, ça ne chôme pas ! Deux mois pour installer la tuyauterie, deux autres pour la récolte, et deux encore pour désinstaller et nettoyer tout le matériel. David Clément annonce la couleur : en mars-avril, l’excitation est à son combe ; c’est la guerre ! Il faut prélever, mettre en boîtes, entretenir les tuyaux… Sept jours sur sept et vingt heures sur vingt-quatre, tout cela pour que vous trouviez de beaux bibs de cinq litres chez Sato dans les 48 heures qui suivent la récolte.

Un équipement de pro, un travail technique et passionné : c’est l’équation qui a porté Sato à choisir Fée Nature pour approvisionner l’ensemble de ses magasins, exception faite de ceux disposant d’un très bon fournisseur local juste à portée de goulot.

La sève est la nourriture des arbres. Vides de leur eau, rendue à la terre à l’automne, dépourvus de leurs feuilles, ils pompent l’eau du sous-sol au printemps pour nourrir leurs bourgeons. La montée de sève stoppe dès que les bourgeons commencent à fleurir. La qualité des sols est ainsi la clé de la pureté de cette dernière : attention à celle récoltée dans les plaines, où les nappes phréatiques sont ce qu’elles sont… Les sols de Fée Nature sont ceux de forêts sauvages d’altitude, situées entre 800 et 1200 mètres sur des parcelles de 50 à 200 hectares. Toute une partie du travail consiste à préserver et entretenir ces forêts. Comme une prise de sang, les tuyaux nord-américains prélèvent le précieux nectar au goutte-à-goutte, sans que cela affaiblisse les arbres que Fée Nature bichonne, pour certains, depuis plus de dix ans. Cette sève-là, c’est du sérieux ! Translucide comme de l’eau, avec un très léger goût de petit-lait. A ne pas confondre avec le jus de bouleau, très bon au demeurant, mais obtenu à partir d’une décoction des feuilles.

A votre disposition : des cubis de 5 litres et des bouteilles d’1 litre (consommables toute l’année). En cure, il est conseillé de boire un verre de sève de bouleau à jeun et un autre avant le repas de midi, soit environ ¼ de litre par jour. En-dehors, c’est vous qui décidez, dès qu’une envie de vitalité – ou de mysticisme – pointe le bout de son nez !

CC