La gelée royale de la Miellerie des Hurtières

Initialement publié en avril 2013

SATINFO_N_123_Page_04_Image_0003Les gentilles petites abeilles produisent beaucoup de bonnes choses pour leur collectivité. Les hommes prélèvent un peu de cette richesse pour leur propre consommation depuis toujours, sans dommage pour les ruches lorsque c’est bien fait. Ces produits sont le miel, le pollen et la propolis, tous d’origine végétale. Ces mêmes abeilles élaborent une quatrième substance que l’homme collecte également, mais depuis une soixantaine d’année seulement. Il s’agit de la gelée royale, qui diffère des trois autres par sa nature puisqu’elle n’est pas d’origine végétale.

Cette gelée royale est secrétée par deux organes situés dans la tête de l’abeille, les glandes hypopharingiennes et mandibulaires. Elle a pour vocation de nourrir d’une part et pendant trois jours les larves d’abeilles, celles qui deviendront “ouvrières”, et d’autre part la reine, qui elle en profite toute sa vie. Ce qu’on appelle “gelée” royale aurait donc tout à fait pu être nommé “lait”, si cette substance avait été blanche et plus liquide ; ce qu’elle n’est donc pas, puisque qu’elle est jaunâtre et que c’est une gelée, vous l’avez compris ! Bien qu’elle soit pourtant souvent qualifiée de “laiteuse”… Va-t-on y arriver ?

mielleriehurtieresPour une abeille, la gelée royale a des vertus proprement stupéfiantes, le mot n’est pas trop fort : qui peut en effet imaginer qu’un aliment permette à un être vivant de multiplier son poids initial par 1800 en trois jours seulement ? Eh bien c’est l’effet qu’a la gelée royale lorsqu’on en nourrit les larves d’abeille sur cette période. Mieux encore : lorsqu’une de ces larves, n’importe laquelle, est nourrie plus longtemps que les autres avec de la gelée royale, elle devient reine… Elle a alors un poids deux fois supérieur à celui d’une abeille ouvrière et vit en moyenne 50 fois plus longtemps, soit 4 à 5 ans, au lieu de 4 à 6 semaines. Tout ceci alors que le patrimoine génétique de l’ouvrière comme celui de la reine sont identiques. Il va sans dire qu’une telle substance ne pouvait laisser l’homme indifférent, et qu’il a cherché à en tirer profit pour sa santé, voire…

… voire pour sa longévité. Forcément, avec un tel argument, la bassesse commerciale a commencé à s’en mêler. D’abord parce que la gelée royale a été présentée dans un premier temps comme une potion de longue vie, ce qu’elle n’est pas. Mais ce n’est pas trop grave. Plus ennuyeux, le fait qu’elle soit chère a incité à la produire massivement et à moindre coût, ce qui fut malheureusement fait en Chine dès les années 1970 sans que le consommateur soit informé de cette nouvelle origine. Sa qualité a bien entendu baissé jusqu’à un seuil préoccupant, et son niveau de prix a tellement chuté que bien peu d’apiculteurs français ont pu continuer à en produire. Bilan au milieu des années 90 : on abreuvait la population d’une gelée royale dénaturée, produite à un coût 40 fois moindre, bourrée d’antibiotiques interdits en Europe, travaillée dans des conditions déplorables et transportée sans garantie quant à la continuité de la chaine du froid. Cette gelée royale était quasi morte, et la consommer ne rendait pas plus vivant…

Il a fallu la création en 1995 d’un groupement* à l’initiative d’une poignée de producteurs déterminés pour que les consommateurs puissent apprendre à faire la différence, et que la gelée royale française retrouve une place. Une toute petite place. Ceux qui lui font honneur aujourd’hui acceptent à nouveau de payer plus cher ce qui ne peut décemment et sérieusement exister à moindre prix.

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*Le Groupement des Producteurs de Gelée Royale francais, GPGR

 

La Miellerie des Hurtières

mielleriehurtieres3Nous voici à Saint Georges des Hurtières, en Savoie, à mi-chemin entre Chambéry et Albertville, côté montagne. Hannibal serait passé par là… Aujourd’hui, seule la sérénité règne sur un coteau magnifique qui semble vivre intelligemment de tourisme rural et de quelques productions locales. C’est là que se sont installés Audrey et Frédéric Petitjean, apiculteurs et producteurs de gelée royale, parmi les 65 qui adhèrent au Groupement évoqué ci-dessus.

Avant de se lancer en 2005, Audrey et Frédéric travaillaient dans l’industrie, en bureau d’étude. Quelques années à ce rythme, et vous connaissez la suite… La pression au quotidien, puis le besoin d’indépendance, l’envie de prendre en main son destin, de côtoyer la nature et de redonner un sens à tout ça… Mais encore faut-il que ça marche ! Tout se présentait bien pour que ce puisse être le cas. Audrey a grandi au milieu des ruches familiales, d’où une véritable passion pour les abeilles ; Frédéric, lui, est issu d’un milieu de cultivateurs, et tous deux sont aptes à rationnaliser un travail qui ne peut souffrir l’approximation.

Car c’est du boulot ! Un sacré boulot, précis, souvent répétitif, avec des journées qui s’étalent parfois de 8 heures le matin jusqu’à 2 heures… du matin, en saison. Allez vous étonner que la gelée royale soit quasi donnée dans les pays où la main d’oeuvre ne coûte rien !

 

Un leurre pour les abeilles, beaucoup de travail pour tout le monde

???????????????????????????????La gelée royale est secrétée par les abeilles pour nourrir les larves, ainsi que la reine. Si on prive la ruche de sa reine, les abeilles sont inquiètes et secrètent plus de gelée royale qu’il n’en faut, afin d’en faire “émerger” une nouvelle. Pour produire de la gelée, il faut donc créer artificiellement une situation d’absence de cette reine. Il y a quelques décennies, on la sortait réellement de la ruche, qui devenait en quelque sorte orpheline.
Aujourd’hui, la technique est plus douce : on fait en sorte que la reine soit de l’autre côté d’une grille, tout en restant visible. Mais sa réelle présence manque, ou son absence se fait sentir, ce qui revient au même…
Parallèlement, on insère une centaine de larves du côté des ouvrières, que celles-ci s’empressent de nourrir à la gelée royale en espérant élever une nouvelle reine, parmi elles, du bon côté de la grille… Cette abondance de gelée royale, il suffira de la recueillir. En jouant avec un leurre, les larves, on a stimulé l’instinct de survie des ouvrières.

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Voici pour le principe, et voilà en quatre étapes en quoi consiste le travail spécifique de la production, côté apiculteur :

– Avant de les soumettre aux abeilles, il faut insérer ces larves dans des minuscules coupelles, une par une, à la main. Un travail de greffe soutenu, qui nécessite quatre heures d’intense concentration à deux, tous les trois jours.
– Une fois que les abeilles ont rempli la coupelle de gelée royale, elles operculent celle-ci avec de la cire. Afin d’avoir accès à la gelée royale, il faut désoperculer ces coupelles à la lame de rasoir. Et hop, encore un joli paquet de travail minutieux.
– La gelée royale est enfin accessible ? Et bien retirons les larves avant de la recueillir ! Une attention que n’ont pas toujours eue tous les producteurs, partout dans le monde. On dira ça comme ça.
– On peut enfin récolter cette gelée royale, par aspiration. Gramme par gramme ? Même pas… Il faut vider trois opercules pour l’obtenir, ce précieux gramme.

Tout ça en plus du travail sur les ruches, des contraintes du bio concernant le traitement du varroa aux huiles essentielles, etc. Le simple fait de vous l’avoir décrit nous a épuisé…

 

Fraîche !

La gelée royale ainsi collectée est précieuse et fragile. Pour garder toutes ses propriétés, elle doit être conservée au frais. La garantie de fraîcheur constitue donc un des aspects clé de la qualité. Comment le consommateur peut-il s’en assurer ? C’est aujourd’hui possible, grâce au concours de l’Europe, de la science et du Groupement de Producteurs Français.
L’Europe, parce qu’elle finance des programmes de recherche et que sans son soutien, on n’aurait pas cherché longtemps… La science, parce qu’elle a mis en évidence une molécule indispensable de la gelée royale qui est un véritable marqueur de sa fraîcheur : le 10HDA. Pas de 10HDA dans la gelée royale ? Le produit n’est pas frais, et ne présente donc pas d’intérêt ; c’est aussi simple que ça. Le Groupement de Producteurs enfin, parce qu’il est capable de garantir le taux de 10HDA présent dans la gelée royale de ses apiculteurs adhérents et, par là même, des consommateurs.

On ne se privera pas de taquiner la gelée royale asiatique sur ce point-là… Beaucoup d’analyses ont été faites. Qu’y trouve-t-on, concernant le taux de 10HDA ? Un peu, beaucoup, à la folie ou ?…

Noooonnnn ???!!!…. Si.

 

Française

mielleriehurtieres4Rupture de la chaîne du froid après production, transport, attente en douane, le lot commun pour la gelée royale qui vient de trop loin. Nous voilà donc dans de beaux draps, à discréditer 98% de la gelée royale disponible en France, pour valoriser les 2% qui sont produits ici… D’aucuns suspecteront une attitude orientée, corporatiste ; nous répondons : pour sûr !
Reste à respecter cette vraie gelée royale fraîche, pure et française en la conservant à tous les stades de sa mise à disposition, puis à donner au consommateur l’opportunité de faire la différence. Le Groupement a longuement travaillé pour présenter sa gelée dans un écrin qui soit au niveau du précieux contenu. Il a conçu un étui en liège, du liège français, qui remplace très avantageusement tous les autres types d’emballages existants, notamment le polystyrène. Produit naturel et noble, le liège est à la hauteur de ce qui lui est demandé.

La gelée royale nécessite d’être conservée au froid entre 2 et 5 degrés, mais tolère des écarts ; son acidité naturelle lui permet en effet de bien résister un certain temps à température ambiante. Dans son étui de liège, elle se conserve jusqu’à 7 jours, analyse du fameux taux de 10HDA à l’appui. Une excellente performance qu’on pourrait qualifier de surdimensionnée, puisque chez les producteurs, il n’y a pas de rupture de froid, pas plus que dans nos magasins. Reste le transport jusqu’à chez vous. Sept jours… A l’aise, non ?

 

Pour qui, pour quoi ?

mielleriehurtieres5La gelée royale a été scientifiquement étudiée. Pas suffisamment toutefois, aucun labo ne se précipitant pour valoriser une substance qui n’est pas brevetable, tout le monde connaît la chanson. On se félicitera toutefois que les chercheurs du CNRS travaillent activement sur le sujet en partenariat avec le Groupement de Producteurs et contribue ainsi à mettre en lumière la composition d’un “lait” qui reste toujours étonnamment mystérieux.

Une chose est sa composition, autre chose son utilité pour l’homme. On aurait pu commercer par là… Mais les pages précédentes auront probablement convaincu le lecteur que les bienfaits de la gelée royale sont totalement indissociables de sa qualité. On comprend ainsi pourquoi Satoriz choisit de ne distribuer que de la gelée royale bio française, à l’exclusion de toute autre, y compris à dose minimale dans les mélanges à la mode.

Ces effets, donc : toute la littérature disponible sur le sujet s’accorde à reconnaître que la gelée royale stimule les défenses immunitaires. Les témoignages de ceux qui la consomment aussi, bien sûr. Elle est également reminéralisante, et joue sur l’aptitude à la concentration. Mais ce que les utilisateurs signalent en premier, c’est l’effet euphorisant de la gelée royale. Euphorisant, mais pas excitant, ce qui fait de cette substance une aide unique concernant l’humeur. Sur ce sujet précis, le désormais fameux Groupement des Producteurs de Gelée Royale a travaillé ferme, toujours en collaboration avec le CNRS qui a scientifiquement confirmé cette particularité.

Voilà, on n’en dit pas trop. Que chacun expérimente, témoigne… Merci les abeilles, et désolé pour le dérangement. Merci aussi à Audrey et Frédéric, qui bossent dur pour notre bien-être. Ils sont optimistes quant à leur avenir, vont agrandir leur atelier et s’apprêtent à se lancer dans la production de pollen, un produit oublié des apiculteurs français. Du pollen de montagne ! On l’attendait. Une nouvelle petite visite de notre part pour faire le point sur le sujet, l’année prochaine ?

JM

potUtilisation

Il est généralement admis qu’une cure de 20 jours au printemps et à l’automne constitue un usage adapté à tous, à raison d’un gramme par jour. Ceux qui multiplient le nombre de cures réduiront leur durée à 10 jours.