Guérande : Cosmétiques aux ressources naturelles des marais salants

Initialement publié en janvier 2019

Depuis des millénaires, on récolte à Guérande, en Bretagne, un “sel d’origine” et d’exception reconnu comme l’un des meilleurs du monde. L’histoire du sel a façonné les paysages guérandais, tout entiers organisés autour des bassins de récolte de ce produit de l’océan, du soleil et du vent. La mosaïque de sable, d’eau et d’argile que forment les marais salants constitue un écosystème unique dont le sel a longtemps été le seul fruit. Nombre d’autres trésors plantent pourtant leurs racines dans les sols de Guérande : des algues, des plantes, des eaux précieuses, toutes riches de promesses pour le confort et l’équilibre de notre peau. Ce sont ces ressources naturelles que Guérande Cosmetics met en œuvre dans ses formulations – qui sont tout, donc, sauf de la cosmétique au sel, gommage excepté !

 

La démarche, noble

Sel de Guérande mis à part, les ressources naturelles des marais salants sont restées inexploitées jusqu’à une époque très récente. Ce sont des bruits de couloir parvenus aux oreilles du dirigeant de la coopérative Terre de Sel qui ont mis la machine en route il y a moins de dix ans de cela : des résultats d’études datant des années 80 laissaient envisager des applications en cosmétique pour certaines plantes et algues des marais salants. Dans le même temps, des instituts de thalassothérapie locaux utilisaient les argiles et les boues guérandaises, soulignant leur caractère soyeux et leur efficacité.

L’idée de créer une gamme de produits cosmétiques a ainsi directement émergé de Terre de Sel, coopérative réunissant 200 paludiers. Pour ces “gens des marais”, la démarche n’avait rien d’une évidence. Si chaque paludier possède une approche différente du métier, tous avaient pris l’habitude de miser sur le sel, et rien d’autre. Récupérer ces algues et ces plantes que l’on avait l’habitude de jeter, ou encore ces eaux-mères que l’on se contentait de rendre à l’océan une fois la saison écoulée ? A dire vrai, cela interroge encore ! Au final, une dizaine de paludiers s’est lancée avec enthousiasme dans la valorisation des écoproduits des marais, contribuant à créer une toute nouvelle filière. Un travail a été mené avec eux pour déterminer les saisonnalités et les bonnes pratiques de récolte des ressources identifiées, avec certification bio dès lors qu’elle était possible (elle ne l’est pas sur les minéraux que sont le sel et l’argile, par exemple).

On se balade avec Greg, l’un d’entre eux, sur une petite partie des 2000 hectares de marais salants guérandais. L’eau de mer circule en chicane jour et nuit autour des bassins et accède par gravité jusqu’aux plus centraux, nommés “œillets”. Leur fond est rose comme les microalgues locales. L’eau s’y évapore progressivement sous l’action du soleil et du vent, permettant ainsi la cristallisation puis la récolte du sel, trente jours durant entre juin et septembre. Une fois le sel recueilli, restent les eaux-mères, produit de toute la magie d’un été. Greg évoque en souriant la salicorne, “mauvaise herbe” des paludiers, aux qualités pourtant non négligeables…

 

Les produits, innovants

Les algues et les plantes des marais ont développé un système de défense leur permettant de vivre en milieu extrême : c’est ce qui fait tout leur intérêt, notamment en termes d’hydratation. On parle de plantes halophytes, qui résistent à une très grande salinité.

La salicorne en fait partie. Elle pousse les pieds dans l’eau et possède des membranes lui permettant de retenir cette dernière, de résister au vent et au soleil et de faire barrage aux agressions extérieures. Dans cette même plante se trouvent deux actifs différents : lorsqu’elle est verte, elle est hydratante, riche en acides aminés, en minéraux, retient l’eau et favorise l’hydratation. Rouge, elle développe un polyphénol rare (EGC), antioxydant et anti-âge.

La macroalgue verte Enteromorpha, quant à elle, est riche en antioxydants naturels et en fructo-oligosaccharides. Elle permet de réguler l’hydratation. La microalgue Dunaliella salina, typique des marais salants, leur donne leur couleur rosée. Elle possède des vertus antioxydantes, hydratantes et protectrices. S’ajoutent à ces ressources spécifiques sel et fleur de sel, reconnus pour leur richesse minérale et leur granulométrie idéale en cosmétique, ainsi que les argiles marines, riches en magnésium, fer et zinc, aux vertus purifiantes, oxygénantes et apaisantes.

On puise enfin dans les marais les eaux-mères, celles contenues dans les derniers bassins d’évaporation des salines. Elles sont 8 à 10 fois plus concentrées que l’eau de mer en sels minéraux et oligo-éléments (magnésium, calcium, phosphore). Véritable concentré naturel de vie, les eaux-mères sont impossibles à reproduire en laboratoire : seuls les marais salants peuvent nous les offrir, une fois par an seulement.

On sait depuis longtemps que l’eau de mer et l’eau de notre corps présentent des similarités : à salinité égale, leur teneur en minéraux et oligo-éléments est semblable. L’utilisation de l’eau de mer dans la pharmacopée remonte à l’Antiquité, tandis que les premières recherches scientifiques datent du début du XXe siècle : les travaux du biologiste René Quinton mettent alors en évidence l’analogie des concentrations en sels minéraux et oligo-éléments du milieu marin et de l’eau de nos cellules.

La plupart des cosmétiques disponibles sur le marché sont composées de 70% d’eau, généralement déminéralisée et neutre. Dans les soins du visage Guérande, l’eau du produit est dosée avec les eaux-mères afin d’obtenir le même profil que celui de l’eau de la peau. Cette correspondance permet l’osmose, c’est-à-dire l’échange entre la cosmétique et la peau, pour une efficacité accrue. On parle de cosmétique isotonique lorsque ce principe s’applique. Les promesses : un meilleur équilibre de la peau, une hydratation idéale et un teint ravivé. Le résultat, c’est vous qui le constaterez !

Guérande propose également une “gelée fermeté” qui repose sur un principe inverse à celui d’osmose isotonique : le principe hypertonique. Cette gelée contient en effet 30% d’eaux-mères, dont la concentration élevée en minéraux crée un déséquilibre avec l’eau de la peau, un choc qui entraine automatiquement le drainage de cette dernière.

Magique ? Peut-être pas. Innovant, sans aucun doute. Noble, riche de sens et convaincant surtout, foi de Satoriz !

CC