Frouezh – Le cidre breton par les jeunes et pour les jeunes, mais pas que !

Initialement publié en juillet 2017

C’est l’histoire d’un jeune stagiaire qui a une belle envie d’entreprendre. Et il est bien tombé. Momentanément enrôlé chez les Côteaux Nantais, il propose ; chouette, on l’écoute… Mieux que ça, on lui dit banco ! Son idée de créer une marque de cidre breton bio, nomade, urbaine et moderne est retenue. Charles Blouet, ex-stagiaire, a donc désormais carte blanche pour la mettre en place. Euuuhhh…

Non, pas euuuhhh. Tout sauf euuuhhh ! Charles a les idées plutôt claires, il sait convaincre, s’entourer et écouter. Il s’y met en commençant par suivre les conseils que lui donnent les “experts es pommes” des Côteaux Nantais, afin que le premier objectif soit atteint : le cidre doit être bon.

Charles, avec Robert Dugast, the specialist !

Et là, ça commence fort : ce seront des spécialistes reconnus qui s’occuperont de la fermentation, avec un judicieux choix des meilleures variétés de pommes à cidre bretonnes, sélectionnées pour que chacune des différentes cuvées proposées ait le meilleur équilibre entre douceur, acidité et amertume. Les noms de ces variétés chantent la campagne et la Bretagne, on ne résistera donc pas au plaisir de vous les citer  : la Douce Coët, la Douce Moën, la Peau de Chien, la Cidor… La Rouget de Dol, la Petit Jaune, la Bedan, l’Averolles ou la Judor…

Luca, dessinateur

Cette gamme de cidre, il lui faut un nom, ce sera FROUEZH. Ce qui veut dire “fruit“ en breton, et se termine par un ZH bienvenu pour signer sa provenance. Il lui faut une identité et donc un visuel, pour lequel Charles aura la bonne idée de solliciter son copain Luca, 20 ans. L’idée, c’est d’éviter les clichés visuels habituellement liés au cidre : la pomme, le pommier, le terroir, tout ça…  Lucas se fend d’un dessin en noir et blanc, sur lequel apparait la tour LU, symbole historique de Nantes, et… un éléphant, qui en est le symbole moderne. Cet éléphant existe : c’est une énorme machine de 50 tonnes d’acier, hydrauliquement articulée, qui se déplace majestueusement sur les quais de la ville et fait la joie des visiteurs. Imaginé par les timbrés de la troupe Royal de Luxe (hommage), il fait école, la ville étant désormais fière de décliner d’autres bestioles aussi grandioses, surprenantes et tout aussi articulées comme un dragon et une araignée, pour les dernières…

Le nom claque bien, l’étiquette est belle, le cidre est bon. Reste à le distribuer, à faire vivre FROUEZH. Charles fait le tour des bars et crêperies de la côte comme des villes et convainc, comme il sait si bien le faire, puis livre. Sur le centre-ville de Nantes, les livraisons se font à vélo ! C’est la jeune société Green Course qui s’en charge, encore une belle initiative.

Mais la finalité, c’est bien sûr que ces belles bouteilles se vident dans un verre. Voici quelques éléments pour tenter de vous convaincre, chers lecteurs et potentiels futurs dégustateurs ! Quatre bouteilles de 33 cl vous sont proposées. La première est un cidre doux. C’est le cidre pour tous, qui titre à 2.5 degrés d’alcool. Il est agréablement fruité, particulièrement réussi. La seconde, c’est le brut. 5 degrés, c’est du sérieux. Très représentatif de ce qu’est le véritable cidre pour les Bretons. On le dira typé, musqué, comprenez un peu animal… Pas de goût de loup, de renard ni de belette, mais une saveur profonde et authentique. Celte, assurément. Petite gratification administrative : ces deux premières bouteilles bénéficient d’une Indication Géographique Protégée, Mesdames et Messieurs, nous sommes chez les bons. Le troisième cidre FROUEZH est un mélange du dernier évoqué, le brut, avec du jus de framboise. Pas du sirop de framboise, hein ! Du pur jus bio, sans arômes, colorants ou sucre ajoutés. Une première sous cette forme, pour cette formulation exigeante. Le jus adoucit la rugosité du cidre brut, et le mélange est juste parfait, avec ce qu’il faut de douceur et de caractère. Plaisir garanti, sans mièvrerie. Le dernier, c’est le cidre sans alcool. Soit du jus de pomme pétillant, feront remarquer les esprits vifs… Oui ! Oui, mais avec des variétés de pommes particulières, qui font que ce jus ne dépare pas dans une gamme de cidres.

Nous y voilà : comment les consommer, les cidres de cette gamme nomade, moderne, urbaine et pas ringarde ? Et bien comme le cidre le plus breton, ancestral et authentique, c’est-à-dire quand vous voulez… Après le boulot, un peu, avec les crêpes, beaucoup, en soirée, aussi, mais gardez-vous bien que ce soit à la folie… Le cidre n’est pas fait pour, si tant est qu’une boisson alcoolisée puisse l’être.

La nouveauté, que Charles essaie de faire passer, c’est que le cidre est vraiment parfait à l’apéro, et vraiment tendance. N’hésitez donc pas à proposer vos bouteilles de FROUEZH à vos amis à cette occasion et racontez l’histoire de la marque. Votre excellent cidre, quant à lui, se chargera de raconter la sienne.

JM