Des agrumes pas pressés du tout !

Initialement publié en mars 2016

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Qu’on le sache, c’est à partir de mars que ces fruits nous parviennent dans leur splendeur ! Alors, quid des tonnes de clémentines et autres navellines qui ont coloré nos bancs hivernaux…? Pas d’inquiétude ! Nous toutes et tous, qui sommes impatients par nature, avons relié oranges et clémentines à la grande froidure hivernale. C’était une excellente idée, nous nous sommes régalés. Mais aujourd’hui, repus de beaux et bons fruits, nous aspirons à l’excellence… Et force est de reconnaître que le meilleur des citrus  est à venir  après la Chandeleur. Entrons dans les détails !

Pour les oranges par exemple, la Washington qui se présente fin février ou début mars, selon les saisons, est un véritable régal. Tout comme la Maltaise (malheureusement si peu disponible) ou la série des tardives, les “late”. S’il est exclu d’ôter à chacune ses qualités intrinsèques, la particularité et la différence de ces fruits est cependant d’être restés plus longtemps reliés aux rameaux qui les portent. Le temps, la lenteur, la maturation jusqu’à la perfection ! L’orange n’est pas un fruit climactérique, elle a besoin de sa tige pour prospérer.  Et le compotier ne lui profite guère, elle ne s’y bonifie pas, au contraire. Patience donc, si vous voulez profiter pleinement de ses charmes !

On retrouve cette supériorité du tardif sur le précoce avec notre pomelo corse, doublement plus vendu que le sicilien d’hiver lorsqu’il arrive sur nos bancs en mars. J’ai longtemps attribué cet engouement à l’avènement du printemps, aux envies de fraîcheur, de salades acidulées ou de grand nettoyage interne. Non, il suffit de goûter pour comprendre pourquoi vous revenez si rapidement vous réapprovisionner. Le pomelo de notre belle île est le plus paresseux d’entre tous, capable de rester fermement accroché et mûr plusieurs mois à sa branche. D’où une saison pouvant s’éterniser jusqu’en début d’été, pour notre plus grand plaisir…

pomeloSon cousin le citron calabrais de Rocca Imperiale, si poétiquement nommé Femminello, atteint son apogée en avril. Il rend alors son meilleur jus pour vos cures printanières, et son zeste les essences les plus parfumées pour des préparations plus festives, largement décrites dans ces lignes (voir la recette du limoncello dans Sat’info n° 114/mars 2011).

Take it slow*! Notre éloge de ces sèves tardives ne saurait être complet sans parler de l’exquise mandarine Nadorcott, jeune fruit né près d’Afourer, au pied de l’Atlas marocain. Ce cadeau du soleil est une merveille d’équilibre entre douceur, acidité et saveurs orientales.
Alors, ça valait t’y donc pas l’coup d’attendre ?

*Laissons faire!

Alain Poulet