Cœur d’abeille. Bougies saines et engagées

Initialement publié en octobre 2016

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Les bougies conventionnelles émettent de nombreuses substances nocives dans nos maisons. Oui mais c’est tellement beau, une bougie, et ce serait tellement dommage de devoir se contenter d’encens ou d’un diffuseur d’huiles essentielles pour mettre du bon dans la maison… D’où notre volonté de vous présenter Cœur d’abeille : une démarche ultra-cohérente, un produit innovant et intelligent, qui répond à notre problématique tout en lui ajoutant du sens. Plus Sato que ça, on ne voit pas !

 

Un jour, un essaim d’abeilles…

coeurdabeille1… s’est installé dans le jardin de Sandrine Dancette, cadre dans le textile mais néanmoins branchée nature et à l’écoute des signes que cette dernière voudrait lui apporter. Sandrine voit l’arrivée de cette famille d’abeilles un peu comme une évidence. Aidée par un apiculteur, elle met en place une ruche pour les accueillir. Puis se prend au jeu, ajoute d’autres ruches… Elle récolte une partie du miel et, pour utiliser l’excédent de cire à bon escient, se met à fabriquer des bougies. Vous avez dit hobby ? Si bien que lorsque son mari lui propose de repartir vivre en région Rhône-Alpes, elle comprend que son changement de vie est déjà enclenché et se lance à 100% dans la fabrication de bougies en cire d’abeille bio.

L’objectif : offrir un produit sain et plaisir qui ne pollue pas l’air de la maison. Les bougies Cœur d’abeilles assurent de longues heures d’allumage, ne fument pas et ne coulent pas. Elles diffusent une belle lumière au halo propice à la méditation et un parfum de miel doux et gourmand.

 

Mais qu’y a-t-il dedans ?

coeurdabeille4Commençons par ce qu’il n’y a pas dedans. Il n’y a pas dedans de paraffine, dérivé du pétrole qui brûle et fond très vite, ingrédient star des bougies conventionnelles. Il n’y a pas non plus de Stéarine de palme, ni de cire de soja ou de colza, appréciées des industriels car elles ont un point de fusion très bas et sont très peu coûteuses. Mais il s’agit de monocultures intensives que notre apicultrice refuse pour des raisons environnementales, même en bio.

Ainsi, seule la cire d’abeille est compatible avec son approche, mais pas n’importe laquelle. La cire est un produit qui emprisonne facilement les molécules nocives (pesticides, bactéries) et les bougies traditionnelles à la cire “naturelle” sont en vérité très polluées. Il fallait donc de la cire d’abeilles bio. Folie ? Oui, folie furieuse à l’heure où le miel bio se fait de plus en plus rare. Mais folie revendiquée et assumée ! Voici donc un produit unique : une bougie la plus saine possible dans sa composition. Outre la cire, il faut d’autres matières grasses qui vont porter le parfum des huiles essentielles, liposolubles. Sandrine a opté pour des beurres de coco et de cacao bio et équitables, tout comme l’est également la poudre de vanille. La bougie à la citronnelle est par exemple un mélange d’HE bio rares et chères : citronnelle, eucalyptus, patchouli, cèdre… Les mèches en coton, certifiées Oeko-Tex, sont “origine France”, tout comme les emballages cartonnés. 100% des ingrédients des bougies Cœur d’abeille sont chers et leurs prix ont beaucoup grimpé ces dernières années. Pas simple de réussir à en faire des produits financièrement accessibles, mais c’est pourtant pari tenu.

coeurdabeille2Un petit mot à part sur les pigments qui donnent leurs jolies couleurs aux bougies. Les bougies conventionnelles contiennent des pigments chimiques de synthèse ou minéraux qui rentrent dans la composition des couleurs (ocre, cobalt, oxyde de fer, hématite…) et créent la polémique autant quant à leur méthode d’extraction que pour des raisons sociales (conditions de travail des ouvriers) et environnementales (surexploitation des mines). Ces pigments sont simples à utiliser : ils donnent une couleur franche, point. Sandrine a opté à l’inverse pour des pigments végétaux, beaucoup plus difficiles à manier. Ils ont un goût, une odeur, tous ne sont pas liposolubles… On peut utiliser le curcuma, le paprika, l’ortie, mais il faut ensuite travailler pour masquer leur odeur (merci la poudre de vanille bio !). C’est toute une quête que de trouver les plantes qui donneront de belles teintes, sachant que l’on part d’une base de cire orangée qui modifie la donne. Sandrine a finalement opté pour de l’orcanette, petite fleur bleue à la racine rouge, ou encore du pastel des teinturiers, tous issus de petites productions familiales et artisanales.

 

S’il te plait, dessine-moi une bougie !

coeurdabeille3Lorsque l’on regarde Sandrine manipuler ses moules et ses mèches en coton, on pourrait croire que fabriquer une bougie est un vrai jeu d’enfant. En réalité, c’est on ne peut plus technique. Le dosage des différents ingrédients pour chaque bougie a demandé à Sandrine un véritable travail de laborantine. Outre la question des pigments végétaux, elle se frotte aux huiles essentielles et à leur point-éclair. Chaque recette est une véritable formule chimique. Pour mettre au point sa méthode de fabrication, elle est allée fouiller dans les encyclopédies : comment faisait-on avant la paraffine ? (On laissait le temps au temps… Tiens donc). Enfin, si l’on cherche à avoir une bougie qui ne coule pas, ne fume pas et se consomme en totalité sans former de cuvette, il faut trouver le rapport idéal entre la taille de la mèche et le diamètre de la bougie. Dont acte. La précision est de rigueur !

Toutes les bougies sont faites à la main. La cire, mélangée aux pigments, à la matière grasse et aux huiles essentielles, est chauffée puis versée dans les moules au motif maison. Elle durcit en 10 à 30 minutes. Une fois les bougies démoulées, Sandrine creuse un trou au centre pour y glisser une mèche (préalablement primée, c’est-à-dire enduite de cire), pincée à son embase métallique. Elle coupe ensuite la mèche en laissant dépasser de 1 cm avant de placer la bougie dans le verre.

 

Apiculteurs engagés (et enragés)

Mettre ses compétences au profit de quelque chose qui raisonne : Sandrine (et son mari, souvent à ses côtés) a fait le vœu de favoriser l’émergence d’une apiculture bio et locale, respectueuse des colonies d’abeilles et de l’environnement.

Un distinguo tout d’abord, entre les abeilles sauvages et les abeilles domestiques. Il existe 940 espèces d’abeilles sauvages (pollinisatrices) et une seule d’abeilles domestiques (qui fabriquent du miel). Ces dernières ont besoin des ruches pour exister : l’abeille domestique est un animal d’élevage qui ne perdure presque plus dans un environnement sauvage. Or elle stocke par nature plus de miel et de cire qu’elle n’en consomme. Dotée de glandes cirières, l’abeille transpire littéralement la cire de manière continue. Produire cette cire leur permet d’exister tout en se créant un environnement sain. Et c’est là que le bât blesse : en apiculture conventionnelle, on recycle continuellement les cires, qui continuent à stocker les pesticides. Les abeilles naissent dans un environnement malsain. On les nourrit donc à coups de pâtes protéinées, on ajoute quelques acaricides, on coupe les ailes des reines, et on s’étonne qu’il n’y ait plus de miel.

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Il y a une réelle urgence à faire de l’apiculture autrement et à l’expliquer. Sandrine récolte très peu de miel, car elle encourage ses abeilles à travailler sur la cire. Elle place dans les ruches des petites amorces de cire gaufrée afin de les inciter à la renouveler elles-mêmes, ce qui assure un environnement sain à leur descendance. On fait en sorte de leur offrir ici plus que ce qu’elles ont dans la nature : un habitat, des soins, une protection. Les ruchers de Sandrine sont situés dans des lieux préservés, des forêts domaniales ONF en Isère ou dans les Landes. Aucune transhumance (grand vecteur de mortalité) ne leur est imposée et l’essaimage en forêt est possible. En cette fin d’été très chaud, Sandrine leur a laissé tout leur miel, car elles n’auraient eu sans cela plus grand-chose à manger. Elle prendra ce qui reste, et cela suffira. La cire est plus rare cette année  ; pour la peine, il n’y aura pas de chandelles cet hiver, parce que c’est comme ça.

Pas donneuse de leçons pour autant, notre apicultrice a tout de même pris un malin plaisir à distiller quelques notes d’humour à ce sujet sur les emballages de ses bougies. Juste histoire d’amorcer en nous une petite réflexion, en savourant la flamme de notre bougie gourmande.

CC