Jay and Joy : La sympathique crémerie végétale

 

On s’imagine dans le Paris des années Doisneau. Pas vraiment par ce que l’on que l’on perçoit de la rue, beaucoup par ce que nous en disent Mary et Éric, qui nous reçoivent dans leur boutique du 11e. C’est le Paris de l’Après-guerre qu’ils nous racontent, celui des quartiers populaires, de l’artisanat et des métiers de bouche sublimés en noir et blanc par le photographe mais si haut en couleurs, en verbe, en rencontres. Si Mary et Éric évoquent cette période, c’est qu’ils se voient en crémiers inscrits dans cette histoire, dans cette lignée ; celle d’un commerce où l’on venait acheter son lait, son fromage et ses œufs avant de passer chez le primeur, le boucher, puis de s’arrêter au troquet du coin. Celle d’un lieu où l’on pouvait s’asseoir et prendre son repas du jour puisqu’il y avait une chaise, une assiette et qu’on se connaissait. Proximité sera donc un mot clé de la crémerie un peu spéciale qui nous vaut cette incursion parisienne. Proximité, et surtout, innovation. Mais pas n’importe laquelle… Reprenons l’histoire à son début.

 

 

Mary et Éric se sont connus dans un centre de méditation. Elle a ouvert les yeux, l’a vu et a voulu l’épouser, raconte-t-elle. Boom ! Ils se sont donc mariés, non sans avoir cheminé ensemble en approfondissant le végétarisme, puis en découvrant le véganisme. Non sans avoir rêvé d’un avenir professionnel commun autour de l’idée d’une alimentation végétale, de convivialité, de chaleur, et de s’y être attelés. Le choix se portera vite sur la fabrication de fromage, un produit si ancré, si français et pourtant universel, si fédérateur. Tout cela, Mary la Vénézuélienne l’a compris mieux que quiconque. Mais le fromage qu’elle fabriquera et vendra avec Éric sera végétal. Une sacrée différence, qui n’a pourtant pas l’ambition de diviser, mais de fédérer. Car leur végétarisme n’est pas un dogme, c’est un choix personnel. En élaborant leur fromage végétal, nos amoureux ont l’envie de rapprocher les gens. A chacun ses délices, pourvu qu’on soit ensemble. Paix dans les ménages, harmonie sur la table, nuances et différences pour nos palais !

Et il est bon, leur fromage qui n’en est pas tout à fait un, très bon, même. Il est fabriqué là, dans l’arrière-boutique, en partie sous les yeux des clients, en commençant par les laits d’amande et de cajou que l’on concocte sur place et qui sont la base de beaucoup de leurs fabrications. La suite, c’est le moulage, puis la fermentation et enfin ce qu’on doit bien appeler la maturation, voire l’affinage. Les clients de la boutique ne s’y trompent pas, ils ont ici leurs habitudes, signe que la démarche plait sur la durée. Parmi ces visiteurs, on retiendra ce passionné des produits du Sud-Ouest, tout aussi amoureux de la bouteille que du foie gras… Le foie gras, il fabrique le sien et le connait si bien qu’il donne ses conseils à notre couple de crémiers, qui cherchait à en créer une alternative végétale. Cela a donné le Joie Gras, disponible dans quelques rares crémeries. Notre avis ? Il est bon, franchement ! Il imite le foie gras par sa texture et sa couleur, s’en approche par le goût, le remplace par son usage, le dépasse par sa fraîcheur. Bravo !

Ces produits végétaux, Satoriz a fait des pieds et des mains pour vous les proposer. Comprenez : sortir du grand cocon parisien ne fut pas chose aisée pour la toute petite équipe qui les fabrique. Mais nous nous sommes bien entendus. La démarche, leurs produits nous ont rapprochés, comme prévu ! Et Satoriz est aujourd’hui heureux et fier de vous les proposer. Vous les trouverez à la marque de la crémerie, Jay and Joy.

Jay, en sanscrit, c’est une victoire douce. Joy, la joie, en langue désormais universelle, dira-t-on. Jay and Joy, pas trop français cette histoire… Le fromage végétal, non plus, remarquez. Allez, le nom de la marque se superpose à notre langue, quand le produit enrichit nos habitudes. On prend les deux.

 

Joy prairie

Un fromage végétal à base de cajou et tournesol, non fermenté, à l’ail et au poivre. C’est le genre Boursin, on l’a donc dit, même s’il ne faut pas… Il s’agit là de la recette historique, mais aussi de celle qui recueille le maximum de suffrages aujourd’hui. Un fromage frais, vraiment très plaisant.

 

José

Base cajou et chanvre, fermenté et affiné une semaine, présenté avec une petite fleur de bleuet délicatement posée en son sommet. Ce fromage végétal a une pointe d’acidité à l’attaque, une bonne longueur en bouche. On peut le consommer avec l’esprit du sucré, le matin par exemple, comme avec l’esprit du salé, en fin de repas. Protéiné, riche en oméga 3, il est très nourrissant, dans le bon sens du terme.

 

José cumin

Dans le même genre, en couleur. Comprenez en plus épicé, plus typé, plus tout mais rien en moins.

 

Et demain…

Le “fromage” végétal à croute fleurie. On a gouté, c’est convaincant, et pour bientôt !

 

 

Joie gras

Voici le fameux Joie gras. A base noix de cajou, de yaourt de riz, de levure maltée. On ne sait pas comment vous consommiez le foie gras, mais le Joie gras, ce peut être dès le matin, et toute l’année !

 

JM